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Yémen: en l'absence du président Saleh, son fils veille sur le pouvoir




Loin du Yémen, Ali Abdallah Saleh garde la main sur le pouvoir. Pendant que le président yéménite se remet de ses blessures en Arabie Saoudite, son fils Ahmed veille: commandant des forces d'élite qu'il a déployées dans les rues de la capitale Sanaa, il fait barrage à tout compromis avec l'opposition et résiste aux pressions internationales en faveur d'une transition.
Le président Saleh, gravement brûlé dans une attaque contre le palais présidentiel le 3 juin dernier, a été évacué en urgence vers le royaume wahhabite voisin. Au pouvoir depuis près de 33 ans, le chef de l'Etat s'est accroché à son poste malgré les manifestations quotidiennes contre son régime qui secouent le pays depuis la fin janvier.
En son absence, son fils semble déterminé à protéger son poste. Avec le soutien de ses cousins, qui commandent également d'importantes unités militaires du pays, Ahmed Ali Saleh ignore ainsi superbement le vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi, chef de l'Etat par intérim depuis une semaine.
Ahmed, 42 ans, opère depuis le palais présidentiel et occupe le principal bureau de son père dans un complexe militaire de Sanaa. Abed Rabbo Mansour Hadi est obligé de travailler chez lui ou dans son bureau au ministère de la Défense, selon plusieurs membres du gouvernement et du parti au pouvoir.
Le fils du président et ses cousins n'ont pas non plus cédé au vice-président qui leur demande de retirer leurs troupes de Sanaa dans le cadre du fragile accord de cessez-le-feu avec les clans tribaux dans l'opposition.
En réalité, depuis le début de la trêve, il y a une semaine, Ahmed a encore positionné davantage de chars et de troupes dans le quartier de Hassaba, près de la résidence de cheikh Sadeq al-Ahmar, chef de la puissante confédération tribale des Hachid, qui était passé à l'attaque fin mai, selon un officier supérieur. Et il a envoyé de nouvelles troupes à Taez, la deuxième ville du pays, où des affrontements avec les combattants tribaux de l'opposition ont eu lieu ces derniers jours. Ahmed «suit une politique d'escalade, comme pour montrer qu'il est l'héritier légitime de son père», explique ce militaire sous couvert d'anonymat.
Cette situation pèse sur les efforts des Etats-Unis, qui tentent de profiter de l'absence du président Saleh pour préparer une transition politique qui préserve la stabilité du pays. Or la trêve risque de ne pas durer longtemps si l'opposition sent que le régime de Saleh campe sur ses positions.
Washington craint que les militants d'Al-Qaïda au Yémen, la branche la plus active de la nébuleuse terroriste, ne soient déjà en train de gagner du terrain dans des zones isolées de ce pays montagneux.

AP
Lundi 13 Juin 2011

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