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Vers quel Développement ?


‘’Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrira une fois, si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie’’[1].



Vers quel Développement ?
 
Dans la mesure où l’individu constitue la richesse principale d'une nation, la lutte contre la pauvreté ne doit pas se réduire à fournir des services sociaux aux populations (pistes, eau potable, foyers de jeunes filles, dispensaires,...). Si ces prestations contribuent à soulager certains maux tels que l’enclavement, la déperdition scolaire, et les problèmes de santé, ils ne peuvent, par contre, pas assurer un développement durable.
Malheureusement, la plupart des pays en voie de développement ne peuvent pas garantir les services collectifs efficaces et universels à leurs populations, malgré les efforts déployés depuis l’indépendance, le Maroc subit les conséquences des expériences ratées en matière de développement humain et la lutte contre la pauvreté, des expériences engendrées un retard accumulé par des échecs suite aux retombées des programmes d’ajustement structurels.
C’est pourquoi l’individu doit prendre le relais de l’Etat pour élaborer des actions sociales. En effet, une dimension nouvelle de la pratique des politiques sociales a émergé. Il s’agit de la prise en charge par la société civile et le secteur privé de la satisfaction de certains besoins sociaux de la population. .
        Aujourd’hui, 8 ans après le lancement de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH[[2], forums, séminaires et rencontres ont été organisées. Des études et rapports ont été menés sur la première phase 2005-2010 pour présenter les résultats de cette initiative. Si on essaye d’analyser la situation actuelle, on constate que l’INDH a permis de réduire le taux de pauvreté de 36% à 21% dans les zones ciblées, 22 000 projets financés et 5,2 millions de bénéficiaires, 33% des projets sont portés par les femmes et 13% par les jeunes.
Mais malgré ces résultats, le Maroc est situé au 130ème rang sur 180 pays au classement du développement humain  selon le dernier rapport du PNUD[[3],  cela veut dire, il existe encore des contraintes et des points noirs qui demandent  beaucoup d’efforts pour mettre le train du développement sur les rails.
Si l’INDH est perçue comme un levier de développement humain au niveau institutionnel, sur le terrain, c’est autre chose. L’INDH est une pompe d'argent pour certains gens, d’après les témoignages des différentes acteurs (société civile, élus locaux, population cible, ….), les limites de cette initiative existe dans le ciblage de la population défavorisée, les mécanismes de financement, et au niveau de la mise en œuvre  de ces  programmes  à savoir :
 _ La défaillance du suivi des projets de l’INDH à la fois de la part des porteurs des projets et des structures territoriales de gestion. A cause du faible niveau de technicité de ces acteurs dans ces projets
 _ L’Absence des critères de choix et de sélection des membres des comités de développement humain [[4].
 _ L’octroi des subventions qui se fait à la hâte en tuant l'esprit d'initiative et développant la mentalité d’assistés.       
 _ L’inefficacité des critères d’éligibilité des associations bénéficiant des projets INDH, dès le lancement de l’initiative, plusieurs associations ont vu le jour.
_ Le manque de moyens en termes de ressources humaines qualifiées et de logistiques au sein des services chargées de l’INDH.
 _ La faible implication de certains partenaires comme les conseillers communaux et les services extérieures ‘ secteur éduction, santé, équipement, jeunesse, agriculture’ dans la mise en œuvre des projets de l’INDH.
_ L’inadéquation entre les outils de financement prévus pour les projets et les contraintes locales.
              « Les acteurs sociaux ne sont pas tous qualifiés pour réaliser des projets sociétaux »[[5] 
Où se situe le vrai problème ? Que faut-il- faire maintenant pour éviter les failles de cette initiative ? Par quoi faut-il commencer ?
Lévi-Strauss[[6] a dit que « Le savant n'est pas l'homme qui fournit de vraies réponses, mais celui qui pose de vraies questions », c'est-à-dire cibler le point-clé du problème.
        « Pas de pistes d’amélioration ou des remèdes pour surmonter les défaillances Mais il n’existe pas des recettes magiques ou des solutions miracles »[7]
         A mon point de vue, Il ne suffit pas, seulement, d’aider financièrement les gens pour concrétiser les projets mais le plus important est de renforcer l’ancrage de la confiance en soi et l'avenir pour ces gens, en les impliquant et en les intégrant dans toutes les étapes de la réalisation de leurs projets. Cela veut dire, que l’importance est donnée à l’être humain en tant qu’acteur bénéficiaire. Ce qui reflète l’idée d’Amartya Sen[8]  qui précise que le développement de l’homme est par l’homme et pour l’homme.
     On dit « si tu penses à un an, sème une graine, si tu penses à dix ans, plante un arbre, si tu penses à cent ans, change la conscience de l’homme ».
       J’estime  que  nous devons travailler tous ensemble pour mettre fin avec un passé caractérisé par une approche sécuritaire qui a bloqué longtemps le développement humain au Maroc, en ouvrant un vrai débat fructueux qui doit réunir tous les acteurs pour mettre en place une plateforme de travail fondée sur la participation, la gouvernance , et la convergence où tous les acteurs de développement « Etat, société civile, secteur privé, population ciblée » participent dans l’élaboration et la gestion des programmes de l’INDH.
le Maroc dispose de tous les moyens et les ressources humaines et naturelles  pour relever les défis de développement humain, il faut  une seule clef ; la volonté ………..
 
 
    Ibtissam EL RHALI
Doctorante chercheur – Faculté des sciences Juridiques, Economiques, et Sociales – Agdal 
Université Mohamed V – Agdal - Rabat
 

[1] Proverbe chinois
[2] INDH : Initiative Nationale pour le Développement Humain.
[3] PNUD : Programme des Nations Unies Pour Le Développement .
[4] CLDH : comite local pour le développement humain
[5]  Entretien avec une association féminine de développement rural, Octobre 2012
[6] Claude Lévi-Strauss : Anthropologue et Ethnologue Français .
[7] Entretien avec un membre associatif , Octobre 2012
[8] Amartya Sen : économiste et philosophe indien. Spécialiste des problématiques de la pauvreté et du développement, Prix Nobel d'économie en 1998.


Ibtissam EL RHALI
Mardi 16 Juillet 2013

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