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Une dizaine de morts dans des violences à Bangui

Sangaris s'en va, les bandes armées dans les starting-blocks




Des affrontements entre groupes armés ont fait de nouveaux morts dimanche à Bangui. Des règlements de compte dimanche entre des "groupes d'auto-défense" dans le quartier musulman du PK5 auraient fait une dizaine de morts, selon un bilan de sources locales non encore confirmé par la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minsuca), désormais en première ligne face aux groupes armés.
Un premier bilan de source sécuritaire, dimanche, faisait état de quatre morts.
Aux alentours du PK5, les habitants continuaient lundi de fuir, redoutant de nouvelles violences. Un hélicoptère des forces internationales survole en permanence Bangui depuis 05H00 du matin, a constaté un correspondant de l'AFP.
Ces violences se sont produites alors que M. Le Drian est arrivé dimanche à Bangui pour officialiser la fin de l'opération Sangaris lancée fin 2013 pour éviter un "génocide", selon Paris, après le renversement du président François Bozizé.
Le gouvernement a dénoncé dans un communiqué un "plan machiavélique conçu par les ennemis de la paix", visant les populations de Bossangoa dans le nord, Bozoum et Bocaranga, dans le nord-ouest.
Après M. Le Drian, le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson, est attendu mardi à Bangui pour une visite de 48 heures, indique la Minusca.
Ces dernières semaines, les Centrafricains voient en effet - la peur au ventre - ces bandes reprendre leurs exactions à grande échelle à l'intérieur du pays. Selon la Minusca, elles ont fait au moins plusieurs dizaines de morts et contraint des villageois à se cacher dans la brousse.
Jeudi et vendredi, au moins 25 personnes, dont six gendarmes, ont été tuées lors d'affrontements à Bambari (centre) et ses environs, selon la Minusca.
Ces groupes sont essentiellement issus de factions parfois rivales de l'ex-rébellion Séléka à dominante musulmane, chassée du pouvoir après l'intervention française, de miliciens anti-balaka, se revendiquant chrétiens, mais aussi de groupes d'"auto-défense" d'éleveurs nomades peuls, de bandes spécialisées dans le racket routier et d'éléments "incontrôlés".
La Centrafrique peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka qui avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka.
Selon Paris, environ 350 militaires français, équipés de drones d'observation, resteront présents, dont une centaine au sein de la force de l'ONU.
Si Sangaris - dont l'action a été ternie par des accusations de violences sexuelles qui mettent en cause également la Minusca - a effectivement mis fin à la terreur des bandes armées, les Centrafricains attendaient de la France qu'elle les débarrassent de ces "combattants" qui les martyrisent depuis des années dans l'impunité la plus totale.
"Je trouve que cela a un goût d'inachevé et risque bien de replonger le pays dans une situation beaucoup plus dramatique", déclare ainsi à l'AFP, Edgar Ngbaba, enseignant, interrogé sur la fin de Sangaris, qui a compté 2.000 hommes au plus fort de la crise et quelques centaines ces derniers mois.
Le gouvernement centrafricain ne dispose pas de forces de sécurité capables de tenir tête aux groupes armés et doit s'en remettre à la Minusca.
L'inquiétude des Banguissois est nourrie par les nouvelles parvenant de l'intérieur du pays. Selon des sources centrafricaines jointes par l'AFP, plusieurs centaines d'ex-séléka lourdement armés et issus de factions rivales se sont regroupés récemment à Batangafo (350 km au nord de Bangui).

Mardi 1 Novembre 2016

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