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​L’establishment politique espagnol sévèrement secoué

Les "indignés" aux portes de Madrid et de Barcelone




​L’establishment politique espagnol sévèrement secoué
Les Espagnols ont adressé dimanche soir un sévère avertissement à l'establishment politique, entrouvrant les portes de Barcelone et de Madrid aux "indignés", à l'issue d'élections municipales et régionales où l'antilibéral Podemos a globalement confirmé sa troisième place. 
A Barcelone, la liste de la militante anti-expulsions Ada Colau est arrivée en tête devant celle du maire sortant Xavier Trias, un nationaliste conservateur: elle a obtenu onze sièges contre dix pour celui-ci, cinq pour Ciudadanos (centre droit) et quatre pour le Parti socialiste catalan.
A Madrid, la liste "Ahora Madrid" de Manuela Carmena, comprenant notamment Podemos, est deuxième après celle du Parti populaire (20 conseillers contre 21 conseillers) mais pourrait gouverner avec l'appui du Parti socialiste (neuf sièges), Ciudadanos arrivant quatrième (sept sièges).
Dimanche soir peu avant minuit, la liesse a gagné les partisans de cette ancienne juge de 71 ans qui ont fêté ce qu'ils considèrent comme une victoire, dans cette capitale de l'Espagne tenue par la droite depuis 23 ans, berceau du mouvement des "indignés" contre la corruption et l'austérité. 
Pendant ce temps à Barcelone, d'autres fêtaient la victoire de la liste d'Ada Colau, 41 ans, égérie des "indignés", soutenue par Podemos comme Manuela Carmena et qui, comme elle, avait hésité à se lancer en politique. 
Ils seront cependant vite rattrapés par la réalité des tractations qui suivront ces résultats: faute de suffrage universel direct, Ada Colau doit être investie par le conseil municipal et peut encore être renversée par une coalition d'opposants. A Madrid, le PP, qui reste en tête mais perd 10 conseillers, a encore ses chances. 
 Sur l'ensemble du pays, la droite ne s'effondre pas mais cède du terrain. Elle perd une région qui passe au Parti socialiste (Estrémadure, ouest) et en garde 12 sur les treize en lice, mais sans majorité absolue. Les voix du PSOE alliées à celles de Podemos dépassent souvent les siennes. 
Pedro Sanchez, secrétaire général du Parti socialiste, a lui estimé que les Espagnols avaient montré qu'ils voulaient un coup de barre à gauche, assurant qu'il appartiendra à son mouvement de faire en sorte qu'il y ait "des gouvernements progressistes" et "un changement sûr".
Podemos, créé en janvier 2014 par un groupe d'enseignants en sciences politiques, a d'ailleurs gagné une troisième place dans douze régions. "Les partis au pouvoir ont eu les pires résultats de leur histoire", a réagi fièrement Pablo Iglesias, son leader, promettant "un changement irréversible".
L'autre nouvelle formation nationale, Ciudadanos, parti de centre droit né en Catalogne, s'est présentée dans un millier de mairies et a pu se hisser à la troisième place au niveau municipal avec un discours moderne, favorable aux entrepreneurs, implacable sur la corruption. 
Ces résultats ne faciliteront pas la tâche de la droite au pouvoir, qui se prépare à un autre marathon en vue d'élections législatives prévues à la fin de l'année.

Mardi 26 Mai 2015

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