Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Younès Khourassani expose à Casablanca : Hymne à l’esthétique des instruments de musique




Younès Khourassani expose à Casablanca : Hymne à l’esthétique des instruments de musique
Mardi dernier, Younès Khourassani a accroché ses dernières œuvres à la galerie casablancaise  «Atelier 21».
Approche de l’exposition qui dure jusqu’au 17 février :
Fidèle  à une option  esthétique singulière entamée depuis deux ans déjà, Khourassani puise sa matière picturale dans les instruments de musique. Autant de violons et de luths détournés de leur fonction lyrique première et métamorphosés par les effets conjugués de la couleur, la lumière, le collage et l'effacement. Les œuvres de Khourassani semblent inscrites dans une sorte d’hommage rendu aux artistes d’antan, ceux-là mêmes qui avaient insufflé une première vie aux instruments récupérés et détournés. Elles évoquent une nostalgie envers une époque révolue qu’il s’agit de se réapproprier en l’intégrant dans la démarche de l’artiste.
Techniquement, le plasticien respecte le matériau original des instruments, et honore les accidents subis par ce matériau à travers le temps, dans la perspective d’en métamorphoser l’apparence. Pour ce faire, Khourassani a recours  à divers métaux (poudre de fer, bronze…) ainsi qu’à  l'oxydation. Et fidèle à son apologie de l’impact du temps qui coule et agit, il se détourne des couleurs vives et ne conserve que celles qui reflètent son approche et ne la trahissent pas (le marron, le vert, le noir et blanc…).
Selon plusieurs connaisseurs de la chose plastique marocaine, Younès Khourassani, natif de Casablanca en 1976, est l’un des plus brillants représentants de la nouvelle génération. L’un de ses atouts essentiels réside, également, dans sa grande capacité d’écoute et de dialogue avec les générations artistiques précédentes.
Pour ce lauréat de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca, le talent ne suffit pas. En effet, la sueur doit l’accompagner quotidiennement. Et avec elle cette «tension dans l’effort continu» qu’évoquait Théodore Monod, une tension synonyme de «labeur physique et de surmenage intellectuel».  
A propos d’une précédente exposition de l’artiste, j’avais cité Roland Barthes qui retenait, dans «Le bruissement de la langue», quatre motifs pour justifier «le Journal intime» comme œuvre. Deux parmi ces motifs me semblaient fort appropriés à l’acte pictural tel qu’il est perçu et adopté par Younès Khourassani, le premier étant le motif poétique : «Offrir un texte coloré d’une individualité d’écriture? d’un style? (aurait-on dit autrefois), idiolecte propre à l’auteur», alors que le second est historique: «Eparpiller en poussière, au jour le jour, les traces d’une époque, toutes grandeurs mêlées». Et je concluais que «faire acte de création picturale, chez Khourassani, est synonyme, intrinsèquement, de l’apposition d’une empreinte, personnelle et spécifique, sur l’œuvre de réécriture plastique de la quotidienneté du monde telle qu’elle se dénude devant l’artiste, et telle qu’il en rêve». Devant les œuvres exposées à «L’atelier 21», je ne peux que persister et signer. 

Said Ahid
Jeudi 19 Janvier 2012

Lu 526 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs