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Une enquête diligentée pour déterminer les responsabilités : Mohammedia coupée du reste du pays




Une enquête diligentée pour déterminer les responsabilités : Mohammedia coupée du reste du pays
Destin ou malédiction ? Négligence ou incompétence ? Qui peut trancher sans être aussitôt contredit ? Sur le tas, le constat est amer : encore une fois, la province de Mohammedia croule sous les eaux. De nombreuses victimes et d’énormes  dégâts matériels sont à déplorer. Des quartiers entiers inondés, notamment les célèbres et historiques bidonvilles qui encerclent la ville des roses. Les ponts sont bloqués. Les grands boulevards le sont également. Les trafics routier et ferroviaire sont paralysés. Les passages souterrains sont devenus inaccessibles et inexploitables. Les activités commerciales et industrielles sont momentanément bloquées. La ville, elle-même, est isolée du reste du pays. Ce qui a engendré un grave problème aux habitants qui n’ont pas réussi à se rendre à leur travail. En un mot : c’est la catastrophe.
Ceci dit, les responsables de la ville ont manqué à leurs promesses. Depuis quelques mois, ils avaient affirmé à l’opinion publique que les intempéries ne menaçaient plus la ville ni ses infrastructures industrielles.  Surtout qu’une importante enveloppe budgétaire a été allouée à cet effet par le ministère de l'Intérieur, le secrétariat d'Etat chargé de l'Eau et de l'Environnement, le Conseil de la région du Grand Casablanca, la commune urbaine de Casablanca et certaines sociétés locales, telles que la Samir et la Lydec.
Selon un rapport de la province, «une enveloppe budgétaire de 688,928 millions DH a été allouée ces dernières années à la réalisation de onze projets pour la protection de la ville de Mohammedia contre les inondations, dont 35,4 MDH destinés au financement des projets d'accompagnement», avait souligné  auparavant un rapport de la préfecture de Mohammedia. Et d’ajouter : «Ces projets ont concerné la mise en place depuis 2004 de canaux d'assainissement sur une longueur de 1.000 mètres et une superficie de 120 m2 avec une enveloppe de 70 MDH. Ils concernent également la réalisation d'ouvrages pour protéger le boulevard Sidi Mohamed Ben Abdellah sur une longueur de 1.600 mètres (4,18 MDH) dont les travaux ont été achevés en 2003 et le boulevard Chefchaouni ainsi que Douar El Haj, respectivement d'une longueur de 150 mètres (273 MDH) et 200 mètres (425 MDH)».
D’autre part, «la construction du barrage Boukarkour sur l'Oued El Maleh d'une capacité de 57 millions m3, qui s'est achevée en avril 2005, a nécessité, d’après la même source, une enveloppe de 336 MDH, alors que la construction du barrage Hassar sur l'un des versants de l’Oued El Maleh dans la commune de Chellalates sur une superficie de plus de 30 Km2, a coûté 10 MDH. Le dernier projet porte sur la construction du barrage El Maleh d'une capacité de 110 millions de m3 avec une enveloppe de 160 MDH.  Rappelons qu’«en novembre 2003, la Samir a, pour sa part, réalisé une digue de 1.800 mètres pour un investissement de 12 MDH en plus d'un ouvrage de protection pétrolière d'une longueur de 1.200 mètres (7,5 MDH)», précise ledit rapport. «Une digue a été également construite pour protéger le site du golf Royal sur une longueur de 1.800 mètres avec une enveloppe de 2,65 MDH », indique le rapport, ajoutant que l'aménagement du Lac Aïn Tekki pour la protection de la zone-est de la ville contre des inondations a été réalisé avec un coût de 1,55 MDH». Sans oublier que des budgets énormes ont été alloués aux mesures d'accompagnement des opérations d'aménagement.
D’après le même rapport de la préfecture, il a été procédé au relogement des familles sinistrées pour un coût de 20 MDH, à la reconstruction du Pont Blondin (14 MDH), au renforcement du Pont portugais (400.000 DH), en plus de la construction du canal de délestage d’Oued El Maleh sur une longueur de 2.000 mètres (1 MDH).  En somme, tous ces efforts et ces budgets énormes débloqués pour faire face aux inondations cycliques qui s’abattent sur la ville se sont soldés par un échec patent.
Les dernières pluies ont été catastrophiques sur tous les plans. D’où l’obligation d’une enquête impartiale pour déterminer les responsabilités. C’est ce que réclament des élus de la ville, notamment de l’opposition. Pour eux, «il est temps que les responsabilités dans ce désastre devenu annuel soient  définies et que les coupables soient punis».
Selon des sources concordantes, le ministère de tutelle prévoit également dans les jours à venir l’ouverture d’une enquête au niveau de la province pour vérifier le bien-fondé des déclarations précédentes des responsables locaux et s’enquérir de l’efficacité des chantiers. Il serait même probable, selon nos sources, que certains responsables se verront obligés de comparaître devant la Cour des comptes. En attendant, plus de 10 mille personnes passeront de rudes  nuits blanches dans la rue. D’autres risquent le licenciement si  l’on ne parvient pas à dégager les voies dans les prochaines heures.
Notons dans ce sens que la colère des habitants est à son comble. Les actions de secours se sont concentrées sur les  bidonvilles, notamment Al Massira où des centaines de familles ont passé la nuit sous les pluies après la destruction de leurs baraques. Surtout que «la société Lydec n’avait diligenté la nuit du lundi au mardi qu’un seul ouvrier pour évacuer les eaux qui inondaient le bidonville. Ce malheureux qui a failli être emporté par les égouts, n’était muni que d’un fil de fer qu’il utilisait pour déboucher le réseau d’assainissement», témoignent les habitants du bidonville. Dans d’autres régions, les habitants sont livrés à eux-mêmes, sous la menace des pluies torrentielles. Seule une visite de courtoisie d’un haut responsable a été enregistrée dans deux quartiers de la ville. Les jeunes des quartiers se sont mobilisés pour protéger leurs maisons en installant des sacs en plastique remplis de sable face à des torrents qui déferlaient sur la ville.  

Rida ADDAM
Mercredi 1 Décembre 2010

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