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​Claque spectaculaire pour les sondeurs et les travaillistes et victoire des conservateurs aux législatives en Grande-Bretagne

Un second mandat au 10, Downing Street, avec ou sans alliés tout promis à David Cameron qui a été reçu par la reine




​Claque spectaculaire pour les sondeurs et les travaillistes et victoire des conservateurs aux législatives en Grande-Bretagne
Le résultat des législatives britanniques largement remportées par les conservateurs vendredi, constitue une claque spectaculaire pour le parti travailliste, mais aussi pour les sondages qui se sont tous lourdement trompés.
Depuis des mois, les instituts pronostiquaient un résultat ultra-serré sans vrai vainqueur, alignant les courbes désespérément plates, avec les Tories et Le Labour pétrifiés dans un coude-à-coude stérile.
Lorsque les premiers sondages de sortie des urnes sont tombés jeudi à 22h00 (21H00 GMT), le choc fut total. 77 sièges d'avance pour les conservateurs: personne ne voulait vraiment y croire, tant chez les vaincus, accrochés aux espoirs de la veille, que chez les vainqueurs, appelant à la prudence. 
Cela étant, les législatives britanniques promettent d'avoir des conséquences sismiques sur un Royaume plus désuni que jamais, menacé d'éclatement du fait de la spectaculaire percée des indépendantistes écossais, et taraudé par les incertitudes quant à son maintien dans l'Union européenne. 
Le parti, paradoxalement revigoré par sa courte défaite au référendum d'indépendance il y a six mois, a raflé 56 des 59 sièges en Ecosse, opérant une véritable razzia dans une contrée considérée voici peu comme un fief travailliste inexpugnable.
Pareil triomphe est de nature à aiguiser son appétit. Tony Travers, expert de la LSE, n'a pas l'ombre d'un doute: "L'indépendance reste l'objectif ultime des nationalistes", quelles que soient leurs précautions de langage pour assurer que la question n'est pas immédiatement à l'ordre du jour.
La victoire à la Chambre des Communes du parti conservateur, leur ennemi juré, risque de creuser un peu plus le fossé avec "ceux de Westminster", ainsi que les appelle sans cacher son dédain Nicola Sturgeon, le Premier ministre de la région autonome septentrionale.
Le triomphe du SNP donne des ailes aux nationalistes gallois du Plaid Cymru qui ont amélioré leur score à 12% dans la plus déshéritée des quatre nations constitutives du Royaume-Uni, qui comprend aussi l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande du Nord.
Leanne Wood, 43 ans, leur dirigeante républicaine qui s'entête à appeler "Mme Windsor" la reine Elizabeth II, a réussi à préserver son capital de trois sièges à la Chambre des Communes. Elle a fait son entrée dans la cour des grands à l'occasion de la campagne, en participant au débat des sept principales formations du pays. 
Cette double avancée à Edimbourg et Cardiff s'accompagne par ailleurs d'une envolée des revendications en faveur de pouvoirs accrus en Irlande du Nord et dans les grandes métropoles, à commencer par Manchester et Liverpool. 
Vendredi à l'aube, alors que deux tiers seulement des circonscriptions avaient été dépouillées, David Cameron a rappelé sa principale promesse de campagne: "Nous devons tenir le référendum qui décidera de l'avenir du Royaume-Uni en Europe".
Le Premier ministre s'est engagé à le faire d'ici la fin 2017, sous la pression des eurosceptiques de son camp qui insistent dorénavant pour accélérer le calendrier. Il s'est de fait isolé et d'aucuns "ont peine à croire son credo pro-européen".
En fin de compte, un Brexit pourrait entraîner un "Scotxit": Nicola Sturgeon, europhile convaincue, a prévenu qu'une sortie britannique de l'UE serait une condition suffisante pour reposer la question de l'indépendance.

Samedi 9 Mai 2015

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