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Un second tour de la présidentielle en Centrafrique pour sortir de la crise


Les résultats du premier tour des législatives ont été invalidés



Les Centrafricains sont appelés dimanche à choisir, entre les anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, leur futur président censé leur permettre de sortir de trois ans de terribles violences intercommunautaires.
 Le premier tour des législatives qui s'était tenu le 30 décembre 2015 en même temps que celui de la présidentielle, et dont les résultats ont été entièrement invalidés en raison de trop nombreuses irrégularités, se déroulera à nouveau ce dimanche.
 M. Dologuélé, qui a remporté 23,78% des voix, faisait avant le premier tour figure de favori, surtout après le ralliement en sa faveur du parti KNK de l'ex-chef de l'Etat François Bozizé, renversé en 2013 par la rébellion Séléka. M. Bozizé ne pouvait se présenter en raison de sanctions internationales et d'un mandat d'arrêt à son encontre émis par les autorités de transition.
 Mais M. Touadéra (19,42%), qui disposait de moins de moyens que son futur rival, s'est révélé comme la grande surprise du premier tour et est désormais considéré comme un très sérieux concurrent.
 Le dernier Premier ministre de M. Bozizé (2008-2013) a réalisé de très bons scores dans les fiefs de l'ex-président dans l'ouest du pays, bénéficiant d'une partie importante de l'électorat traditionnel du KNK, malgré les directives du parti.
 Chacun des deux adversaires compte des appuis politiques de poids. Dologuélé a obtenu le ralliement de Désiré Nzanga Kolingba, troisième au 1er tour avec 12,04% de suffrages. Quant à Touadéra, il compte le plus grand nombre de soutiens: outre le quatrième, Martin Ziguélé (11,43%), 21 candidats sur les 30 en lice en décembre se sont prononcés en sa faveur.
 Malgré de nombreux problèmes logistiques, les deux scrutins du 30 décembre se sont déroulés dans un calme notable, marqués par une forte participation des électeurs (79% selon l'Autorité nationale des élections, ANE).
 Dans ce pays de 4,8 millions d'habitants, les électeurs, chrétiens comme musulmans, s'étaient massivement inscrits sur les listes électorales et disaient, unanimes en se pressant dans les centres de vote lors du premier tour, "vouloir la paix et ne plus entendre le bruit des armes" alors que le pays a connu plusieurs flambées de violences depuis 2013.
Sur près de 2 millions d'électeurs inscrits, 1.362.886 suffrages valides ont finalement été exprimés.
Trente candidats s'étaient présentés au 1er tour à la présidentielle et plus d'un millier aux législatives.
 Mais la tenue d'un nouveau premier tour des législatives s'annonce comme un défi. La Cour constitutionnelle avait invalidé le premier scrutin en janvier après avoir constaté de "nombreuses irrégularités" dans la quasi-totalité des 140 circonscriptions: absence de bulletins de vote, de listes électorales, de cartes d'électeurs, procès-verbaux de bureaux de vote inexploitables, fraudes...
 Acheminer le matériel électoral (urnes, bulletins) dans les temps est un véritable casse-tête dans ce territoire vaste comme une fois et demie la France aux routes quasiment inexistantes. Certains bureaux de vote se trouvent dans des régions isolées très difficiles d'accès, d'autres dans des zones dangereuses où des groupes armés restent actifs.
 La force de l'ONU (Minusca), forte de 10.000 hommes et appuyée par les Français de l'opération Sangaris, reste mobilisée pour assurer la sécurité du vote et apporter une aide logistique avant le scrutin, notamment en mettant à disposition ses avions vers l'intérieur du pays.
 Le déroulement du référendum constitutionnel du 13 décembre, émaillé d'intimidations en province et de violences ayant fait cinq morts à Bangui, montre que ces mesures restent indispensables, même si la situation s'est largement calmée depuis.
 Le renversement du président Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, avait précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes, à Bangui et en province.
 Michel Djotodia a finalement été contraint à la démission début 2014, dans la foulée d'une intervention militaire internationale sous la conduite de la France.
 Dirigée depuis par la présidente de transition Catherine Samba Panza, la Centrafrique tente de panser ses plaies et de redresser une économie ruinée, sous perfusion des bailleurs qui, France en tête, poussaient à l'organisation rapide d'élections malgré l'insécurité persistante.

Libé
Samedi 13 Février 2016

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