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Vers "un campus planétaire" avec les cours gratuits en ligne




Vers "un campus planétaire"  avec les cours gratuits en ligne
Un peu loufoque, la vidéo du cours de physique mécanique en ligne du Pr. Walter Lewin montre l'astrophysicien traverser à tout berzingue un amphithéâtre du prestigieux Massachusetts institute of technology (MIT), sur un tricycle bleu propulsé par un extincteur.
En Inde, en Irak, en Espagne ou en Chine, ils sont plus de 2 millions à avoir assimilé le principe de la propulsion par réaction permettant par exemple de faire décoller une fusée, en suivant ce "Mooc" américain - Massive Online Open Course -, un cursus universitaire de haut niveau, libre d'accès sur Internet et interactif, mêlant vidéos, textes et exercices.
"Un prof qui fait cours devant des étudiants, c'est vieux comme le monde. Ce qui est révolutionnaire avec les Moocs, c'est le nombre de personnes qui y participent", explique François Taddei, directeur du Centre de recherche interdisciplinaire (Cri) à Paris et titulaire d'une chaire UNESCO en Sciences de l'apprendre. 
"Les premiers Moocs ont réuni plus d'inscriptions que Facebook la première année", compare le chercheur. "Aujourd'hui, on peut suivre depuis n'importe où, quelle que soit sa formation, un cours universitaire de la meilleure qualité mondiale et échanger avec d'autres étudiants", ajoute-t-il.
En France, 25 Moocs sont proposés depuis jeudi par le ministère de l'Education. Plus de 80.000 personnes se sont d'ores et déjà pré-inscrites à ces cursus qui sont accessibles par la plateforme de France université numérique (Fun). 
Mais ils sont 1.400 à avoir déjà participé au tout premier Mooc français apparu en 2012, ITypa: "Internet, tout y est fait pour apprendre".
"Les Moocs démocratisent l'accès au savoir" alors que le système universitaire français est le plus inégalitaire du monde développé, selon l'étude Pisa de l'OCDE, souligne François Taddei.
Les Moocs ont connu un véritable essor avec un cours d'Intelligence artificielle dispensé sur le site de l'université californienne de Stanford en novembre 2011, qui attire 160.000 étudiants, bien plus que les 10.000 attendus et dont plus de 15% iront jusqu'au bout. 
Son auteur, le professeur de robotique Sebastian Thrun, fonde Udacity en février 2012. 
Les trois principaux cursus en ligne -Udacity, edX et Coursera, ont tous été créés aux Etats-Unis, dans l'orbite des plus prestigieuses universités.
edX, lancé en avril 2012 par Harvard, Berkeley et le MIT, et Coursera, créé par d'anciens professeurs de Stanford, comptabilisent à elles seules plus de six millions d'inscrits.
Comme un buffet, le choix large et gratuit incite à la boulimie: ainsi parmi les premières adeptes des Moocs en France, Barbara Sémel, 33 ans, s'est inscrite à pas moins de 16 cours, de l'Introduction à la sociologie à la Gestion de projet ou l'Etude des statistiques. "Mais je n'en ai fini aucun!", avoue-t-elle.
 "Potentiellement, les Moocs permettront de transformer le monde en un campus planétaire", affirme François Taddei, posant ainsi la question de l'avenir des universités.
Toutefois, selon une étude publiée en décembre par la Graduate school of education de l'Université Penn aux Etats-Unis, seulement la moitié des inscrits sur la plus importante plateforme de cours universitaires en ligne (Coursera) ont suivi au moins un cours magistral et seulement 4% d'entre eux sont allés au bout du cursus.
Et le diplôme? Il y a des tests réguliers, la plupart sous forme de quizz en ligne permettant la délivrance de certificats qui pour l'instant ne sont pas encore reconnus ni par les universités ni par les entreprises.
Les détracteurs des Moocs soulignent que toutes les catégories sociales n'ont pas accès au numérique et "l'énorme taux d'abandon contrebalance la facilité d'accès à ces cours", dénonce le Collectif anti-Moocs, créé par trois syndicats étudiants et enseignants après la création d'un Mooc par la très sélective Ecole normale supérieure de Cachan. 

AFP
Vendredi 31 Janvier 2014

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