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Une croissance désespérément en berne

Quid des chiffres mirobolants promis par Benky and Co le temps d’une campagne ?




Une croissance désespérément en berne
Une nouvelle mauvaise nouvelle en cette veille de l’Aïd Al Adha. Contrairement à ses dires concernant le rythme de croissance, le gouvernement Benkirane conduit l’économie nationale vers l’abîme. Coup sur coup et en fort peu de temps, Bank Al-Maghrib et le HCP viennent de démentir ses prévisions de croissance. 
Selon une note d’information sur la situation  économique au deuxième trimestre 2014 rendue publique hier, le Haut-commissariat au plan a fait état d’une « baisse du rythme de croissance de l’économie nationale  se situant à 2,3% au lieu de 5% durant la même période de l’année 2013 ». 
La baisse de l’activité agricole et du rythme d’accroissement modéré des activités non agricoles a, selon le département d’Ahmed Lahlimi, contribué au fléchissement du rythme de  croissance.
Outre le fait que cellle-ci continue d’être tirée par la demande intérieure, l’arrêté des comptes nationaux montre que l’augmentation de la consommation finale nationale et de l’investissement s’est faite sur un rythme moins soutenu au cours de cette période. Alors que le besoin de financement de l’économie a vu son rythme ralentir, tout comme le niveau général des prix a enregistré un ralentissement de son rythme.
Dans un document publié récemment, le Haut-commissariat au plan (HCP) note que la croissance nationale reste globalement soutenue par les activités non agricoles. 
Selon le HCP, la valeur ajoutée du secteur primaire en volume a connu un recul de 2%, durant le deuxième trimestre de l’année 2014, après la forte croissance de 19,8% constatée durant la même période de l’année dernière.
« Cette évolution s’explique par une baisse de l’activité de l’agriculture de 2,6% au lieu d’une hausse de 20,2% une année auparavant et par une moindre augmentation de celle de la pêche à 7,1% au lieu de 15% », souligne-t-il.
En revanche, écrit le HCP, la valeur ajoutée du  secteur secondaire a réalisé une augmentation de 2,1% contre 0,5% durant le deuxième trimestre de l’année 2013. Et de préciser que « cette amélioration est le résultat de l’accroissement des valeurs ajoutées des activités ». En l’occurrence : l’industrie d’extraction qui a progressé de 6,8% au lieu de 1,7%, l’électricité et l’eau (5%), les industries de transformation (1,3%) et le bâtiment et les travaux publics de 0,2% au lieu d’une baisse de 1,3%.
Le HCP relève aussi que la progression au niveau du secteur tertiaire est restée la même que celle de l’année dernière, soit 3,5%. Avec une croissance positive de toutes les composantes tels les postes et télécommunications (7%), le transport (5,6%), les  services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (5,1%),  les services rendus aux ménages et aux entreprises (2,9%), le commerce (1,7%) et les services financiers et assurances (1,3%), entre autres.
Ainsi, la valeur ajoutée globale réalisée par l’ensemble des activités économiques a marqué une augmentation de 2,2% au lieu de 4,9% au deuxième trimestre de l’année 2013.
« Au total, le PIB en volume s’est accru de 2,3% durant le deuxième trimestre 2014 au lieu de 5% une année auparavant, et ce compte tenu de l’augmentation des impôts sur les produits nets des subventions de 3,7% au lieu de 6,4% ». Alors que la hausse du niveau général des prix s’est située à 0,9% au deuxième trimestre 2014.
Le HCP, qui observe un ralentissement de la demande intérieure, indique que celle-ci s’est accrue de 1,7% au deuxième trimestre 2014 contre 2,1% la même période de l’année 2013, contribuant ainsi de 0,4 point à la croissance nationale. Les dépenses de consommation finale des ménages ont progressé de 2,7% et contribué pour 1,6 point à la croissance. 
On notera également une hausse au niveau de la consommation finale des administrations publiques de l’ordre de 2,9%, avec une contribution à la croissance de 0,5 point. En revanche,  l’investissement brut a enregistré une baisse de 0,7% sa contribution à la croissance n’a été que de 1,7 point.
« Les échanges de biens et services, de leur côté, ont affiché une hausse des exportations de 10,2% et un accroissement des importations de 3,1%  après la baisse de 4,8%. Leur contribution à la croissance demeure positive, mais en ralentissement, passant de 3,2 points en 2013 à 1,9 point en 2014 », écrit le HCP qui relève aussi une atténuation du besoin de financement de l’économie. Et de souligner que le revenu national brut disponible a connu une progression de 5,9% au lieu de 7% durant le deuxième trimestre de l’année 2013. Avec une consommation finale nationale en valeur en progression de 3,1% alors que l’épargne nationale a augmenté à 28,6% du PIB. 
Pour sa part, le besoin de financement de l’économie nationale s’est réduit, passant de 9,2% à 4,2% du PIB. 
 

Alain Bouithy
Jeudi 2 Octobre 2014

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