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Versions contradictoires dans l’affaire Ben Saleh à Oued Zem : Des policiers pointés du doigt




«Le fusil de chasse que portait Houcine Ben Saleh sur son épaule au moment de sa mort n’était pas chargé… L’arme n’a pas été utilisée depuis plus de six mois au minimum… Les cartouches volées avec l’arme à Azilal n’ont pas été utilisées… ». C’est ce que soutient, selon la section locale de l’AMDH à Oued Zem, le rapport des officiers de la police scientifique chargés d’analyser les pièces à conviction de cette affaire qui a défrayé la chronique la semaine dernière. Ainsi, le rapport des policiers ayant assisté à cet incident a été démenti par les faits. Surtout qu’ils y ont mentionné que «la victime en état de colère les a menacés à maintes reprises avant de tirer des coups de sommation afin d’échapper aux policiers qui le pourchassaient dans la forêt. Et en cas de légitime défense, un policier menacé par la victime a été contraint d’utiliser une seule fois son arme blessant ainsi Houcine Ben Saleh au niveau de la poitrine. La blessure a provoqué une hémorragie entraînant sa mort vers 3 heures du matin, la nuit du 21 au 22 juin 2011». C’est ce qu’a annoncé une source policière à la MAP le jour même de l’incident.
 S’agit-il d’une bavure policière? Est-ce un simple accident provoqué par la panique d’un policier, non expérimenté dans de telles situations, face à un homme armé? Pourquoi Houcine s’est-il saisi de l’arme de son employeur et s’est-il dirigé à Oued Zem? Avait-il un compte à régler avec quelqu’un dans cette ville? Des questions parmi d’autres dont aucune réponse ne figure, d’après nos sources, dans le rapport des policiers qui l’ont traqué la nuit à la forêt et dont l’un d’eux l’a abattu dans des conditions inexpliquées.
Seule la justice tranchera dans cette affaire qui suscite la polémique à Oued Zem et  Azilal où les parents de Houcine le pleurent toujours, ses amis ne parlent que de leurs souvenirs avec ce jeune homme plein de vie et d’humour. L’AMDH fait de cette affaire une priorité, surtout après le rapport accablant de la police scientifique à qui les habitants des deux villes sont reconnaissants. Les ONG locales soutiennent pour leur part la famille de la victime en déployant des efforts pour faire pression sur le parquet et les responsables de la ville afin que justice soit rendue.
Selon des militants associatifs de la ville d’Oued Zem, le parquet qui fait montre d’une grande mobilisation dans cette affaire, aura promis à la famille de la victime de faire le nécessaire pour tirer au clair les dessous de cette affaire.  Sur ce, le parquet a pointé du doigt les policiers interrogés par la gendarmerie Royale qui s’est saisie de l’affaire. Cela dit, la version contradictoire de la police scientifique risque de coûter cher aux accusés qui, selon toute vraisemblance, n’étaient jamais sûrs que le fusil que possédait la victime n’était pas chargé. La possibilité de légitime défense demeure donc probable. 

Libé
Lundi 4 Juillet 2011

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