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Voyage au bout du cauchemar




Voyage au bout du cauchemar
C’était une nuit estivale. Ambiance et bonne humeur étaient au rendez-vous. Tout le monde était heureux comme pour oublier la monotonie, l’ennui et la routine sans fin qui pesaient tant sur nos cœurs. Mais tout cela avait pris fin. Nous avions trois mois devant nous pour profiter pleinement et faire le plein d’énergie.
J’étais en compagnie de ma copine qui, plus que jamais, était épanouie. Nous dansions sans arrêt, au point de nous épuiser. C’était à ce moment-là que je lui avais proposé d’aller en lieu calme, peut-être n’aurais-je pas dû. Le destin avait fait son choix et nul ne pouvait changer la moindre chose.
Nous nous dirigeâmes vers la maison de mon amie puisque ses parents étaient loin, très loin, en voyage je ne sais dans quel coin du globe. Toutes les conditions étaient propices pour bien nous reposer et passer un moment en tête-à-tête. Une fois arrivé, je ne sus quelle force tira ma main vers la sonnerie… Mais pourquoi ai-je agi ainsi ? Pourtant, je savais que personne n’était dans la maison… Ma copine me regarda et me rassura d’un sourire confiant, elle mit sa main dans la poche pour en tirer la clé, elle était vide. Elle retenta le geste, elle y était … Mais quel diable nous prit-il ? Sans doute une fatigue passagère. Nous y pénétrames et enfin, je me sentis vraiment bien en sa compagnie, tous les deux, face à face. Oh comme ce moment était agréable!
Elle transpirait et me proposa d’aller prendre une douche avec elle, je déclinais sa demande car j’étais obligé de vérifier mon courrier électronique. Mais, par galanterie, la moindre des choses était de l’accompagner à la salle de bains.
Au retour, je m’assis au bureau de son père. Soudain, mon cœur se mit à battre à tout rompre, mon pouls s’accéléra et je ressentis une sueur froide dans le dos. Anormal non? Peut-être devais-je aussi me doucher, histoire de me changer les idées … 
Je poursuivis ma recherche, j’éprouvai une grande difficulté car mes mains étaient moites, mais je tenais le coup. Et l’écran s’alluma. Exploit ? Il ne faut jamais crier victoire trop tôt… Une fois sur le site, que de publicités ! Je me préparais à tout supprimer quand un message attira mon attention… Bizarre! Il n’avait pas de sujet. Mais je l’ouvris pour y découvrir un e-mail blanc ; sans doute une erreur ou quelqu'un qui voulait me jouer une farce. Mais en mon for intérieur, quelque chose me disait que non. Sur le champ, je fermai le message comme si le malaise allait disparaître avec ; et bizarrement, il cessa.
 A cet instant-là, retentirent dans mes oreilles les cris de détresse de mon  amie… Je me levai et avançai mais je ne sus comment j’avais trébuché. Soudain, une grande chute et...plus rien ! Je voulus ouvrir les yeux, mais je ne pouvais absolument pas. J’éprouvai comme une sensation de peur, d’angoisse, de panique... J’essayai, mais...rien ! Je rouvris enfin les yeux : elle avait disparu ! J’étais seul, comme perdu sur un radeau au milieu d’un vaste océan. Soudain, elle réapparut devant moi, elle cria, me fixa droit dans les yeux un bref instant, et se mit à courir … J’ignorais à quel jeu stupide elle jouait, et que, d’ailleurs, je n’appréciais guère. Mon malaise me reprit brusquement. Livide, sans savoir d'où venait cette sensation, je regardai dans tous les coins de la pièce, jusqu'à ce que mon regard se posât sur la porte... La seconde d'après, on frappa.
− Une lettre et un coup de téléphone pour toi, m'annonça un inconnu, vêtu d’un clair aveuglant…
− Allô ? Dis-je.
