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Un week-end haut en couleur au Festival d’Essaouira

Marcus Miller, Mustapha Baqbou et Ibrahim Maalouf enflamment la scène de Moulay El Hassan et celle de la plage




Un week-end haut en couleur au Festival d’Essaouira
Un public multinational a vibré, samedi soir à la place Moulay El Hassan, au rythme d'une musique au cachet mondial qui a mis en scène, à l’occasion du 17ème Festival gnaoua et musiques du monde, le bassiste Marcus Miller et le Mâalem Mustapha Baqbou. Exécutée avec brio par les deux artistes, cette fusion a été l’une des prestations les plus applaudies de cette édition, et a prouvé le  talent, toujours renouvelé, de Mustapha Baqbou, à faire prospérer l'art gnaoua dans sa dimension la plus traditionnelle ainsi que dans sa capacité à fusionner  avec tous les genres musicaux. 
Maître de la basse, Marcus Miller est connu pour s'être produit avec les plus grands, pour avoir produit des albums d'anthologie, dont Tutu du célèbre Miles Davis, mais aussi pour son engagement humanitaire. Il vient d’être nommé artiste de l’Unesco pour la paix dont il deviendra le porte-parole pour la commémoration de la Route de l’esclave.
Mustapha Baqbou a, quant à lui, fait partie du célèbre groupe Jil Jilala et a ainsi  participé au mouvement musical folk des années 70. Connu pour ses fusions  exceptionnelles avec des artistes internationaux de renom tels que Pat Metheny,  Louis Bertignac ou Eric Legnini, il s'est aussi produit sur de nombreuses  scènes en Amérique, en Chine et en Europe. 
Toujours lors de cette troisième soirée du Festival, ce sont des retrouvailles chaleureuses auxquelles a eu droit le public sur la scène de la plage. En effet, en 2008 le Festival avait accueilli le trompettiste atypique Ibrahim Maalouf qui avait donné un spectacle mémorable. Cette année, ce fut une musique différente,  joyeuse, profonde, rythmée et parfois envoûtante, que nous a présentée le jeune artiste.  Une musique qui réfère à plusieurs cultures sans appartenir à aucune d'elles et dans laquelle chacun s'y trouve. Selon lui, la diversité de ses sources d’inspiration, combinée à son esprit de découverte de musique des différentes régions du monde, ont beaucoup façonné son style.  Il est à rappeler qu’Ibrahim Maalouf a reçu, en 2011, le titre de «Jeune artiste œuvrant pour le dialogue interculturel entre les mondes arabe et occidental», par la directrice générale de l’UNESCO. 
Le public a également eu droit, sur les autres scènes du Festival, à des prestations du Mâalem Reda Stitou, gnaoui tangérois installé à Bruxelles, de Kif  Samba, un groupe composé de musiciens de différentes formations musicales d'Essaouira (Ganga Fusion, Blue Mogador, Radio Essaouira), de Meta and the  Cornerstones, un groupe d'origines métissées qui présente une musique de  métissage célébrant la fraternité et Mâalem Abdelkebir Merchane, qui a porté  l'art gnaoui jusqu'au Japon.  Autre moment fort de cette édition, la prestation en commun de  Mâalem  Mohamed Kouyou et Mario Canonge, qui ont produit une agréable fusion où piano,  guitare et batterie sont entrés en harmonie avec  les rythmes gnaouis traditionnels, dans un spectacle rehaussé par des  chorégraphies époustouflantes. 
Focalisé sur la musique gnaoua, le Festival d’Essaouira qui comprend également Jazz, Pop, Rock et musique contemporaine est devenu, après 17 ans d’existence, un incontournable dans le calendrier des festivals de musique du monde.   

Anthologie dédiée à la musique gnaouie
 
Dans un souci de préservation du patrimoine, l’Association Yerma Gnaoua a entrepris la réalisation d’une anthologie dédiée à cet art ancestral et visant la valorisation de sa richesse rythmique, mélodique, lyrique et stylistique. Ce travail conforté par une collecte de textes chantés, ambitionne également d’insuffler une dynamique de créativité, en permettant aux musiciens compositeurs et chercheurs, de disposer d’un important fonds de ressourcement pour toute la musique marocaine. Vu tout l’intérêt que de nombreux musiciens dans le monde portent à cette musique. Ils trouveront dans cette anthologie une autre occasion de la servir dans le large espace de la world music. Face à une grande tradition orale dont le propre est de varier constamment tout en conservant ses bases, il n’était pas possible, selon les responsables de l’Association Yerma Gnaoua, de prétendre à l’exhaustivité, d’autant plus que la variance d’interprétation touche aussi bien le point de vue du maâlem que le contexte dans lequel il évolue. 
Le rendu change dans l’espace et le temps et au gré du contexte et de l’auditoire. Le propre de la tradition orale étant d’être mobile et changeante, les maâlems des différentes générations ont pris l’habitude d’omettre des pièces et d’en rajouter d’autres. Devant cette difficulté de consigner un répertoire immuable, cette anthologie établit un déroulement normal des différentes phases en faisant abstraction des différences qui n’affectent pas la cohérence du corpus général.Le choix des maâlems n’établit aucun classement de ces derniers. Il va de soi que tous les maîtres se valent, mais le seul critère a été d’assigner à chacun le répertoire qu’il maîtrise le mieux; l’objectif étant de couvrir toute la palette du répertoire.L’anthologie comprend  également un livre composé de textes apportant un triple éclairage (historique, anthropologique et musicologique), un carnet de voyage retraçant la première mission de prospection et, bien sûr, les biographies des maâlems.


