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Une violence effroyable à huis clos




Aujourd’hui c’est toute la Syrie qui se soulève alors que la répression est de plus en plus violente. Pour réprimer son peuple, qui a vaincu le mur de la peur, le pouvoir en place use de tous les moyens en sa possession pour punir les Syriens qui osent le défier. Dernier moyen utilisé, les hélicoptères qui ouvrent le feu sur les manifestants qui marchent en criant « Silmya Silmya, pacifique, pacifique ! » Qu’à cela ne tienne, les autorités sont là pour sévir…Elles ne permettent aucune « dérive» sous le regard d’un monde presque médusé.
Certes, il y a quelques tentatives pour condamner la violence que subit la population syrienne, mais du bout des lèvres. Une résolution de condamnation en préparation au Conseil de sécurité de l’ONU ne risque jamais d’aboutir. Russes et Chinois, menaçant d’utiliser leur droit de veto, veillent à ce que leurs protégés à Damas ne soient pas inquiétés. Ils peuvent continuer à tuer ou blesser sans crainte. C’est à une confrontation ouverte entre d’un côté, soldats, milices, snipers, visiteurs du soir qu’on appelle les chibbihas, les fantômes et de l’autre, une population pacifique qui a pour seule arme son courage, sa bravoure. Les Syriens longtemps considérés comme craintifs et peureux, étaient en fait effrayés par la machine de répression que le régime d’Al Assad sait manier. C’est par la peur que le pouvoir de Damas a pu se maintenir.
Certainement encouragés par les soulèvements dans d’autres pays arabes, en Tunisie et en Egypte notamment, les Syriens se sont révoltés et ont décidé de faire sauter le bouchon de la peur.
Le mouvement déclenché à Daraa, au nord du pays s’est propagé dans d’autres régions du pays. C’est toute la Syrie qui est en ébullition aujourd’hui.
 Le régime a beau utiliser des manœuvres pour faire baisser la tension et gagner du temps en annonçant des réformes, particulièrement la levée de l’état de siège en vigueur depuis des décennies, la population n’a pas été dupe. La répression a continué et de plus belle. C’est la barbarie érigée en mode de gouvernance. Les morts et les blessés se comptent par milliers, n’épargnant personne même pas des enfants. C’est le cas de Hamza Al Khatib, âgé de 13 ans, sévèrement torturé et achevé par trois balles. Son portrait est aujourd’hui connu à travers le monde. C’est une honte qui éclabousse le régime syrien. Et le nombre de Syriens qui choisissent l’exode est en augmentation. La Turquie qui reçoit le gros des exilés se trouve confrontée à un véritable problème humanitaire.
Jusqu’à quand le monde va se complaire dans son attentisme et laisser le régime syrien sévir contre sa population en toute impunité ?
On sait que l’Europe a pris quelques mesures de rétorsion, mais que représentent-elles ? Elles restent symboliques, car elles ne touchent en rien l’appareil répressif de Damas.  Le régime syrien bénéficie jusque-là d’une certaine complaisance de la part de plusieurs pays pour des raisons économiques ou stratégiques.
Pour ces différents calculs, doit-on laisser le pouvoir syrien se venger de son peuple à huis clos ?

Youssef BENZAHRA
Lundi 13 Juin 2011

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