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Youness: Je suis très perfectionniste dans mon travail

Un artiste doit écouter toutes les styles de musiques pour s’enrichir et s’adapter à l’évolution de la musique




Youness, le prince du raï, a récemment sorti
son deuxième album «Ayami». Ce chanteur
marocain passé par la version française de l’émission «The Voice» en 2014 ne cesse
de conforter sa position pour la relève
du rock raï, du soul raï,
ou encore du pop raï. Entretien.



Libé: Vous résidez à Strasbourg mais vous travaillez à Paris. Est-ce pour des raisons professionnelles?
Youness: Je vis effectivement à Strasbourg parce que j’ai besoin d’un peu de calme pour travailler. Il se trouve aussi que cette ville m’inspire beaucoup. Contrairement à Paris qui est une ville trop bouillonnante, on n’a pas vraiment de temps pour écrire un texte. Je m’y rends plus pour des raisons professionnelles.

Le Maroc vous inspire-t-il autant que Strasbourg ?
Bien sûr ! Je suis un Marocain résidant à l’étranger qui n’a pas oublié ses racines. Le Maroc est mon pays d’origine. J’ai été bercé par la culture marocaine de mon enfance jusqu’à mes 20 ans, en écoutant des chansons marocaines et orientales dont celles d’Oum Kelthoum ou encore d’Abdelhalim Hafez qui m’ont énormément aidé à me forger une carrière. C’est en fusionnant ces musiques avec celles que j’écoute en France que j’ai pu produire un album varié.

Parlons justement de votre deuxième album, « Ayami ». Que pouvez-vous nous dire sur cet opus?
C’est un album de 13 titres qui a nécessité trois ans de préparation. Le public appréciera, entre autres titres, « Allah al watan al malik » qui évoque mon pays et notre Roi dont sont fiers tous les Marocains. J’ai toujours souhaité faire une chanson en hommage à mon pays. Comme je n’ai pu le faire dans le précédent opus, dans lequel j’ai tout de même chanté « Bladi bladi » (Mon pays, mon pays), j’en ai fait pour le nouvel album; avec l’aide de mon arrangeur Hicham Khatir, qui en est aussi co-auteur et co-compositeur.

Pourquoi avoir mis autant de temps pour sortir cet album ?
Je suis très perfectionniste dans mon travail. Je n’écris pas de textes pour le plaisir : j’essaie d’écrire des paroles qui, je l’espère, resteront gravées dans la mémoire des mélomanes. Du genre que l’on peut écouter aujourd’hui, dans 10 ans  voire plus. Autrement, des chansons intemporelles, car je suis un artiste qui essaie de marquer l’histoire du raï.  C’est le cas des titres de mon premier album « Safar » (Voyage), sorti en 2010 comme «Ramdane» que l’on peut écouter chaque année ou encore «Memti» (Ma chère maman). C’est pareil « Allah al watan al malik » que l’on pourra toujours écouter. Ceci pour dire que je privilégie des thèmes intemporels.

Vous étiez présenté comme l’étoile montante du raï au tout début de votre carrière. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Je dois reconnaître que cela m’a servi de carte de visite au tout début de ma carrière vu que personne ne me connaissait. Le succès de «Safar» et du single «Pamella» aidant, on entendait jouer mes chansons dans des bistrots, sur YouTube et sur toutes les radios. Des jeunes les reprenaient même lorsqu’ils apprenaient à jouer la guitare. Ce qui m’a valu cette appellation d’«étoile montante du raï».
Aujourd’hui, je ne me considère plus comme une étoile montante mais en tant qu’artiste de raï. Je me suis produit un peu partout. J’ai même fait l’opéra l’année dernière aux côtés de Patrick Bruel et en compagnie de l’Orchestre symphonique de la violoniste Anne Gravoin, en présence de son époux Manuel Valls, Premier ministre français.

Vous nous avez confié il y a quelques années vouloir faire un grand show à Meknès. Ce projet est-il toujours d’actualité ?
J’aimerais toujours avoir un projet à défendre et celui de Meknès reste d’actualité, même si la ville n’a pas vraiment de grand festival dédié à la musique. Cela ne m’a pas empêché de chanter « Hadi Meknès », chanson dans laquelle  j’évoque les quartiers de la ville où j’ai grandi et qui me rappelle bien de souvenirs de mes camarades de classe.

Quelles sont les scènes qui vous font rêver ?
Bien que je me sois produit déjà ailleurs, mon souhait a toujours été de faire le tour de tous les festivals du Maroc avant d’aller tâter d’autres terrains. J’aimerais ainsi me produire au Festival Mawazine.

Quels sont les artistes étrangers que vous écoutez souvent ?
A vrai dire, j’écoute tout le monde parce j’estime qu’un artiste doit écouter toutes les musiques et les styles qui les accompagnent pour s’enrichir et s’adapter à l’évolution de la musique. Mais sans toutefois y perdre son âme. Ceci dit, j’aime bien écouter des artistes comme Stromaë, Alicia Keys et  Stevie Wonder.  

Propos recueillis par Alain Bouithy
Mardi 15 Mars 2016

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