J'essayai de contenir ma voix le moins possible, mais il n'y avait pas de réponse. J'entendis juste le bruit d'une respiration sifflante au bout du fil. Je raccrochai vite le téléphone et je déchirai l'enveloppe, elle était blanche. Je m'évanouis.
 Je me réveillai et jetai un coup d'œil sur l'horloge: minuit moins dix. Un silence total régnait. Quoique... Il me semblait entendre un bruit, oui ; en me concentrant, j'entendis un bruit de pas ! A nouveau, je courus mais les bruits s'intensifiant semblaient venir de tous les côtés ! Je m'arrêtai, à bout de souffle. Les bruits de pas s'étaient tus. Ce que j'entendis à cet instant-là me terrifia: le silence, le même que dans les lettres et au téléphone... Tout à coup, je sursautai. Un souffle m'effleura. Ce n'était pas le vent, il n'y en avait pas. «Où êtes-vous ? Que voulez-vous?».
Je tombai à genoux et sanglotai en marmonnant: «Pourquoi moi ? pourquoi moi?». Je m'arrêtai. Me parvint un bruit autre que mes pleurs. Une respiration... Une respiration sifflante. Je voulus me lever et courir jusqu'à ce que mes jambes ne puissent plus me porter, mais elles étaient paralysées. Je voulais me couper la langue pour mourir et ne plus être là mais je ne contrôlais plus rien... alors j'attendis.
Puis, je me réveillai et n'entendis à nouveau plus rien. Sans doute mes oreilles me faisaient défaut. Un instant, même une dizaine de secondes plus tard, je ressentis un vertige. Je me dis: « Oh non ! Pas encore ! ». Mais, je ne m'étais pas évanoui. En réalité, il y eut une sorte de vide dans ma tête : en une fraction de seconde, je ne me souvenais plus de rien. J'essayai de me rappeler des souvenirs, mais en vain. Serait-ce une séquelle de mon malaise ? Oui, peut-être. J'étais convaincu que ce n'était pas cela qui m'avait vidé de mes connaissances, de mes souvenirs...
Je me relevai,  sortis et marchai dans la rue en essayant de retrouver les souvenirs de la nuit précédente. Je réfléchissais lorsque j'aperçus du coin de l'œil, un vieil ami à moi. J'allai le saluer et m'approchai de lui, mais il me dit qu'il ne me connaissait pas. Etonné, je poursuivis ma route et croisai ma petite amie. A nouveau, elle me dit qu'elle ne me connaissait pas non plus. Désespéré, je retournai chez moi, essayant de comprendre toute cette histoire. Arrivé dans ma chambre, j'entendis des voix. Je sentis une respiration derrière mon épaule et je me retournai brusquement. Soudain, mon ordinateur et l'écran s'allumèrent tout seuls. Des e-mails blancs s'ouvrirent petit à petit. J'en eus assez et sombrai dans la folie. Je pris ma chaise et tapai sur mon ordinateur, si bien qu'il passa à travers la fenêtre et s'écrasa dans mon jardin. Je me dis : «Enfin!». J'allai y jeter un coup d’œil. Stupeur, il était toujours allumé. Sur l'écran, je vis se dérouler tous mes souvenirs y compris ceux de ce jour-là.. Soudain, je vis ma course-poursuite... Et le visage de l'esprit qui me pourchassait. Je poussai un hurlement strident, je ne sus pourquoi, ce visage me pétrifiait de terreur, et je m'évanouis une fois de plus...
Je me réveillai dans mon lit. C'était le matin. Ce n'était qu'un horrible cauchemar. Puis je vis cet e-mail sans adresse d'expéditeur; je l'ouvris. Il y avait marqué : «Ce n'est pas fini, je reviendrai te vider de tous tes souvenirs, souvenirs, souvenirs... ».
Je ne sus quoi faire, mais j'étais convaincu que ce n'était pas fini. Mon cauchemar était entré dans ma vie…

 * Elève au lycée Moulay Youssef à Rabat
mahmouderouiche@gmail.com

Mahmoud Derouiche *
Samedi 21 Mars 2015

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