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Violents affrontements près de Buenos Aires

Les forces de l'ordre dispersent les manifestants qui bloquaient l’accès à l’aéroport




De violents incidents ont opposé mardi des manifestants qui bloquaient depuis cinq jours l'accès au plus grand aéroport d'Argentine et les forces de l'ordre qui les ont dispersés avec du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.
 Quelque 250 hommes de la gendarmerie argentine en tenue anti-émeutes et équipés de canons à eau ont lancé dans la matinée une opération pour débloquer l'autoroute d'accès à l'aéroport international d'Ezeiza, près de Buenos Aires. Plusieurs manifestants ont été blessés lors d'affrontements au corps à corps avec les gendarmes.
 L'entrée de l'aéroport était partiellement bloquée depuis la semaine dernière par des employés d'une entreprise avicole locale, Cresta Roja, qui réclament leurs salaires impayés.
 L'une des centrales syndicales argentines, la CTA, a protesté dans un communiqué contre "la brutale répression" des manifestants.
 Des affrontements ont eu lieu près de l'aéroport international, situé à 30 kilomètres au sud de Buenos Aires, où les forces de l'ordre ont tiré des balles en caoutchouc et utilisé leurs canons à eau pour disperser les manifestants qui leur ont lancé des pierres.
"Nous avons subi une répression brutale", a déclaré à la presse Cristian Villalba, délégué des employés. "Nous avons dix ou douze blessés".
 "Hier ils nous avaient dit que nous pouvions poursuivre la manifestation si nous laissions deux voies de l'autoroute libres, et aujourd'hui ils nous ont donné cinq minutes pour libérer l'autoroute sur ordre de Mauricio Macri", le nouveau président argentin, a dit M. Villalba. Mauricio Macri, un libéral de centre-droit, est entré en fonction le 10 décembre.
 La décision d'envoyer les forces de l'ordre débloquer l'autoroute marque l'entrée en vigueur de dispositions adoptées par le nouveau pouvoir pour interdire les blocages de routes.
 Cette forme de protestation sociale, habituelle en Argentine et qui crée le chaos dans la circulation, est rejetée par une bonne partie de la population.
 La vice-présidente Gabriela Michetti a critiqué au cours d'une conférence de presse la tolérance qui a prévalu à cet égard au cours des présidences de Nestor Kirchner (2003/2007) et de Cristina Kirchner (2007/2015).
"Cela fait longtemps que l'Etat avait fui sa responsabilité de maintenir l'équilibre entre deux droits qui entrent en opposition (celui de protester et celui de circuler)", a-t-elle déclaré.  Ces derniers jours, des dizaines de passagers ont dû traverser à pied le barrage des manifestants et marcher pendant deux kilomètres avec leurs bagages le long de l'autoroute pour aller prendre leurs avions.
 Dans la soirée, au cours d'une réunion de négociation, le ministre du Travail Jorge Triaca a annoncé que la justice avait prononcé la faillite de l'entreprise Cresta Roja, qui appartenait au groupe Rasic.
 Le ministre a annoncé l'intention du gouvernement de soutenir l'entreprise et ses employés. Il a indiqué que pour le moment aucun repreneur ne s'était manifesté.
 Par ailleurs, plusieurs milliers de manifestants, militants de gauche et syndicalistes, ont défilé mardi à Buenos Aires jusqu'au palais présidentiel pour réclamer un bonus salarial d'urgence afin de compenser la chute du pouvoir d'achat provoquée notamment par la brutale dévaluation de 30% du peso effectuée par les nouvelles autorités. Des dizaines de milliers de personnes avaient déjà défilé la semaine dernière dans les rues de la capitale argentine pour protester contre les conséquences sociales de la politique libérale lancée dès son arrivée à la présidence par Mauricio Macri.

Jeudi 24 Décembre 2015

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