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​La classe ouvrière déterminée à participer en masse à la grève du 29 octobre

Le porte-parole du gouvernement a beau dire…




​La classe ouvrière déterminée à participer en masse à la grève du 29 octobre
En attendant la grève générale, prévue le 29 octobre courant, les préparatifs des syndicats passent à la vitesse supérieure. Dans ce cadre, une conférence de presse sera organisée, ce samedi à la Bourse du travail de Casablanca par l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT). L’appel à ce débrayage national dans la Fonction publique, les établissements publics à caractère administratif, commercial, industriel et agricole et les entreprises relevant du secteur privé, a été lancé récemment,  pour protester contre la détérioration du pouvoir d'achat, les hausses vertigineuses des prix, l'absence de négociations sociales nationales et sectorielles, la faiblesse ou le manque  de protection sociale de certaines catégories sociales, le démantèlement programmé de la Caisse de compensation, la répression des libertés syndicales et le déférement  des travailleurs et des dirigeants syndicaux devant les tribunaux et l’interdiction d’un nombre important de manifestations revendicatives pacifiques. Les syndicats reprochent également au gouvernement les tergiversations dont il fait montre pour tenir ses promesses et combattre de manière efficiente le problème du chômage et de l'emploi.  
Preuve de sa mauvaise foi, l’Exécutif passe sous silence toutes ces revendications, en faisant accroire que ladite  grève aurait  plutôt trait à la réforme du régime des retraites. 
Lors d’une rencontre organisée récemment, Abdelhamid Fatihi, secrétaire général de la FDT, a mis l'accent sur l'importance de la communication en cette phase cruciale que traverse notre pays sur les plans politique et social, et qui pousse  l’ensemble des militantes et militants à s’impliquer davantage pour faire réussir la grève générale du 29 octobre, pour défendre la dignité humaine et les droits individuels et collectifs et préserver les acquis de la classe ouvrière, des idéaux pour la défense desquels l’USFP a toujours été à l’avant-garde et dont bon nombre de ses militants se sont sacrifiés.
Abdelhamid Fathi a également rappelé que la détérioration des indicateurs de croissance dans de nombreux secteurs clés et la faible productivité des investissements ont conduit à une contraction économique qui menace de  faire ressusciter les politiques d'ajustement structurel. 
Il a, par ailleurs, souligné l'importance de l'investissement public qui contribue de manière significative à la création de richesses sans que le gouvernement n’ait à opter pour la solution de facilité qu’est le recours à l’endettement.
Il a rappelé le caractère grave de toute dépendance éventuelle à un pareil endettement et ses conséquences néfastes pour la souveraineté économique du Royaume soulignant que  la grève générale du 29 octobre entre dans le cadre de la défense des causes justes de la classe ouvrière, la préservation de sa dignité, le renforcement des fronts démocratiques modernistes et la lutte contre les politiques impopulaires du parti majoritaire. 
Comme à son habitude, l’Exécutif semble s’en tenir au seul langage qu’il sait tenir, à savoir celui de la menace. Au sortir du dernier Conseil de gouvernement, le ministre de la Communication et porte-parole du  gouvernement, Mustapha El Khalfi, a, en effet, tenu le même discours qu’il a seriné une semaine plus tôt. Il a, en effet, qualifié d'"injustifiée" cette grève nationale  en indiquant que « le gouvernement n'acceptera aucune atteinte au fonctionnement  des services publics et s'acquittera de son devoir de garantir la continuité  des services sociaux ». Il a également souligné  que «le gouvernement, tout en imputant aux syndicats appelant à la grève la  responsabilité de cette décision, n'acceptera aucune atteinte à la liberté du  travail, ni aucun préjudice aux intérêts des citoyens ». 
Sur un ton d’intimidation identique et digne du plus endurci des sécuritaires plutôt que d’un ministre de la Communication, il a réitéré ses menaces, lors de son passage, jeudi 23 octobre, à l’émission «Mowatin Alyaoum »,  où il a, en outre, indiqué que le gouvernement allait défalquer le jour de grève des salaires des grévistes.
Ce qui atteste du fait que le gouvernement Benkirane n’a jamais eu l’intention de déroger à une habitude qu’il a  initiée depuis son investiture en 2012, à savoir prendre les décisions de manière unilatérale, sans concertations préalables, en faisant fi des partis de l’opposition et des centrales syndicales et en bafouillant allégrement les dispositions de la Constitution de 2011 qui plaident pour l’instauration d’une approche participative pour régler les grandes questions de l’heure. Mais cela tient désormais du sens commun, tellement la politique de la sourde oreille du gouvernement est patente et que ses mauvais résultats se font de plus en plus ressentir. Il est donc grand temps de sonner le tocsin. La grève du 29 octobre le fera sans conteste. 

Mehdi Ouassat
Samedi 25 Octobre 2014

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