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Une belle action de restauration : Le Ksar Assa renaît de ses ruines




Une belle action de restauration : Le Ksar Assa renaît de ses ruines
Tous ceux qui connaissent le séculaire ksar d'Assa avant le début du projet de sa restauration et l'ont visité après,  ne croient pas leurs yeux. Toute une œuvre architecturale, donnée irrémédiablement ensevelie sous les décombres  de l'histoire antique, se  redressa sur ses pieds, du haut du promontoire surplombant la nouvelle ville,  comme pour se venger de l'injuste   destin subi.  Le premier élément saillant depuis la  palmeraie jouxtant la ville, la tour de défense dite  Lhchach.   La reconstitution de ses fragments architecturaux pour en ressortir l'hypothèse la plus fidèle exprimant la réalité de son image d'antan,   nous explique Salima Naji, relève d'un puzzle,  tellement sa condition pâtit d’une dégradation avancée  et en l'absence de photos d'archives mémorisant le lieu.  Pour ce,  « nous nous sommes battus sur le bâti existant. Notamment deux exemples des autres tours qui tiennent relativement encore.  Les ruines trouvées sous le Borj effondré et l'interprétation des maigres désordres apparents nous ont permis de brosser l'esquisse la plus probable  du corps physique de la bâtisse ». C'est le grand défi que pose la problématique de restauration de ce patrimoine. De grands pans formant différentes   parties  du ksar n’ont pas été indentifiés dans le fatras des démolitions. Salima  explore toutes les niches d'informations susceptibles de l'aiguiller pour retrouver ses fils d'Ariane.  Notamment la mémoire des hommes âgés comme les deux doyens :Cheikh Tayeb Lassaoui et Hussein Ihchach Afqir, qui ont accompagné les mâalmines et leur ont prodigué des données et conseils avisés. Les quartiers de Lhchach,  Idaw-Mellil, Idaw-Unguit, entre autres,  constituent aujourd'hui la fierté de ces tribus et une appropriation retrouvée d'un legs et d’une mémoire identitaire qui ont failli sombrer dans l'oubli à jamais. Un théâtre de plein air fait aussi désormais partie du corps du ksar dont le pavement émerveille par la qualité de l'œuvre. Sa cité sacrée réhabilitée,  reconquit  aujourd'hui ses espaces de prière et de dévotion dans la mosquée de  Timzguid Ouflla; sa Zaouïa et les sépultures  des aïeuls; le tout dans  un cadre harmonieux.  Ce grandiose ouvrage de restauration,  menée pierre par pierre, poignée de pisé par poignée, sous l'égide et le suivi au quotidien de l'architecte Salima Naji,  est impulsé par l'Agence de développement du Sud.  Quid du montant de ce projet ? Surprenant !Avec un budget modeste, qui a servi tout simplement à rémunérer -dignement -les 8000 journées de travail des ouvriers, le ksar est remis en état initial dans les règles de l'art. Outre ce fait, ce projet a le grand mérite d'avoir fédéré les populations et ONG locales qui ont activement participé à son succès.  Il a fait du coup,  ressusciter les techniques de construction traditionnelles en réhabilitant   les savoir-faire des mâalmines, longtemps tombés en désuétude. La conscience vis-à-vis de valeurs patrimoniales du site est vite acquise du côté de tous ces intervenants. Le ksar ne tardera pas à reprendre vie. Et cela s'est manifesté par l'réappropriation précoce de cet espace,   alors que le projet est encore en chantier. Les associations de développement locales y organisent déjà le Festival d'Assa, un événement  dans la vie culturelle de la région. La place du théâtre plein air est fortement investie par les troupes artistiques et théâtrales lors de la manifestation. D'autre part,  une ancienne demeure de la famille Lhchach est improvisée musée familial durant  la fête, où une grande exposition d'objets domestiques,  ustensiles  d'antan ainsi que des archives familiales écrites (Manuscrit : parchemins,  actes de propriété utilisant bois comme support …) a été organisée à l'intention de nombreux  visiteurs qui ont pris d'assaut le ksar suite à un succès retentissant. Le collectif des associations de ''Tamaynout'', appuyé par l'IRCAM et la province d'Assa y ont réalisé aussi plusieurs activités tournées vers des thématiques ayant trait aux chants et danses traditionnels, et surtout au patrimoine, lors de plusieurs conférences animées par des linguistes et historiens. Le ksar a ainsi pu créer et  imprimer une nouvelle dynamique  au culturel local. Ce qui a eu un impact positif sur la motivation des populations à porter des projets durables générateurs de développement local. L'espace  comporte déjà aujourd'hui, par exemple,  deux musées dûment installés, de raretés, dont les familles initiatrices des projets comptent les intégrer  dans les circuits touristiques de la région. En plus d'un autre dit ''musée du palmier ''devant mettre en exergue ce produit du terroir et les différentes phases de son traitement (Séchage,  stockage,  ensilage…) dans la perspective de  sa mise dans les circuits commerciaux.  Plus de 100 autres projets sont présentement identifiés. Tout promet donc la naissance de grandes synergies qui donneront corps sûrement à une logique de développement local tant souhaité qui se créera autour de cette bâtisse.  La dimension sociale de ce projet n'est pas des moindres : Hussein Ihchach,  ancien mâalem,  le reconnaît. « Le ksar a réconcilié ceux qui étaient fâchés entre eux dans notre famille en estompant nos petites haines souvent évitables !.  Il nous a rassemblés plus que jamais en rappelant à notre mémoire les liens forts de nos ancêtres,  consacrés par ce legs collectif. Nous en sommes très reconnaissants !». Lors de la visite Royale à Assa,  le projet de réhabilitation de cet édifice historique considéré comme  porteur de   l'identité locale des Aît Assa,    occupe la première place dans l'importance des projets à initier dans la région. 

IDRISS OUCHAGOUR
Mardi 25 Mai 2010

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