Libération







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

​Des années après sa mort, la légende Cheb Hasni reste omniprésente


Le «Hasni Day», initié par le Marocain Mohammed Sqalli



Vingt-deux ans après sa disparition, 
le roi de la chanson sentimentale, Cheb Hasni,
suscite toujours l'admiration de ses fans 
qui ont été nombreux à saisir l'opportunité 
offerte par les réseaux sociaux pour rendre 
hommage au regretté artiste.

Il avait 26 ans. Il avait une voix d’or. Et avait révolutionné le raï. Avant de quitter ce monde, lâchement assassiné, Cheb Hasni avait séduit des millions de jeunes Algériens avec sa belle voix et ses chansons romantiques. Son concert à Alger au stade 5 Juillet archicomble, une année avant sa mort, reste une preuve irréfutable de son statut d'icône. Il est d’ailleurs le plus grand vendeur de CD raï depuis 20 ans.  A l’occasion de la commémoration de la 22ème année de sa disparition, les messages de sympathie signés par ses fans ont afflué, jeudi dernier, sur les réseaux sociaux, rendant un bel hommage à celui que d'aucuns qualifient de roi de la chanson sentimentale. Les commentaires sur le talent de Hasni n'ont cessé d'affluer sur Facebook et Twitter où des dizaines de comptes lui sont dédiés par ses admirateurs, dont nombre de jeunes qui ne l'ont même pas connu de son vivant.
Parmi les initiatives visant à commémorer la disparition de Cheb Hasni, il y a également celle de Mohammed Sqalli, directeur artistique marocain installé à Paris, qui a organisé le «Hasni Day», un projet artistique et un concert afin de célébrer la mémoire de l’artiste algérien. Au total, quatre musiciens, trois  Marocains et un Algérien, ont contribué à ce mémorial musical, en reprenant quatre chansons de Cheb Hasni. Il y a Fayçal Azizi, connu pour sa reprise du classique judéo-marocain “Hak a Mama”, qui a cette fois repris «Omri Omri». Sarah Maison, elle, a choisi de s’approprier «Mazal Bin Ainiya», que la Marocaine reprend dans une version psychédélique, rehaussée par une vidéo de Kevin Elamrani, qui a tourné l’ensemble des vidéos faisant partie du projet. Le Casablancais de 26 ans, Malca, auquel il n’a pas fallu plus d’un titre pour émoustiller la presse française qui a qualifié sa chanson de “tube de l’été”, pour sa part, a choisi “Mazal Souvenir Andi” pour rendre hommage à Hasni. La 4ème reprise est celle de Mohamed Lamouri. Cet inconnu du grand public est pourtant une “star souterraine” à Paris. Celui qui joue à bord de la ligne 2 du métro parisien depuis près d’une décennie reprend «Tfakart Nhar Li Cheftek». 
Né le 1er février 1968, l'auteur de "Mazal Kayen l'espoir" eut à son actif une centaine de titres à succès dont "Kindir ana nansak" (comment t'oublier), "Matabkich hada mektoubi" (ne pleure pas, c'est mon destin) et "Tal ghyabek" (ton absence a trop duré).  «Alors qu’il était prédestiné à un avenir radieux, la décennie noire et la folie meurtrière et terroriste en Algérie, dépassant l’entendement, avaient décidé de l’éliminer, un certain jeudi 29 septembre 1994. Il a été lâchement assassiné devant chez lui, dans son quartier natal de Gambetta, à Oran, la patrie du raï», lit-on dans les colonnes du journal algérien «El Watan». Ce jour-là, le temps s’était arrêté à Oran. 
Il était 11h30, alors que Hasni se trouvait à quelques mètres du seuil de son domicile, dans son quartier natal de Gambetta, un individu s’approcha de lui. Croyant naïvement qu’il avait affaire à un fan, à un admirateur, Hasni se prêta à la perfide sollicitation en abordant avec confiance celui qui sera son assassin. L’on dit que celui-ci enlaça Hasni, lui posant amicalement le bras sur l’épaule tout en discutant avec lui. Et puis, une détonation déchira le ciel. Hasni s’écroula. Il venait de recevoir une décharge de canon scié à bout portant, dans le cou. Il fut achevé par un second coup de feu à la tête. 
Quelques jours après sa mort,  le Groupe islamiste armé (GIA), revendiquait l'attentat dans son bulletin clandestin. Le tract signé Ryad B, stipulait que le chanteur était aux yeux du GIA «un ennemi de Dieu qui propageait le mal dans le pays».
Cheb Hasni, Hasni Chakroun de son vrai nom, fait donc partie du panthéon des grands artistes morts prématurément comme Otis Redding, Jimi Hendrix, Jim Morrison, John Lennon, Peter Tosh, Marvin Gaye, Jeff Buckley, Michael Jackson ou encore Amy Whinehouse.




 

Mehdi Ouassat
Lundi 3 Octobre 2016

Lu 10498 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif