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Vers quel développement humain s’oriente-t-on?




Vers quel développement humain s’oriente-t-on?
Dans la mesure où l’individu constitue la richesse principale d’une nation, la lutte contre la pauvreté ne doit pas se réduire à fournir des services sociaux aux populations (pistes, eau potable, foyers de jeunes filles, dispensaires,...). Si ces prestations contribuent à soulager certains maux tels que l’enclavement, la déperdition scolaire, et les problèmes de santé, ils ne peuvent, par contre, assurer un développement durable.
Malheureusement, la plupart des pays en voie de développement ne peuvent pas garantir les services collectifs efficaces et universels à leurs populations. Malgré les efforts déployés depuis l’indépendance, le Maroc subit les conséquences des expériences ratées en matière de développement humain et la lutte contre la pauvreté, des expériences qui ont engendré un retard causé par les échecs induits par les retombées des programmes d’ajustement structurel.
C’est pourquoi l’individu doit prendre le relais de l’Etat pour mener des actions sociales. En effet, une dimension nouvelle de la pratique des politiques sociales a émergé. Il s’agit de la prise en charge par la société civile et le secteur privé de la satisfaction de certains besoins sociaux de la population.
 Aujourd’hui, 8 ans après le lancement de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), forums, séminaires et rencontres ont été organisés, et des études et rapports ont été menés sur la première phase 2005-2010 pour présenter les résultats de cette initiative. Si on essaye d’analyser la situation actuelle, on constate que l’INDH a permis de réduire le taux de pauvreté de 36% à 21% dans les zones ciblées, de financer 22.000 projets et d’avoir 5,2 millions de bénéficiaires. 33% des projets sont portés par les femmes et 13% par les jeunes.
Mais malgré ces résultats, le Maroc est situé au 130ème rang sur 180 pays au classement du développement humain  selon le dernier rapport du PNUD.  Cela veut dire qu’il existe encore des contraintes et des points noirs qui demandent  beaucoup d’efforts pour mettre le train du développement sur les rails.
Si l’INDH est perçue comme un levier de développement humain au niveau institutionnel, sur le terrain, c’est autre chose. L’INDH est une machine à pomper l’argent. Selon les témoignages des différentes acteurs (société civile, élus locaux, population cible, ….), les limites de cette initiative existent dans le ciblage de la population défavorisée, les mécanismes de financement, et la mise en œuvre  de ces  programmes,  à savoir :
-     La défaillance du suivi des projets de l’INDH à la fois de la part des porteurs de projets et des structures territoriales de gestion, et ce à cause du faible niveau de technicité des acteurs de ces projets
-    L’absence de critères de choix et de sélection des membres des comités de développement humain.
-     L’octroi de subventions qui se fait à la hâte en tuant l’esprit d’initiative et en développant la mentalité d’assisté.        
-    L’inefficacité des critères d’éligibilité des associations bénéficiant des projets INDH. Dès le lancement de l’initiative, plusieurs associations ont vu le jour.
-    Le manque de moyens en termes de ressources humaines qualifiées et de logistique au sein des services chargés de l’INDH.
-    La faible implication de certains partenaires comme les conseillers communaux et les services extérieurs (éducation, santé, équipement, jeunesse et sports et agriculture) dans la mise en œuvre des projets de l’INDH.
-    L’inadéquation entre les outils de financement prévus pour les projets et les contraintes locales.
Où se situe le vrai problème ?
Que faut-il faire maintenant pour combler les failles de cette initiative ? Par quoi faut-il commencer ?
Claude Lévi-Strauss a dit que «le savant n’est pas l’homme qui fournit de vraies réponses, c’est celui qui pose de vraies questions », c’est-à-dire cibler le point-clé du problème.
De mon point de vue, il ne suffit pas, seulement, d’aider financièrement les gens pour concrétiser les projets mais le plus important est de renforcer l’ancrage de la confiance en soi et en l’avenir pour ces gens, en les impliquant et les intégrant dans toutes les étapes de la réalisation de leurs projets. Cela veut dire que l’importance est donnée à l’être humain en tant qu’acteur et bénéficiaire, ce qui reflète l’idée d’Amartya Sen  qui précise que le développement de l’homme est par l’homme et pour l’homme.
Ne dit-on pas: «Si tu penses à un an, sème une graine, si tu penses à dix ans, plante un arbre, si tu penses à cent ans, change la conscience de l’homme»?
 J’estime donc  que  nous devons travailler tous ensemble pour mettre fin à un passé caractérisé par une approche sécuritaire qui a bloqué longtemps le développement humain au Maroc, en ouvrant un vrai débat fructueux qui doit réunir tous les acteurs pour mettre en place une plateforme de travail fondée sur la participation, la gouvernance  et la convergence où tous les acteurs de développement, Etat, société civile, secteur privé et population ciblée, doivent participer à  l’élaboration et à la gestion des programmes de l’INDH.
Le Maroc dispose de tous les moyens et des ressources humaines et naturelles  pour relever les défis du développement humain. Il ne lui faudrait  qu’une seule chose : la volonté.

*Doctorante chercheur
 à la Faculté des sciences
juridiques, économiques,
et sociales – Agdal
(Université Mohammed V)

Par Ibtissam El Rhali
Vendredi 26 Juillet 2013

Lu 979 fois


1.Posté par DevHope le 26/07/2013 12:59
Bel article! nous aimons l'engagement et la sincérité de cet article avec ses analyses effectuées pour conclure l'état de l'indh. Il est idéal de primer le social pour l'intérêt général. Par la volonté et la détermination, on affronte plus facilement les problèmes. Il faut une volonté et des actions participatives pour bien-être social. Car quand le social est bossté et équilibré, il devient plus productif pour le développement harmonieux d'une nation. En ce qui concerne les projets, nous sommes aussi d'avis: vaut mieux apprendre aux gens à pêcher du poisson que de leur en donner". Pour pallier à ce problème, notre réseau social solidaire "devhope" accompagne juste les porteurs actifs de projets d'intérêt général dans le financement de leur projet soumis sur la plateforme, par la levée des fonds via le financement participatif en ligne. Par la tendance et l'évolution des technologies de l'information et de la communication, nous mettons au service du développement durable, local et solidaire, notre outil pour un meilleur développement humain où l'engagement solidaire et la citoyenneté participative sont prônés pour des investissements responsables et utiles.

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