Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Une semaine après l’attaque contre le métro de Moscou : La violence gangrène le Caucase russe




Une semaine après le double attentat suicide dans le métro de Moscou, un poste de police de Karaboulak, la quatrième ville d'Ingouchie, a été pris pour cible lundi matin. Un kamikaze s'est fait exploser au moment où il s'apprêtait à entrer dans le bâtiment, tuant les deux policiers qui lui avaient demandé ses papiers. Moins d'une heure plus tard, alors que les enquêteurs s'affairaient sur place, une voiture piégée a explosé à son tour, blessant trois policiers et un fonctionnaire du parquet local.
Selon la police, cette méthode de la double explosion est de plus en plus prisée. Elle est le moyen pour les assaillants d'atteindre des fonctionnaires de haut rang dépêchés sur les lieux de la première attaque. Mercredi, douze personnes, dont une majorité de policiers, sont ainsi mortes dans un double attentat suicide à Kizliar, ville daguestanaise proche de la Tchétchénie.
C'est du Daguestan que venaient les deux femmes kamikazes du métro de Moscou. Le journal Novaya Gazeta a publié lundi sur son site l'interview d'un Daguestanais qui affirme que sa fille, Mariam Shapirova, 28 ans, est la deuxième terroriste présumée. «Ma femme et moi l'avons immédiatement reconnue», confie Rasoul Magomedov, qui n'a vu que dimanche les photos de la tête de femme décapitée diffusées par les autorités. Mardi, les services spéciaux russes ont confirmé qu'il s'agit bien de cette jeune femme.
Hébété, ce professeur de russe ne comprend pas le geste de sa fille, elle aussi enseignante, «religieuse mais pas extrémiste». Selon lui, et malgré les accusations des renseignements, qui la présentent comme la femme du rebelle islamiste Magomedali Vagobov, elle n'était pas mariée (elle porte le nom de famille de son grand-père). La jeune femme avait disparu le 28 mars, veille des attentats, après avoir accompagné sa mère au marché de Makhatchkala, la capitale du Daguestan.
Vendredi, les autorités avaient formellement identifié Djennet Abdourakhmanova, une Daguestanaise de 17 ans, «veuve noire» d'un combattant tchétchène, comme la kamikaze de la station Park Koultoury.
Les visages de l'adolescente et -peut-être de l'enseignante ont rappelé aux Russes une guerre qu'ils avaient préféré oublier. Selon le site Internet spécialisé Kavkazkii Uzel, quelque 167 attentats à la bombe ont secoué le Caucase russe en 2009, faisant 319 morts en Ingouchie, 280 en Tchétchénie et 263 au Daguestan.
La presse moscovite, qui a sévèrement critiqué ces jours-ci l'incapacité du gouvernement d'en finir avec ce conflit, est d'ailleurs priée de revenir à plus de docilité. Boris Gryzlov, le président de la Douma, accuse les quotidiens Moskovskii Komsomolets et Vedomosti connivence avec les terroristes: «Le lien entre ces publications et les terroristes soulève des soupçons», a-t-il déclaré. Un autre député de Russie unie a tout bonnement soumis à la Douma une proposition de loi visant à interdire aux journaux de reproduire les propos des terroristes.

Libé
Mercredi 7 Avril 2010

Lu 205 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs