Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Une circulaire de l'Intérieur remet leur cas sur le tapis : Les femmes Soulaliyates entre promesses et lois désuètes




Gain de cause bien méritée des femmes Soulaliyates ou simple excès de pouvoir de la part du ministre de l'Intérieur qui   contourne la loi dans cette affaire? Qui peut trancher sans être aussitôt contredit? Jusqu'à présent, aucune loi n'a été promulguée pour abroger celle de 1919 qui prive toujours les femmes Soulaliyates de leurs droits au partage équitable des terres et des biens de leurs ancêtres. Seule une circulaire du ministère de l'Intérieur, sans valeur légale face aux textes de loi en vigueur, vient en quelque sorte réparer le sentiment d'injustice vécu par ces milliers de femmes qui n'ont cessé de condamner les lois iniques qu'elles subissent depuis le Protectorat. L'initiative du ministre de tutelle qui date du mois d'octobre dernier, leur permettrait, une fois appliquée, de bénéficier des prochaines opérations de cessions de terres collectives. Si toutefois les hommes adhèrent à l'initiative ministérielle qu'ils peuvent toujours contester devant la justice, puisque la loi centenaire des colonisateurs les protège toujours dans leurs abus. Ceci dit, la circulaire ne résout pas le problème. Elle ne fait que le remettre sur le métier. Ces femmes ont besoin d'une nouvelle loi qui les protège de l'actuelle réglementation régissant l'héritage et le droit d'exploitation des terres collectives, terres ne pouvant être vendues. Surtout que le Dahir de 1913 est en contradiction avec le droit positif, le Code de la famille et les conventions internationales que le Maroc reconnaît, étant donné que seuls les héritiers mâles héritent du droit d'exploitation alors que les femmes en sont exclues.
Ainsi, l'abus persiste. Les Soulalyates n'ont réalisé, en fait, aucune avancée concrète dans leur cause. Les hommes n'admettront jamais la nouvelle situation s'il n'y a pas de loi qui les oblige définitivement à coopérer avec le ministère de tutelle et à respecter leurs femmes en tant qu'héritières légales de leurs ancêtres, tel que cela est prévu par les dispositions pertinentes du Code de la famille dont le Maroc s'enorgueillit tant. L'enjeu est de taille : le patrimoine est d'une grande valeur foncière et financière. D'une superficie globale évaluée à un peu plus de 10 millions d'hectares, ces terres  appartiennent à la collectivité et sont placées, conformément aux dispositions de la loi de 1919, sous la tutelle du ministère de l'Intérieur à travers sa direction des affaires rurales. Un conseil des hommes les gère sans le moindre respect pour les droits des femmes. 

Rida ADDAM
Mardi 23 Novembre 2010

Lu 815 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs