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​Jorge Fernández Díaz met Mohamed Hassad dans l’embarras

Pour le ministre espagnol de l’Intérieur, la lutte contre l’immigration clandestine vise la défense de l’hispanité de Sebta et Mellilia




​Jorge Fernández Díaz met  Mohamed Hassad dans l’embarras
Jorge Fernández Díaz, ministre de l’Intérieur ibérique, a mis son homologue marocain en mauvaise posture.  Il a déclaré, mercredi dernier, devant les députés de son pays, que «l'Espagne défend ses frontières extérieures parce que c'est son obligation, son droit. La frontière délimite le territoire. Le territoire est intimement lié à l'idée de souveraineté", a-t-il souligné. 
Répondant à une question des députés de la Gauche unifiée concernant la hausse du nombre de migrants clandestins et leur expulsion sans respect des règles applicables en matière de droit d'asile, il a déclaré que son pays surveille ses frontières conformément aux législations et lois européennes et internationales et que la surveillance de ce qu’il a qualifié de frontières  délimitant Sebta et Mellilia s’inscrivait dans ce cadre. Mieux, il a estimé qu’en réagissant ainsi, l’Espagne défendait l’hispanité de ces deux présides occupés. « J’espère que votre demande de ne plus rapatrier les migrants irréguliers ne signifie pas pour autant la demande d’abandon par l’Espagne de ces deux villes», a-t-il lancé à un député de l’opposition. 
Pour Jorge Fernández Díaz, l'immense majorité des clandestins qui tentent de franchir la barrière dressée entre le Maroc et Mellilia, étaient des migrants économiques et sociaux qui ne remplissaient pas les conditions idoines pour demander l'asile politique. D’après lui, sur les 4.669 migrants entrés à Mellilia jusqu’au 16 novembre dernier, seulement 75 personnes ont demandé l’asile ou la protection internationale. 
Mohamed Hasad, ministre de l’Intérieur, garde toujours le silence à propos de ces déclarations. Son homologue Mustapha El khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement aussi même s’il s’agit de propos à forte connotation provocatrice. En fait, ces déclarations mettent le Royaume en mauvaise posture puisqu’elles laissent entendre que la coopération  marocaine au niveau de la lutte contre l’immigration irrégulière et la lutte contre le terrorisme s’est transformée en outil de défense de l’hispanité des deux présides occupés et que le Maroc a renoncé à sa souveraineté sur ces deux villes. Une situation des plus compliquées puisque  le ministre de l’Intérieur ibérique n’a pas cessé  de saluer le «rôle clé»  joué par le Maroc dans la lutte contre l'immigration illégale.  Le département de Fernandez Diaz a même considéré   le Maroc comme le principal allié de l'Union européenne en Méditerranée en matière de lutte contre cette forme d’immigration. 
Pour sa part, Hassad n’a pas hésité à afficher, à plusieurs reprises, sa satisfaction  de la coopération entre le Maroc et l'Espagne en matière de lutte contre les réseaux d'émigration clandestine, le terrorisme sous toutes ses formes et le trafic de stupéfiants. Reste à savoir s’il va réagir ou nom aux propos de son homologue espagnol qui semblent d’un autre âge puisqu’ils s’inscrivent en porte-à-faux avec le sens de l’histoire. Affaire à suivre. 

​Jorge Fernández Díaz met  Mohamed Hassad dans l’embarras

Hassan Bentaleb
Samedi 13 Décembre 2014

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