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Une catastrophe évitée de justesse par les contractuels de l’OFPPT




Occupation du domaine public et menaces d’immolation à Casablanca

Une catastrophe évitée de justesse par les contractuels de l’OFPPT
La catastrophe a été évitée de justesse au Boulevard Ba Hamad à Casablanca. Hier, l’un des formateurs contractuels licenciés, en grève devant le siège de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail  (OFPPT), a tenté de faire exploser une bonbonne de gaz devant ledit siège. Un acte suicidaire dont les dégâts humains et matériels auraient pu être catastrophiques n’eût été la prompte intervention des autres grévistes.
 « Les tentatives de suicide se sont multipliées ces derniers jours et cet acte malheureux ne sera peut-être pas le dernier. Les grévistes ont perdu espoir et ils ont commencé à imaginer le pire», nous a confié Hilmi Akram, membre de Coordination des contractuels licenciés avant d’ajouter : « Ils n’ont plus rien à perdre puisqu’ils ont déjà tout perdu».  
Notre interlocuteur nous a affirmé que la colère des grévistes est à son comble et que le silence de la direction de l’OFPPT ne fait qu’augmenter la pression qui pèse sur leurs frêles épaules.
A ce propos, M. Akram estime que la tentative de suicide d’aujourd’hui trouve sa justification dans le désir de son acteur de faire  entendre la voix des dizaines de grévistes étouffée à maintes reprises par la direction de l’Office. « La direction a fermé les portes du dialogue. Ses responsables refusent catégoriquement et jusqu’à aujourd’hui de nous accueillir ou d’entendre nos revendications. On s’est trouvés au pied du mur alors que nos doléances n’ont rien d’illégitime», nous a-t-il précisé.  
En effet, les 87 membres de la Coordination des contractuels en grève depuis peu réclament leur retour à leurs postes du travail et leur intégration sans condition ainsi que des indemnités pour les torts qui leur ont été causés. « On a été surpris de découvrir qu’on a été radiés de la liste des contractuels en septembre dernier, sous prétexte qu’on n’a pas réussi le bilan des compétences, alors qu’il ne s’agit pas d’un concours mais d’une simple évaluation. D’autres ont été licenciés sans aucune motivation de la part de la direction de l’OFPPT. Plusieurs directeurs régionaux ou des établissements se sont contentés de les renvoyer sans donner pour autant des explications », nous a expliqué l’un des grévistes.
Le pire, selon lui, c’est que l’office dirigé par Larbi Bencheikh a décidé de recruter et d’intégrer de nouveaux formateurs, marginalisant ainsi ceux qui ont sacrifié des années de leur vie à la formation des jeunes apprenants. Alors que le règlement spécifie qu’après deux contrats successifs, l’employé est titularisé automatiquement et que la loi dispose qu’ils devraient avoir été titularisés.
En effet, l’article 16 du Code du travail stipule que les contrats de  travail à durée déterminée ne peuvent être conclus qu’en cas de «remplacement d'un salarié par un autre dans le cas de suspension du contrat de travail de ce dernier, sauf si la suspension résulte d'un état de grève », de «l'accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise » ou si «le travail a un caractère saisonnier ». Ce qui n’a jamais été le cas au sein de l’OFPPT. De plus, l’article 17 du même Code stipule que «dans les secteurs autres que le secteur agricole, il peut être conclu un contrat de travail à durée déterminée pour une période maximum d'une année renouvelable une seule fois. Passée cette période, le contrat devient dans tous les cas à durée indéterminée. Toutefois, le contrat conclu pour une durée maximum d'une année devient un contrat à durée indéterminée lorsqu'il est maintenu au-delà de sa durée ». Or, la quasi-totalité des formateurs contractuels travaillent au sein de l’OFPPT depuis plus de deux ans révolus.
 «On a été remplacés  par des contractuels novices qui manquent d’expérience et de savoir-faire. Certains ont été nos propres élèves  fraîchement diplômés», nous a indiqué M. Akram qui voit dans ces nouveaux contractuels, de nouvelles victimes de la stratégie de l’OFPPT puisque contrairement aux formateurs permanents, ces contractuels ne vont pas bénéficier des différentes primes de rendement, de fêtes, de congés ou de treizièmes mois et ils seront incapables de contracter de prêts auprès des banques, car l’Office ne leur délivre pas les pièces demandées, de même que la cotisation de retraite ne leur est nullement prélevée contrairement aux dispositions légales pertinentes.
Les grévistes se disent déterminés à poursuivre leur mouvement de protestations face aux dénis de droit perpétrés au vu et su de tous  par une direction de l’Office qui s’estime être au-dessus des lois.  

Hassan Bentaleb
Lundi 18 Juillet 2011

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