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Une seule et unique femme, des technocrates et des revenants : Le gouvernement Benkirane nommé par le Roi




Une seule et unique femme, des technocrates et des revenants : Le gouvernement Benkirane nommé par le Roi
C’est fait. Le gouvernement Benkirane vient d’être officiellement nommé par le Souverain. Cela s’est passé hier, mardi 3 janvier 2012 aux environs de 13H45 à la salle du Trône, au Palais Royal de Rabat.
Le secrétaire général du PJD, désigné au poste de chef de gouvernement le 29 novembre dernier, aura finalement mis un tout petit peu plus d’un mois pour former son Exécutif.
Avec quatre partis au pouvoir et 28 ministères, l’architecture de ce 30ème gouvernement du Maroc indépendant n’a pas connu de bouleversement majeur, hormis quelques légers changements comme l’Artisanat qui est érigé en ministère à part entière ou encore la création d’un secrétariat d’Etat au budget. Les velléités de regroupement ou de scission de départements annoncés par le chef de gouvernement n’ont pas eu lieu. La Culture ne rejoindra pas la Communication. Le ministère de l’Intérieur ne sera pas scindé en deux volets, sécuritaire et collectivités locales. L’Agriculture ne se départira pas non plus de la Pêche.
Autre non changement, le nombre de ministres de l’Exécutif conduit par A. Benkirane. Ils sont 28, placés sous l’autorité du chef de gouvernement. Cinq parmi ces nouveaux ministres n’appartiennent à aucun parti politique. Gros plan sur le ministère de l’Agriculture dont le locataire est (encore) Aziz Akhennouch qui a démissionné, dimanche 1er janvier, du Rassemblement national des indépendants pour rejoindre, en technocrate, le nouveau gouvernement.
Gros plan aussi sur l’Intérieur dont le ministre délégué est désormais Charki Draiss, jusque-là directeur général de la sûreté nationale. On s’en souvient, Abdelilah Benkirane avait concédé, dès ses premières déclarations à la presse, des ministères qu’il a décrit comme sensibles et ne devant pas aller aux partis. Le gouvernement de Benkirane signe donc le retour de départements de souveraineté –un concept qui n’existe pas dans la Constitution- : les Habous et Affaires islamiques, le secrétariat général du gouvernement et l’Administration de la défense. Ahmed Taoufik, Driss Dahak et Loudiyi sont donc maintenus à leurs postes. Petite consolation ou avancée légère, l’Intérieur et les Affaires étrangères sont par contre partisans. Mohand Laenser, le leader du Mouvement populaire, est le nouveau ministre de l’Intérieur tandis que Saad-Eddine El Othmani, le président du conseil national du PJD, devient le chef de la diplomatie marocaine, en succession  à Taieb El Fassi. Il sera flanqué de Youssef Amrani, fraîchement réconcilié avec l’Istiqlal, nommé ministre délégué aux affaires étrangères.
Grosse déception : une seule femme au gouvernement
La plus grosse déception réside dans la présence d’une seule et unique femme dans cette équipe ministérielle. Bassima Hakkaoui, figure emblématique du PJD, est ministre du Développement social, de la Femme, de la Famille et de la Solidarité. Les islamistes ont été les seuls à conjuguer la ministrabilité au féminin. Les trois autres partis de la coalition, l’Istiqlal, le PPS et le Mouvement populaire, ont sacrifié leurs militantes sur l’autel de l’exercice du pouvoir. L’Istiqlalienne Kenza Ghali et la PPS Guejmoula Ben Abbi ne résisteront pas aux secrètes négociations et passeront à la trappe…Que s’est-il passé ? Pourquoi le chef de gouvernement n’a-t-il pas réussi à imposer à ses partenaires de la majorité la féminisation de l’Exécutif qui comptait 7 femmes ministres ? Et quel crédit accorder à la thèse selon laquelle les partis politiques seraient confrontés à une crise des compétences féminines
Le leader des islamistes dont le parti s’est classé premier aux législatives du 25 novembre dernier a été mis à l’épreuve des tractations, des négociations voire des pressions avant que son équipe ministérielle ne voie enfin le jour. Les consultations avec les autres formations politiques composant la coalition gouvernementale –l’Istiqlal, le PPS et le Mouvement populaire- auront été plus difficiles que prévu. Les Istiqlaliens ont été, on le sait, des négociateurs redoutables, allant jusqu’à menacer de bloquer le processus de formation du gouvernement. Après s’être assuré de la présidence de la Chambre des représentants, l’Istiqlal a décroché six ministères : l’Economie et les Finances (Nizar Baraka), l’Artisanat (Abdessamad Qayouh),  l’Energie et Mines (Fouad Diouri), l’Education nationale (Mohamed El Ouafa), le ministère délégué aux Affaires étrangères (Youssef Amrani)  et enfin celui en charge de la Communauté marocaine à l’étranger (Abdellatif Maâzouz).
Le secrétaire général du  PPS et désormais ministre de l’Habitat, l’Urbanisme et la Politique de la ville s’est, lui aussi, révélé fin négociateur. Avec ses 18 députés, ce parti a réussi à occuper quatre ministères plutôt importants. Outre l’Urbanisme, les anciens communistes ont en charge l’Emploi et la Formation professionnelle (Abdelouahed Souhail), la Santé (El Hossein El Ouardi) et la Culture (Amine Sbihi). Les quatre nouveaux  ministres représentant le PPS au sein du gouvernement Benkirane sont membres du Bureau politique de cette formation politique.
Quant au Mouvement populaire, il se contentera de quatre portefeuilles, autant que le PPS. Les Harakis sont responsables de l’Intérieur –malgré toutes les résistances du PJD-, de la Jeunesse et des Sports (Mohamed Ouzzine), du Tourisme (Lahcen Haddad) et de la Modernisation des secteurs publics (Abdelâdim El Guerrouj).
Fort de ses 107 sièges remportés lors de ces dernières législatives, le PJD décroche le gros lot et occupe 11 ministères : les Affaires générales et Gouvernance (Najib Boulif), la Justice et les Libertés (Mostafa Ramid), l’Equipement et les Transports (Abdelaziz Rabbah), les Affaires étrangères (Saad-Eddine El Othmani), l’Enseignement supérieur (Lahcen Daoudi), le Commerce et l’Industrie (Abdelkader Amara),  les Relations avec le Parlement (Habib Choubani), le Budget  (Driss Azami), le Développement social, la Femme et la Famille (Bassima Hakkaoui), la Communication et porte-parole du gouvernement (Mostafa Khalfi) en plus d’un ministère d’Etat qui est revenu à Abdallah Baha, fidèle parmi les fidèles d’Abdelilah Benkirane.
Dès sa désignation, le chef de gouvernement avait promis des têtes nouvelles, la féminisation et le rajeunissement des troupes. Ce ne sera pas vraiment le cas, les trois autres partis qui forment sa majorité n’ayant pas vraiment joué la carte du changement…

Narjis Rerhaye
Mercredi 4 Janvier 2012

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