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Un sentier à travers le temps




Un sentier à travers le temps
Un Maroc est né un 9 mars 2011 en tant que produit original certifié d’une civilisation millénaire, digne de sa lignée, ayant acquis en maturité et en sagesse de quoi inaugurer en ce début du 21ème siècle, l’âge d’or d’une nation nouvelle. Rien de cela n’est métaphorique. L’étendard d’une civilisation est hissé haut et cette projection dans un futur proche s’inscrit d’elle-même dans le prolongement d’un processus d’édification, enclenché il y a un siècle déjà.
L’Histoire contemporaine du Maroc a, en effet, enregistré dans ses annales, la démonstration d’une logique politique menée à terme à travers des étapes aux contextes particuliers, franchies par les Marocains, pour que l’on sorte ainsi des urnes du 1er Juillet sous les acclamations de la Communauté internationale. Il n’est nullement fortuit que le Maroc, bien au-delà de l’exception, puisse émerger au-dessus de la tourmente qui sévit dans un monde arabe en ébullition, souverain et bien en phase sur ses assises. Tout réside dans le mérite d’une nation et ses Souverains qui ont su imposer l’indépendance du pays, sauvegarder les constantes nationales, d’avoir judicieusement composé, quand il le fallait, avec les caprices de la géopolitique, mais surtout, d’avoir su opter, au départ, pour des choix stratégiques adéquats. Un bref regard sur le passé met en relief la particularité d’une nation.
L’ère coloniale à laquelle fut soumis le Maroc avait fait renaitre la flamme des combattants, celle qui fut jadis, l’infranchissable rempart face aux Ottomans. Refusant la servilité, le Maroc devint rebelle en soulevant ses hauteurs rifaines, ses plateaux des Zayanes et ses contrées des Aît Baâmrane. Un peuple nationaliste s’est forgé pour la circonstance autour de son Trône s’activant sans répit jusqu’à briser la volonté dominatrice en ramenant de son exil, Feu le Sultan Mohammed V, qui s’était sacrifié par la grève du sceau afin que le pays ne bascule à jamais, en  un département dépendant de la France métropolitaine. Gloire aux martyrs de l’Indépendance qui ont écrit de leur sang une page de notre Histoire.
Cette période fut suivie de celle de l’Indépendance qui a permis la reconstruction du Maroc indépendant. Le multipartisme fut le choix politique au moment où le parti unique était la condition sine qua non des régimes en place. Nous constatons aujourd’hui leur glissement vers le totalitarisme allant à l’encontre des aspirations de leur peuple. Le choix pour une économie de marché fut opposé au dirigisme d’Etat prôné à l’époque, qui a fini essoufflé pour disparaître avec le mur de Berlin. La tolérance religieuse, l’ouverture sur le monde, la diversité culturelle et la conjugaison des valeurs ancestrales aux impératifs du modernisme, ne sont, entre autres valeurs, que des constantes identitaires des Marocains. Celles-ci ont permis à l’un des Marocains d’être porté, tout récemment, par les pays du Bassin méditerranéen, à la présidence de l’Union pour la Méditerranée afin de concrétiser ses objectifs.
Par tous ces choix, les fondements d’une nation sont ainsi posés. Vinrent ensuite les années de plomb lorsque le Maroc fut traversé de courants idéologiques du bloc de l’Est qui embrasèrent le tiers-monde produisant dans leur sillage une constellation d’Etats qui proclamèrent leur allégeance au Kremlin. Le Maroc qui choisit le non alignement, fut bousculé de son Est. Il a fallu toute la lucidité et la rigueur du regretté Roi Hassan II pour que le pays puisse en sortir indemne afin d’entamer l’alternance politique, retrouver son équilibre et sceller son unité.
L’avènement du Souverain Mohammed VI inaugura l’ère d’une politique de proximité sans précédent, traduite par une décennie d’efforts soutenus pour la mise en place des préalables, en prévision de nouveaux objectifs stratégiques. Il s’agit de doter la Nation marocaine d’un mode de gouvernance adapté au 3ème millénaire, axé sur le bien-être du citoyen. Le peuple marocain valida le projet par un vote référendaire sans appel eu égard à la pertinence des valeurs véhiculées par ledit projet. Une ère nouvelle commence pour les Marocains qui sont tenus de s’élever au niveau des exigences de la nouvelle gouvernance. Ils sauront relever le défi à l’image de cette dynamique qui s’est enclenchée par une prise de conscience générale envers la chose politique, à l’intérieur du pays comme à l’étranger. Dans cette même dynamique, nos partis politiques, dénigrés quelque temps auparavant pour leur atermoiement,  ont surpris par leur mobilisation instantanée et leur capacité de mobiliser les citoyens tout en faisant étalage à l’occasion de la campagne référendaire, d’un professionnalisme aigu.
Un tronçon de l’Histoire du Maroc vient d’être achevé. On entame le suivant dont les garde-fous sont déjà ancrés puisque le bien-être citoyen est maintenu au centre des priorités du Royaume. A l’instar de tout Etat de droit qui se respecte, le citoyen marocain dispose désormais de tout un arsenal de dispositifs en sa faveur, allant de la garantie de ses droits individuels à la constitutionnalisation de l’opposition parlementaire. C’est un dispositif conçu par le citoyen dans une large campagne participative et qui ne sera actionné que par lui-même au sein d’une démocratie avancée aux couleurs marocaines dont il a la responsabilité de réussir.  Le citoyen marocain réside bien au centre des préoccupations Royales et le Roi est bien porté dans les cœurs des citoyens, d’où cette symbiose qui vient d’enfanter dans son élan, un Souverain citoyen et c’est la finalité de toute une entreprise.
Une logique politique est ainsi délicatement maintenue à travers le temps menant à terme les transitions qui s’imposent, sans cassure ni précipitation, telle une ligne directrice reflétant la sagesse d’une nation productive, engagée à ériger paisiblement sa destinée. Elle le fait armée de son seul génie créateur et de sa sueur, sachant que quelque part ailleurs, là où le Maroc est pris dans le viseur, le seul élément productif n’est autre qu’un sous-sol pétrolifère. Dieu nous en a préservés car il n’a donné jusque-là que des pétrodollars non reconvertibles en bien-être citoyen, et un Etat riche, certes, mais fragile qui ne saurait répondre aux soubresauts populaires que par un arsenal répressif. On gagnerait à prendre modèle sur le Maroc pour découvrir qu’une puissance régionale est là, à notre portée. Elle s’appelle l’UMA. Que chacun fasse son choix, le Royaume du Maroc a fait le sien, il y a si longtemps.
 

Par Abdeslam Lerhenane Ecrivain marocain
Lundi 22 Août 2011

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