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Un volcan en activité se cacherait sous les glaces de l'Antarctique




Un volcan en activité se cacherait sous les glaces de l'Antarctique
La Terre Marie Byrd, située dans l'ouest du continent Antarctique, est la seule région au monde à ne compter ni gouvernement ni habitant. Il faut dire que cette région est plutôt inhospitalière. Elle est même si isolée qu'aucun Etat n'en a jamais revendiqué la souveraineté. Cette région pour le moins inconnue est pourtant l'objet de l'attention des sismologues qui y ont fait une découverte tout à fait inattendue. Là, sous la glace, se cache un volcan vraisemblablement en activité.
La découverte a été réalisée par hasard grâce aux instruments installés au cours des six dernières années dans la région. Ce réseau de sismographes a capté à deux reprises, en janvier 2010 et mars 2011, une série de tremblements dans la Terre Marie Byrd. Des évènements qui ont intrigué des chercheurs de la Washington University de St. Louis. "J'ai commencé à voir des évènements qui se produisaient toujours au même endroit, ce qui était étrange", explique dans un communiqué, Amanda Lough qui a dirigé l'équipe.
Les secousses sismiques ont été enregistrées entre 25 et 40 km de profondeur et à 55 km au sud du Executive Committee Range, une chaîne montagneuse. Pour expliquer ces phénomènes, diverses hypothèses ont alors été évoquées :  des roches grinçant sous les roches, de la glace gémissant sous la glace, des gaz ou des liquides se frayant un chemin à travers des fractures. Il ne pouvait en tous les cas pas s'agir d'un séisme puisque les secousses montraient une faible fréquence.
L'hypocentre était de plus situé à une profondeur trop importante pour qu'elles soient d'origine tectonique. "Un évènement tectonique pourrait avoir un hypocentre situé à une profondeur de 10 à 15 km, mais 25 à 40 km, c'est bien trop profond", a souligné Lough dans un communiqué. Un autre scientifique a alors suggéré que les caractéristiques des secousses ressemblaient à celles observées pour les séismes survenant dans les régions volcaniques. Tout a alors semblé correspondre.
"J'ai réalisé que les secousses étaient proches de certaines montagnes - mais pas juste au-dessus d'elles. Ma première pensée a été : 'Ok, c'est peut-être juste une coïncidence. Mais j'ai regardé de plus près et réalisé que les montagnes étaient en réalité des volcans. Les volcans les plus proches des évènements sismiques étaient les plus jeunes", a expliqué la scientifique. Mais ce ne serait pas ces monts volcaniques de la chaîne Executive Committee Range qui seraient responsables des secousses. Ce serait un autre volcan en activité caché sous la glace.
Des relevés radars ont ainsi repéré l'existence d'une épaisse couche de cendres située à 1,4 km de profondeur et qui aurait été déposée il y a de cela 8.000 ans lors d'une éruption. "La plupart des montagnes de l'Antarctique ne sont pas volcaniques. Mais la plupart situées dans cette région le sont. Est-ce parce que l'Antarctique ouest et l'Antarctique s'éloignent lentement l'un de l'autre ? Nous ne savons pas exactement", a indiqué Amanda Lough.
"Mais nous pensons qu'il y a probablement un point chaud ici dans le manteau produisant du magma bien en-dessous de la surface", a t-elle encore ajouté. C'est alors le mouvement du magma et des autres liquides qui auraient généré une augmentation de pression et des vibrations sous la surface.
En se basant sur les données obtenues, les spécialistes estiment qu'il est possible que le volcan caché entre un jour en éruption, dans la mesure notamment où c'est déjà arrivé par le passé. Néanmoins, ils sont incapables de dire quand un tel évènement pourrait se produire. Si une éruption massive a lieu, elle aurait en tout cas des conséquences notables dans la région.
 En effet, elle ouvrirait très certainement une brèche dans la glace mais pourrait aussi provoquer une fonte importante aux alentours à cause de la chaleur dégagée. Ceci pourrait alors conduire à des hausses du niveau de la mer et de la perte de glace. "Je ne pense pas que cela va causer une perte majeure de glace, mais cela va être visible", a néanmoins tempéré Amanda Lough citée par le New Scientist.
 Une chose est sûre, cette découverte confirme une nouvelle fois que l'Antarctique cache sous sa glace épaisse un monde tout à fait méconnu.

Libé
Mercredi 4 Décembre 2013

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