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​Driss Benzekri et Ahmed Herrezni, les grands oubliés du Forum mondial des droits de l’Homme




​Driss Benzekri et Ahmed Herrezni, les grands oubliés du Forum mondial des droits de l’Homme
Marrakech, la Mecque des défenseurs des droits humains. 5000 activistes impliqués dans le combat du respect des droits et de la dignité se sont donné rendez-vous au 2ème Forum mondial des droits de l’Homme pour débattre, échanger, proposer, recommander. Un grand nom de la défense des droits humains au Maroc n’y sera pas. Parce qu’il n’a pas été convié à participer à la grand-messe.  Ahmed Herrezni, l’ancien président du Conseil national des droits de l’Homme, a pourtant conduit la délégation marocaine qui s’est rendue au Brésil pour «négocier» l’organisation de la 2ème édition du FMDH au Maroc. L’absence de cet ancien détenu politique dont le témoignage courageux lors des auditions publiques de l’Instance équité et réconciliation avait fait débat pose question. En tout cas, elle interpelle de nombreux observateurs qui se demandent si le Forum mondial des droits de l’Homme n’est pas finalement qu’une simple opération de communication à l’international.
Autre oublié, Driss Benzekri. Selon les informations dont nous disposons, il n’y a pas, pour l’heure, une seule activité pour rendre hommage à la mémoire de celui qui a été le père de la justice transitionnelle et de la réconciliation en terre marocaine et qui nous a quittés le 20 mai 2007. On le sait, cet ancien détenu politique est l’un des principaux artisans de la réconciliation chez nous. A la tête de l’Instance équité et réconciliation, l’opposant devenu partenaire a fait en sorte que les pages d’un passé sombre soient lues avant d’être tournées. Le défunt Benzekri a été le président du Conseil consultatif des droits de l’Homme.  Son engagement, sa force tranquille ont permis que des pages douloureuses de l’histoire de ce pays soient lues avant d’être tournées. En décembre 2005, le rapport final de la Commission vérité marocaine avait été remis aux plus hautes instances du pays. 
Un oubli qui n’a pas empêché les activistes de la Fondation Benzekri pour la démocratie et les droits humains de placer leur participation au FMDH sous le signe  de la sensibilisation des jeunes à la défense des droits humains. 
Dans le cadre de cette grand-messe et dès vendredi 28 novembre,  la Fondation organise en collaboration avec l’Association «Le Médiateur» un atelier dédié aux mécanismes internationaux de défense des droits de l’Homme. L’atelier est destiné à la formation de la jeunesse, celle-là même qui est censée assurer  la relève dans le combat contre la violation des droits de la personne humaine. 
Ceux et celles de la Fondation Benzekri, et à leur tête le président Hassan Semlali, se sont rendus à  Marrakech au nom de la perpétuation de l’héritage légué par le père de la justice transitionnelle au Maroc, Driss Benzekri et auquel le Forum mondial des droits de l’Homme « oublie » de rendre hommage. 
Cette fondation qui a été créée quelques mois après  le décès de celui qui a présidé la Commission vérité marocaine refuse justement l’oubli. Cette structure qui regroupe des défenseurs des droits humains  passionnés de démocratie, d’équité et d’égalité entame un nouveau départ depuis la constitution de son nouveau bureau et l’élection de son président, l’ancien détenu politique et avocat H. Semlali. Pas question de laisser mourir l’esprit incarné par l’ancien opposant devenu réconciliateur qu’était D. Benzekri.
Sur le chemin de la mémoire et pour ne pas oublier l’homme de la réconciliation, la Fondation a décidé il y a quelques mois de la création du Prix Driss Benzekri.  Une manière forte de garder vivace l’esprit d’un homme qui a écrit une page d’histoire à travers son engagement pour les droits humains et la démocratie.
Biennal, le prix sera décerné tous les deux ans et aura une dimension à la fois nationale et internationale. Ses promoteurs le présentent comme «un encouragement et une valorisation des personnes, groupes ou organismes qui se sont employés pour la promotion, la défense et la protection des droits de l’Homme, au Maroc et à travers le monde». Les droits humains, expliquent ceux et celles de la Fondation, n’ont pas de territoire exclusif. Les valeurs fondées sur la démocratie, elles, n’ont pas de frontières. Le Prix Driss Benzekri est résolument international. «Notre objectif est que cette distinction puisse atteindre une renommée sur le plan national et international. Nous souhaitons également que la culture des droits humains et les valeurs démocratiques si chères à Driss Benzekri soient propagées à travers ce prix, font savoir les membres du bureau de la Fondation.  

Narjis Rerhaye
Vendredi 28 Novembre 2014

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