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Wafaa Mezouar expose à Casablanca : La passion pour la trace




L’artiste peintre Wafaa Mezouar expose ses récentes œuvres à la Galerie d’Art   de Royal Mansour à Casablanca jusqu’au 31 décembre 2009.
A travers son langage iconique, elle  exprime et partage  les valeurs cosmopolites de la créativité voire de la sincérité d’être, celle du talent jaillissant dans un  univers éminemment conçu : labyrinthe plastique  qui ouvre pour nous d’immenses continents de plaisir et de savoir devenir.
Passionnée par le patrimoine visuel du Maroc, Wafaa (vit et travaille  à Casablanca) anime la surface de ses toiles par des graphismes lyriques, pour aller s’abreuver  spontanément à l’art du tapis, du tatouage et de la décoration authentique en général. Elle détourne les signes et les symboles rattachés au corps et les réinterprète avec beaucoup de lyrisme et de purisme. C’est dans ce sens de recherche que l’approche plastique de Wafaa vise à libérer l’imaginaire  collectif et assurer une admirable réhabilitation d’un patrimoine pictographique que l’utilisation a confiné dans la dimension utilitaire.  Actuellement, cette artiste matiériste opte pour des atmosphères telluriques d’une abstraction gestuelle délibérée et  abondante. Il s’agit d’un acte plastique qui rappelle, entre autres, l’être et le paraître, les racines et les appartenances.
Discrètement, elle peint et s’interroge sur la confrontation de la peinture avec la réalité marocaine dans son terroir symbolique et ses traces identitaires. Réflexion sur  « la trace indélébile dans les mémoires», quête de l’universalité en partant de la culture populaire marocaine, préoccupation d’élaborer un style personnel. Wafaa répond à « une irrépressible émergence des racines », en relevant tatouages, jeux de tapisserie, motifs artisanaux, autant de formes reconnaissables et mémorisables : « Wafaa se définit, d’abord  et avant tout, comme une artiste peintre dont les œuvres picturales gravitent autour d’une abstraction aux expressions lyriques. L’artiste dédaigne les slogans de salon. Elle chérit plutôt la distance et la retraite (au sens initiatique) qui ouvrent sur l’introspection et permettent, par la même, une véritable construction de soi », précise Mostapha Chebbak, critique d’art( Artistes marocains contemporains, Shashoua Press 2007).
 Fortement influencée par la modernité en peinture, Wafaa, tout en réinterprétant  les traces de la mémoire tatouée, cède à la liberté de la création d’une grande place. L’emprise d’une quête de soi, de ses états d’être  et de ses consciences intérieures  se lit sur ses toiles labyrinthiques : l’artiste  continuera à vivre dans une autre mémoire, celle qui, partout dans le monde, cherche la lumière dans l’incroyable aventure de l’esprit.
Elle  prône une contemplation esthétique de nos raisons d’être et conçoit  une peinture  connotative qui se situe entre l’abstraction et la représentation symbolique. Aventurière et rêveuse,  elle  nous rappelle la citation de feu Kacimi : « Etre soufi, ce n’est pas une affirmation dans un texte ou une peinture, mais c’est le rayonnement, c’est la flamme.».
Wafaa est née en 1957 à Meknès. Diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca ainsi que de l’Ecole de Dessin de Bâtiment (section architecture).Sa première consécration fut en 1978 où elle obtient la médaille d’or au Festival international des arts plastiques à Tunis.
L’influence de l’un de ses professeurs à l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca a été pour beaucoup dans son choix de la tapisserie murale comme mode d’expression. Dans ses tissages,  elle assemble des bijoux arabes anciens aux bijoux berbères, alliant merveilleusement dans son travail tradition et modernité.  Les matières utilisées sont simples, brut et nobles à la fois (laine, coton, raphia, toile de jute, cuir …). En admiration devant l’écriture berbère, cette artiste accomplie un mélange de textures et de matériau Elle passe ensuite de la tapisserie  d’art moderne  et de la sculpture à la peinture abstraite  faite d’ocre rouge, de brun, de jaune luminescent, illuminant son territoire de pigments bleus volatiles où se côtoient quelques notes d’or. Ses tableaux sont des œuvres qui allient à la fois les tissus, la soie, les bijoux et les parures. Une part de rêve s’installe alors, celui d’un Orient relié aux mémoires subtiles, si souvent imprégné du regard de la peinture au cours de l’histoire.

ABDALLAH CHEIKH
Lundi 12 Octobre 2009

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