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Un scientifique amoureux des belles lettres




Mohamed Leftah est né à Settat en 1946. Après un passage au lycée Moulay Youssef de Rabat, où il a été l’élève d’Edmond Amran El Maleh, il s’oriente vers une carrière scientifique. Il se retrouve dans une école d’ingénieurs en travaux publics à Paris. De retour à Casablanca en 1972, il se forme sur le tas et se fait informaticien. Par la suite, il devient critique littéraire au Matin du Sahara et au Temps du Maroc. Alors il lit. Passionnément. De livre en bars, le Don Quichotte, le Sphinx, le Petit Poucet, le Père Antoine, et bien d’autres estaminets dont les serveurs ont fini par le bannir. Il semblait fuir les dures réalités de la vie. « Ça me semblait étrange… Je cherchais à vivre dans un autre monde, pas le monde réel, qui m’ennuyait», dira-t-il un jour. Son autre monde fut celui des bars interlopes, des gueules de bois et des lendemains qui déchantent.
C’est de ce monde qu’il a tissé la matière incandescente de son œuvre. Comme l’écrit Salim Jay dans son Dictionnaire des écrivains marocains: «L’auteur se plonge dans un monde interlope pour en saisir les paramètres délirants, comme s’il cherchait à révéler, depuis l’obscur des fantasmes et la clandestinité des bouges, le secret honteux de la malchance d’être au monde sans changer la vie».
A partir des années 90, il écrit dans la fièvre.
En 1992, après la parution de « Demoiselles de Numidie » aux Éditions de l’Aube, il renonce à éditer ses textes jusqu’à ce que Salim Jay l’introduise auprès des Éditions de la Différence, qui éditera l’ensemble de son œuvre inédite.
De ce roman, le même Salim Jay disait: «On ne connaît pas d’autre écrivain marocain de langue française qui ait fait preuve d’une originalité aussi fulgurante, aussi corrosive, mêlant la tendresse la plus épanouie à la description la plus choquante, la plus vraie des sévices sacrificiels imposés par le monde prostitutionnel».
S’il est un trait de son œuvre qui a frappé ses lecteurs, c’est aussi la richesse de sa langue. Pour Mohamed Nedali, son écriture est un «hommage à toute la littérature, pas seulement en langue française mais aussi en arabe. J’ai été touché par sa grande culture». «Mohamed Leftah était un grand lecteur, rappelle-t-il. On ne trouve pas une page qui ne soit un hommage à la littérature. Mokhtar Chaoui, lui, saluait «le plus grand rhétoricien parmi nos écrivains. Il brisait les tabous sans jamais tomber dans la vulgarité».
Leftah est mort au Caire le 20 juillet 2008.

E.A
Vendredi 2 Décembre 2011

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