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Une saison footballistique ponctuée par plus de tops que de flops


Avec une moyenne de 2,2 buts par match atteinte, on doit regarder des images en noir et blanc pour trouver trace d’un rendement offensif aussi impressionnant.



Toutes les saisons qui s’achèvent n’évoquent pas instantanément la nostalgie, comme celle-ci y parvient, et il faut vraiment être Kénitri ou Tadlaoui pour avoir envie d’oublier ce palpitant exercice. Il marquera les mémoires parce que le Wydad, doté de la meilleure attaque (49 buts) est un champion au mérite, qui a lutté jusqu’à  l’avant-dernière journée pour être sacré pour la quatorzième fois de son histoire après l’indépendance. Un WAC poussé dans ses derniers retranchements par son dauphin, le Difaa Hassani El Jadidi qui, tel un phœnix, a réussi à renaître de ses cendres en réalisant un parcours inattendu au vu de son précédent exercice (13ème), en s’appuyant notamment sur une invincibilité à domicile. A cela s’y est greffée la menace constante de l’éternel rival du champion en titre, le Raja de Casablanca, qui en dépit d’être le champion du nul (12) et de crises internes sur fond monétaire, a réussi à s’accrocher aux pattes de ses devanciers jusqu’aux ultimes journées pour finir sur la dernière marche du podium.
Une moyenne de 2,2 buts par match a été atteinte. On doit regarder des images en noir et blanc pour trouver trace d’un rendement offensif aussi impressionnant. Le Championnat du Maroc arrive, pianissimo, à s’arracher à ses habitudes pour cesser d’être cette compétition d’épiciers où l’immense majorité des équipes songe à ne pas encaisser de buts avant de réfléchir éventuellement à l’idée d’en marquer. Notamment dans le jeu, où 41 % des buts qui ont fait trembler les filets trouvaient leur origine dans la construction des actions.
Les tribunes ont parfois gâché la fête et les techniciens ne peuvent pas y être pour grand-chose. Il est difficile d’incriminer des entraîneurs qui ont au-dessus de leur tête la menace du remerciement comme une épée de Damoclès. Ainsi, 18 limogeages ont été opérés par 13 clubs de l’élite. Mais le vent venu d’ailleurs est toujours frais. Assis sur des principes séduisants, Aziz  El Amri a fait passer l’ASFAR de la douzième à la sixième position en cinq mois, au même titre que ses homologues du CRA, Youssef Fertout et du KACM, Ahmad El Bahja qui ont réussi à échapper aux abîmes de la relégation.  
La victoire a souri à ceux qui ont attaqué, même si les Jdidis (45 buts, deuxième attaque), coachés par Abderrahim  Taleb, auraient pu viser plus haut s’ils avaient su mieux défendre et gérer un effectif qui place le plus grand nombre de joueurs dans le Top 20 des temps de jeux (5). Aux même titre que le Raja qui était plus fort derrière que devant, en comptant la meilleure défense (16 buts encaissés) mais a souffert de l’absence d’un avant-centre, preuve en est, les 9 buts d’Issam. Erraki qui le placent en pole position des buteurs du club.  
Des buteurs, il y en avait quand même beaucoup, cette saison, ce qui laisse l’espoir d’en garder quelques-uns, à commencer par Z. Krouch (MAT), M. El Fakih (KACM), O.Azzarou (DHJ),  et le défenseur du HUSA, monsieur 100 % penalty, J. Daoudi (14 buts dont 9 penalties) ont marqué plus de 10 fois. Une telle densité d’attaquants n’avait plus été observée depuis la saison 2012-2013 ( 6 joueurs à plus de 10 buts). Et on peut penser que seul le Wydadi W. Jebbour (19 buts en 26 matchs) va voguer vers d’autres cieux, là ou l’herbe est plus verte, après avoir été abreuvé d’offrandes par le meilleur passeur du championnat Ounajem (7 passes décisives).
Dans un registre moins festif, le KAC, vainqueur du concours du plus grand nombre de défaites (17) et présent dans l’élite depuis 10 saisons, va retrouver la galère de la seconde division, en compagnie de la JSKT (16 défaites) qui ne déroge pas à la règle qui veut que lors des 5 dernières saisons, au moins un promu ne fait que passer en première division.
Si le manque de fair-play n’a pas de visage, il a un écusson, celui du DHJ qui à récolté la bagatelle de 50 biscottes et 11 cartons rouges (dont 10 à domicile) et ne décrochera pas la palme de l’esprit Coubertin qui revient à l’OCK. L’équipe khouribguie est parvenue à garder la froideur de ses nerfs malgré un maintien acquis tardivement (35 jaunes pour une exclusion).
Ces nombreux signaux positifs n’ont toutefois pas provoqué de regain populaire, parce que les supporters ont été trop souvent pointés du doigt pour leur surplus d’agressivité et leur manque d’organisation. Pourvu que le tir soit rectifié lors de la prochaine saison que l’on espère sera beaucoup plus gratifiante en spectacle de qualité.


Chady Chaabi (Stagiaire)
Mardi 30 Mai 2017

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