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“No we can’t … anymore !”




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Lorsqu’en 2006  l’homme qui allait incarner «la nouvelle Amérique»  publiait «The Audacy of hope (L’audace d’espérer), le monde entier se mit à rêver que le démocrate Barack Obama allait changer le cours de l’histoire…du monde. Plus de guerres, fermeture de l’horreur humaine de Guantanamo, relations internationales plus équilibrées…le monde semblait, le temps d’une élection,  plongé dans la paix perpétuelle d’Emmanuel Kant.
Barack Obama, l’homme qui allait une année et des poussières après la publication de son livre,  devenir le premier président  de «couleur» des Etats-Unis d’Amérique,  incarnait, à tort ou à raison, «le messie» politique du XXIème siècle. Tout était beau dans le meilleur des mondes. Non seulement le rêve américain était possible, mais  l’espérance d’un monde pacifié le devenait avec son élection dans un Oval Office devenu…cosy.
Pourtant très vite, bien avant un surprenant prix Nobel pour la paix, alors qu’il n’occupait la Maison Blanche que depuis une année (!), cette espérance, non pas la sienne, mais la nôtre, fut fracassée. Il avait tenu sa promesse de ramener les soldats américains d’Irak et d’Afghanistan, mais Guantanamo était toujours là, les crispations identitaires aux Etats-Unis et dans le reste du monde n’avaient connu aucun changement patent, la muraille texane contre l’immigration clandestine venue des pays pauvres d’Amérique du Sud, s’était renforcée et allait l’être encore plus durant ses deux mandats, la réforme de l’immigration promise n’a pas eu lieu, les relations avec la Russie allaient quant à elles se refroidir au point de rappeler la guerre froide…avec pour seule sporadique éclaircie pour le nouvel homme fort du monde :  l’ennemi numéro un des Etats-Unis d’Amérique, Oussama Ben Laden avait été «éliminé» par les forces spéciales américaines au Pakistan, dans le secret le plus absolu… 
Le «Yes we can!», jadis porteur d’espoir,  ressemble de plus en plus à un «No we can’t», parce que si l’état du monde a en effet changé, c’est en pire. Non pas à cause de M.Barack Obama, mais d’un changement d’époque. Celui de l’éclatement du Proche-Orient suite aux deux guerres menées par les prédécesseurs républicains de Barack Obama, en Afghanistan et en Irak, suivis d’un «printemps arabe» sanglant en Syrie où d’autres puissances pétrolières ont joué un rôle déterminant en enfantant un Ben Laden multiplié par 1000, avec l’émergence de Daech. 
Sans oublier le silence habituel des Etats-Unis face aux crimes  commis par Israël  contre des civils à Gaza et l’éternel oubli de l’Afrique où des Etats se font et se défont, avec pour conséquences des guerres  civiles dévastatrices obligeant des milliers de personnes à avoir «l’audace d’espérer» de rejoindre des pays plus riches…Si la mer Méditerranée pouvait exprimer des émotions, elle laisserait couler des larmes de sang : des dizaines de milliers de cadavres gisent dans les profondeurs de… la mère de la civilisation.
Face à cette misère du monde, l’on en arrive presque à affirmer qu’il est bien plus difficile de vivre dignement dans le monde actuel, que devenir le président ou la présidente de l’Etat le plus puissant de la planète où le rêve américain n’est en vérité qu’une chimère…Sauf  sans doute pour Goldman Sachs, le très trouble et troublant temple de la finance mondiale, qui résiste à toutes les tempêtes quelle que soit leur nature… Car, s’il existe bel et bien une  différence entre Barack Obama et pratiquement tous ses prédécesseurs, c’est de ne pas avoir déclaré ou provoqué de guerre et de ne pas venir de la côte Est…La couleur de peau ? Colin Powell n’était-il pas l’homme à avoir menti au Conseil de sécurité en brandissant une fausse preuve contre le régime dictatorial de Saddam Hussein pour envahir l’Irak ?  

Par Amina Talhimet
Mercredi 12 Novembre 2014

Lu 524 fois


1.Posté par Sofia le 12/11/2014 21:27 (depuis mobile)
Welcome back amina. Ça fait plaisir vous lire une autre fois

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