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Une semaine après le début de la campagne électorale : La population suit avec détachement la campagne des législatives




Une semaine après le début de la campagne électorale pour les élections législatives du 10 mai en Algérie, les candidats peinent encore à séduire les électeurs davantage préoccupés par les problèmes sociaux que par leurs discours.
Plus de 21 millions d'électeurs sont appelés à renouveler l'Assemblée populaire nationale (APN-Chambre basse du Parlement) dotée maintenant de 462 sièges, soit 73 députés supplémentaires, selon un scrutin de liste à la proportionnelle départementale.
"La population suit avec désintérêt cette campagne électorale. Cette attitude n'est pas surprenante: les discours des candidats n'apportent rien de nouveau, c'est toujours les mêmes promesses et les électeurs n'y croient plus", a déclaré à l'AFP le politologue Rachid Grim.
Outre la participation, la seule inconnue du scrutin demeure le score islamiste, après la victoire aux législatives des formations de cette mouvance dans les pays du Printemps arabe, Tunisie et Egypte notamment, où des pouvoirs en place depuis des décennies ont été renversés.
A Alger, principale circonscription électorale du pays avec 37 députés, les panneaux d'affichage installés dans plusieurs quartiers, restent majoritairement vides, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Les réformes politiques qui ont conduit à ce scrutin n'ont rien changé, dans le quotidien des Algériens qui sont beaucoup plus préoccupés pour le moment par les problèmes sociaux qui pèsent lourdement sur la campagne électorale", a ajouté M. Grim.
"Promesses de logements, d'emplois et d'amélioration du pouvoir d'achat. Voilà, en gros, à quoi ont droit ceux qui peu, nombreux consentent encore à aller remplir les salles des meetings des partis politiques. Des promesses déjà faites à la veille des scrutins passés (et) ressassées en cette année 2012", notait l'éditoraliste du quotidien francophone Liberté.
Le président Abdelaziz Bouteflika a promis, il y a un an, poussé par le souffle du Printemps arabe, des réformes qui ont notamment mené à l'agrément de 23 nouveaux partis politiques et à l'accroissement du nombre de députés, notamment chargés d'amender la Constitution.
En janvier 2011 des émeutes contre la hausse des prix et la spéculation avaient fait cinq morts et plus de 800 blessés, elles furent suivies d'une série de mouvements réclamant des emplois fixes, un avenir pour les jeunes, des augmentations salariales et des logements dans ce pays richissime en hydrocarbures.
"La conjoncture n'est pas favorable. Elle va même à l'encontre de toutes les promesses des candidats avec la flambée vertigineuse des produits de consommation courante", observe M. Grim. Depuis début février, les prix des fruits et légumes ont flambé. La pomme de terre, aliment de base, a quasiment quadruplé passant à 120 dinars le kilo (1,2 euro environ) pour un salaire minimum de 18.000 dinars (180 euros).
"La population ne peut pas se mobiliser dans de telles conditions", juge le politologue.
Selon la presse, les nombreuses réunions électorales à travers les 48 wilayas (départements) ne drainent pas les foules. Le Front de libération national (FLN, au pouvoir), majoritaire dans l'Assemblée sortante, a dû annuler un rassemblement à Relizane (300 km à l'ouest d'Alger), faute de public.
Certains partis ne se sont pas exprimés à la radio faute d'orateurs.
Ce début de campagne "sans relief", selon le journal El Watan, fait craindre une forte abstention malgré les appels des autorités et des partis à un vote massif.
Depuis des semaines, M. Bouteflika, dont le troisième mandat s'achève au printemps 2014, presse régulièrement les Algériens à aller voter.
"Le vrai grand parti en Algérie, c'est celui de l'abstention. Le peuple sait que le pouvoir se moque de lui", affirme M. Grim.
Aux dernières législatives de mai 2007 en Algérie, la participation n'avait pas dépassé 37%, le plus faible taux à des législatives dans le pays.

AFP
Lundi 23 Avril 2012

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