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Une demande d’exploitation d’une nouvelle carrière à Awmrakt inquiète les habitants de Tafraout : Le granit de la discorde




Le dépôt tout récemment, auprès du conseil municipal de Tafraout, d’une requête pour l’obtention du permis d’ouverture  d’une nouvelle  carrière de granit au lieu dit Awmrakt, à quelques encablures de la ville, inquiète les habitants. Ces derniers redoutent que les services compétents avalisent cette demande dans les prochains jours. « Si cela venait à se réaliser, la carrière serait implantée encore tout près du village de Doutlzought», nous explique-t-on du côté de la municipalité. Ce n’est pas la première fois que le granit d’Awmarkt attise les convoitises des vendeurs de marbre. Deux autres carrières ont été auparavant ouvertes dans le site. Mais les travaux y sont à l’arrêt pour le moment. Les riverains, en l’occurrence les Idrraben, pour avoir pâti de la  promiscuité de  ces «chantiers incommodants», craignent de revivre   la même galère, en cas d’approbation des autorités concernées.  «Des nuisances sonores ininterrompues produites par les insupportables vrombissements  des marteaux-piqueurs et des nuages de poussières lourdes et suffocantes qui pollueront l’atmosphère et la végétation …Tout cela, nous devrons le supporter encore!». Mais pas seulement! L’usage massif des explosifs par les exploitants des deux carrières fermées, a déjà provoqué des fissurations dans toutes les habitations des villageois. «On imagine du coup ce que deviendront nos maisons, du fait que le lieu prévu pour la nouvelle carrière est dans le voisinage immédiat», s’alarme un Adrrab. Outre ces habitants qui auront à subir directement ces désagréments si l’exploitation de ce projet d’extraction de granit est acquise, les opérateurs touristiques de la ville ne cachent pas, eux aussi, leur appréhension. L’endroit  choisi ayant une vocation et une valeur touristiques pour la région. C’est un lieu de promenade pédestre  par excellence en raison des configurations attrayantes qu’offrent les montagnes surplombant Awmrakt. Ouvrir une autre carrière équivaut, selon ces opérateurs,  à un  «acte de vandalisme» qui portera atteinte à un patrimoine naturel qui constitue un grand atout dont s’enorgueillit la ville de Tafraout. Il suffit de savoir que le site avait même  inspiré le réalisateur américain, Robert Dalva, en 1983, qui est venu y tourner la dernière partie de son film, «The Black Stallion Returns » (Le retour de l’étalon noir). De ce fait, les habitants de Doutlzought et les opérateurs dans le secteur touristique lancent un cri d’alarme à l’adresse des responsables compétents  afin de ne pas octroyer d’autorisation pour l’ouverture de la carrière incriminée. Ils mettent en avant les dispositions de la loi régissant l’exploitation des carrières, en l’occurrence la loi 08-01, qui sont très explicites à ce sujet. Cette loi réglementant l’activité en question, proscrit en effet la délivrance  de permis d’exploitation, en cas de péril mettant en danger l’environnement, l’hygiène, la sécurité des habitations ou portant tout simplement atteinte à l’intérêt collectif des habitants. A voir tous les préjudices infligés à la nature et aux riverains des deux autres carrières d’Awmrakt, heureusement aujourd’hui en cessation d’activité, on est vraiment à se demander quelle inadvertance s’est emparée des responsables, pour permettre un aussi odieux  ravage. On se demande d’ailleurs comment ces mêmes responsables, après  l’arrêt de ces carrières, ont toléré que   les excavations sauvages et qui jurent encore aujourd’hui comme des furoncles au milieu du paysage féerique, soient  abandonnées sans aménagement des  lieux. Ceci, alors que les cahiers des charges réglementant les conditions d’exploitation de ces carrières stipulent clairement que les exploitants sont tenus, au terme de leurs activités, de remettre en l’état originel et de replanter ces espaces. Au moment où Tafraout se mobilise pour acquérir le statut du pays d’accueil touristique (PAT), les atteintes à son patrimoine naturel qui est sa richesse et son atout dans l’enjeu touristique et économique, ne répond pas vraiment à cette ambition. Aussi, est-il  plus que jamais urgent de protéger ces produits naturels inestimables. De ce  fait,  l’interdiction de tout  projet de carrière dans le site d’Awmrakt, doit être décrété. Il faut  aussi redonner  à ce dernier son intégrité et sa beauté d’antan. Par le  remblaiement de ces gouffres creusés et abandonnés sur les lieux d’installation des carrières délaissées  et la remise en l’état  de ces espaces  de manière à les intégrer  dans le milieu naturel.

IDRISS OUCHAGOUR
Lundi 1 Mars 2010

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