Un week-end haut en couleur au Festival d’Essaouira
Le Festival Gnaoua c’est sur les scènes et dans la rue
 
Cette année encore, le Festival Gnaoua et musique du monde a su tenir sa promesse, celle  d’une expérience musicale unique, fruit du mélange harmonieux entre la richesse du patrimoine gnaoui et la diversité des musiques du monde pour plus de 30 concerts répartis dans six lieux différents de la ville”. Et comme à l’accoutumée, le Festival Gnaoua ne s’est pas déroulé que sur les scènes montées pour l’occasion, mais toutes les rues d’Essaouira  étaient vêtues de couleurs gnaouies pour célébrer cet évènement, devenu au fil des années incontournable dans le calendrier des Festivals de musique du monde. 

Le double sacrilège de Paco qui sortit l’art gnaoui de l’ombre

 
Si aujourd’hui l’art gnaoui brille sous les projecteurs des grandes scènes et côtoie de grosses pointures des musiques du monde, c’est, en partie, grâce à un acte avant-gardiste du défunt mâalem Abderrahman Kirouche, alias Paco, qui pouvait être à l’époque taxé de sacrilège.
C’était vers la fin des années 60, dans une époque où la petite ville d’Essaouira, située alors à l’écart des principales routes, subissait pleinement le mouvement hippie. 
Le jeune Paco, qui allait devenir ensuite  membre du légendaire groupe Nass El Ghiwan, dévoila devant un public multinational la musique gnaouie et les rituels l’accompagnant qui étaient exclusivement réservés aux zaouias, en animant, lui et son groupe, une “Lila”  pour le living theatre, une troupe de théâtre expérimental créée à New York,  qui s’est installée à l’époque sur la plage entre Essaouira et le village voisin de Diabet. 
“C’est Paco qui est le premier à sortir l’autel des Mlouk, et à, en quelque sorte, désacraliser le rituel des Gnaouas, qui était limité au niveau de la  Zaouia”, affirme à la MAP l’anthropologue et chercheur souiri Abdelkader Mana.“Mâalem Paco a, ainsi, sorti la “Tbiga” et les autres objets rituels et il  est parti avec sa troupe jouer avec le living theatre, commettant un deuxième  sacrilège puisqu’il s’agissait d’un public composé d’étrangers, de  non-musulmans”, précise-t-il, notant qu’Essaouira est “la seule ville au Maroc  où les Gnaouas disposent d’un lieu de culte qui s’appelle la Zaouia de Sidna  Blal, parce qu’ailleurs, les Gnaouas pratiquent ce rituel soit chez eux soit  chez la personne qui veut faire la thérapie”.

“C’est le départ de l’ouverture des Gnaouas sur le monde. Une ouverture qui  va s’amplifier puisque, d’après la légende, le même Paco aurait rencontré le  célèbre artiste américain Jimi Hendrix, au village voisin de Diabet, et aurait  organisé là aussi, une Lila de gnaoua”, souligne M. Mana.


Un week-end haut en couleur au Festival d’Essaouira
“Es-Saouira de Mogador” d’Ami 
Bouganim présenté à la ville des alizés
 
“Es-Saouira de Mogador”, ouvrage d’Ami Bouganim, a été au centre d’une séance de présentation et de dédicace, organisée vendredi à Essaouira.
Cette séance, tenue dans la bibliothèque de Dar Souiri, en présence, notamment, d’André Azoulay, président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, et d’une trentaine de journalistes, intellectuels et acteurs associatifs, a été l’occasion de jeter la lumière sur cet ouvrage, en plus de plusieurs questions liées aux sources, à l’appartenance, à la magie des lieux et aux nuances de l’histoire, entre autres.
A travers une galerie de courts portraits qui, ensemble, restituent la poétique des lieux qui composent Essaouira et un travail de recherche et de recueil de témoignages, ce livre peut être considéré comme une carte de visite de cette ville côtière et se présente comme un manifeste théologico-poétique et une illustration de la philosophie des sites que pratique l’auteur, natif et amoureux de la ville des alizés.
Né en 1951 à Essaouira, Ami Bouganim, philosophe et écrivain, a publié de nombreux ouvrages dont l’action se situe à Mogador-Essaouira, comme Récits du Mellah (Lattes, 1982), Le Charmeur des mouettes (La Chambre d’échos, 2005). Il est également l’auteur de plusieurs essais, parmi lesquels Walter Benjamin, le rêve de vivre (Albin Michel, 2007) et Tel-Aviv sans répit (Autrement, 2009).
 

Mehdi Ouassat
Mardi 17 Juin 2014

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1.Posté par Leo Figher le 17/06/2014 09:22
Essaouira a longtemps été le repaire des voyageurs, cinéastes et musiciens - Orson Welles et Jimi Hendrix sont parmi ceux qui ont bénéficié de ses airs langoureux. Cette musique peut être ancienne et folklorique, mais il semble aussi contemporain. c'est une bonne idée pour promouvoir la région mais l'Etat devrait envisager de faire de même dans d'autres régions du pays qui sont moins connu, ce grand pays a de grandes riches qui peut donner aux voyageurs de cette charmante destination

2.Posté par kalidou ali dia le 20/06/2014 01:41
tres heureux de voir l afrique joiyeuse. plus jamais de guerre .la democratie peace love and harmony

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