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Violences en syrie : Le régime peu enclin à céder à la pression




Violences en syrie : Le régime peu enclin à céder à la pression
Le régime syrien, dont la chute semble inévitable, va probablement accentuer sa répression des manifestants et ignorer le concert de condamnations, dont celui des pays arabes, estiment des analystes. "Le régime a farouchement résisté à la pression internationale et les prises de positions des Saoudiens, du Conseil de coopération du Golfe ou de la Turquie n'auront certainement pas d'effet dans l'immédiat», a estimé Rami Khouri, spécialiste des affaires politiques et internationales à l'Université américaine de Beyrouth.
Pour M. Khouri et d'autres analystes, la pression va s'accentuer à l'intérieur même de la Syrie qui sera de plus en plus isolée sur la scène internationale et fera que le président Bachar al-Assad n'aura d'autre choix que de chercher une porte de sortie. "Quand ils seront complètement isolés avec personne au monde pour les soutenir sauf les Iraniens, ils auront un problème réel et ils devront trouver une solution politique", a déclaré à l'AFP, M. Khouri faisant référence aux dirigeants syriens. "Mais ce sera peut-être trop tard", a-t-il ajouté.
Un développement majeur s'est produit cette semaine, avec l'Arabie Saoudite, poids-lourd régional et puissance sunnite, qui a rompu un silence de cinq mois sur la Syrie et a ajouté sa voix au concert des critiques contre Damas, d'où elle a rappelé son ambassadeur. Le Koweït et Bahreïn lui ont emboîté le pas tandis que le Conseil de coopération du Golfe et la Ligue arabe ont condamné les violences qui ont fait plus de 2.000 morts, dont près de 400 membres des forces de sécurité, selon des militants des droits de l'Homme.
La Turquie, frontalière de la Syrie et avec une grande population sunnite, a exprimé une impatience croissante face à la politique de la terre brûlée du président Assad. La Russie a fait de même.
 "Le régime a franchi un nouveau seuil dans la violence, ce qui rend la complaisance plus difficile", a estimé Peter Harling, un analyste basé à Damas, de l'International Crisis Group "Le monde est en train d'abandonner ce régime", a-t-il ajouté. Les émeutes agitant la Syrie depuis la mi-mars, constituent la plus grave menace pour le pouvoir exercé depuis quatre décennies par la famille Assad où la minorité alaouite, une branche de l'islam chiite, détient tous les leviers. La majorité des 23 millions de Syriens sont des musulmans sunnites.
Bachar al-Assad dénonce le rôle de «groupes terroristes» dans ces émeutes et propose de timides réformes tout en lançant son armée contre les opposants. La communauté internationale, d'abord hésitante à intervenir en raison de l'importance stratégique de la Syrie et de la crainte de la voir glisser dans une guerre civile, a progressivement durci le ton tout en espérant des réformes démocratiques. Mais les chances de Bachar al-Assad de reprendre la situation en main n'ont cessé de s'amenuiser avec un bilan des morts qui s'alourdit et une révolte qui continue, estiment des analystes. "Le régime évoque une conspiration mondiale contre lui, mais en réalité de nombreux pays même ceux qui ont été hostiles à ce régime, auraient aimé le voir trouver de meilleurs moyens pour survivre", a estimé M. Harling.  "La situation est mûre pour un effondrement spectaculaire (...) Mais il est impossible de dire quand et qui déclenchera la dynamique», a-t-il dit.
Paul Salem, directeur au Carnegie Middle East Centre, basé à Beyrouth, a estimé que le régime va probablement poursuivre la répression mais que ses partisans à l'intérieur du pays finiront par se tourner contre lui.  «Il y a trois groupes essentiels: la communauté alaouite, les forces armées avec les services de sécurité, et les élites commerciales d'Alep et de Damas», a-t-il expliqué à l'AFP. "Mais il est difficile de deviner lequel va lâcher le régime en premier. C'est un régime qui est contesté par son propre peuple et le reste du monde et il n'est pas question qu'il perdure en l'état. Il va s'effondrer mais il est difficile de dire quand et comment», a-t-il conclu.
 

Libé
Jeudi 11 Août 2011

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