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Violents combats à Damas: Kofi Annan à Moscou pour trouver une issue à la crise




Violents combats à Damas: Kofi Annan à Moscou pour trouver une issue à la crise
Des combats d'une violence sans précédent depuis le début de la crise syrienne ont éclaté dimanche en plein jour dans plusieurs quartiers du sud de Damas entre les forces de sécurité et des insurgés.
Les affrontements, qui impliqueraient des centaines de combattants, se sont concentrés dans les faubourgs de Tadamon et d'Hadjar al Assouad, à trois kilomètres seulement au sud de la mosquée des Omeyyades, et se sont propagés à la nuit tombée à Al Laouan, un peu plus à l'ouest.
"Il y a des centaines de combattants à Damas en ce moment, nous allons voir ce qui va arriver", a déclaré un militant joint par Skype.
Des rebelles présents dans la capitale ont indiqué que l'armée syrienne avait fermé la route vers l'aéroport et tentait d'encercler les combattants dans les quartiers de Tadamon et de Hadjar al Assouad, afin d'écraser la contestation à l'intérieur de la capitale.
"Si le régime parvient à écraser les combattants à Tadamon, les affrontements devraient cesser, mais si ce n'est pas le cas, ils pourraient gagner d'autres zones", a poursuivi ce militant.
Selon de nombreux habitants contactés par Reuters, la capitale syrienne n'avait pas encore connu de tels affrontements depuis le début de la crise, en mars 2011.
D'après un militant de l'opposition ayant requis l'anonymat, cette dégradation de la situation dans Damas était prévisible "après l'écrasement par l'armée de foyers de rébellion dans certaines banlieues de Damas, comme Douma".
"Des milliers de combattants se trouvaient dans certaines de ces banlieues. Certains ont été tués mais un grand nombre d'entre eux ont pu fuir et ont pris la direction de Damas même", a-t-il ajouté.
Des habitants ont fait état d'explosions sourdes, de tirs persistants, de hurlements de sirènes. Dans des vidéos retransmises en direct sur Internet, on peut voir une épaisse fumée noire flotter au-dessus des toits de la ville. "Je ne peux pas y croire, cela paraît incroyablement proche. J'entends des tirs et d'autres choses, comme des explosions. Je peux entendre le bruit des ambulances qui passent à toute vitesse. J'ai si peur. Des gens pourraient mourir ce soir", a déclaré par téléphone un habitant d'un quartier proche de la zone des combats.
Comme d'autres résidents contactés par Skype, Samir al Chami a parlé "des combats les plus intenses qu'(il) ait jamais entendus dans la capitale".
"Ce quartier a essuyé beaucoup de combats(...) C'est presque un bidonville. Les gens qui y vivent sont pauvres. Il y a beaucoup de gens et beaucoup de terrains vagues autour de cette zone, c'est pourquoi il est facile pour les rebelles d'y entrer et d'en sortir furtivement", a-t-il ajouté.
Plusieurs habitants ont fait état d'une accalmie dans la nuit, mais de nombreuses manifestations de soutien à l'insurrection ont été signalées dans les quartiers pauvres de la capitale. Sur le front diplomatique, Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, est attendu à Moscou pour une visite de 48 heures. Il sera reçu mardi par le président Vladimir Poutine. La Russie, qui a opposé son veto à deux reprises à des projets de résolution du Conseil de sécurité condamnant la répression du soulèvement syrien, reste hostile aux sanctions prônées par les puissances occidentales.
Vendredi, le diplomate ghanéen s'est dit "choqué et consterné par les nouvelles provenant du village de Tremsa, près d'Hama, qui font état de combats intenses, d'un nombre important de victimes et de l'utilisation confirmée d'armes lourdes telles que de l'artillerie, des tanks et des hélicoptères". Selon l'opposition, de 100 à 220 personnes ont été massacrées jeudi dans ce village de la province de Hama. "Les forces gouvernementales n'ont pas utilisé d'avions, ni d'hélicoptères, ni de chars, ni de pièces d'artillerie. L'arme la plus lourde utilisée a été le (lance-roquette) RPG", a rétorqué dimanche Djihad Makdissi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse à Damas.
"Ce qui s'est produit n'était pas un massacre (...), ce qui s'est produit était une opération militaire. Il y a eu des affrontements entre les forces de sécurité, dont le devoir est de défendre les citoyens, et des forces lourdement armées qui ne croient pas en une solution politique", a-t-il poursuivi, jugeant les propos de l'émissaire international "hâtifs".
Trente-sept combattants et deux civils ont été tués dans les affrontements, qui ont éclaté au cours d'une opération des forces de sécurité contre ce village utilisé comme base arrière par les insurgés, a ajouté le porte-parole. Des observateurs de l'Onu sont retournés dimanche à Tremsa, où ils avaient relevé la veille les signes de tirs à l'arme lourde sans pouvoir confirmer le bilan avancé par l'opposition.


Reuters
Mardi 17 Juillet 2012

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