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Un rein prélevé par le nombril




L'équipe d'urologie et de chirurgie de la transplantation de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon a réussi à prélever un rein par le nombril en vue d'une greffe, une première européenne issue d'une technique américaine.
Un "trocard", instrument en forme de tige cylindrique dans lequel passent caméra et instruments de chirurgie, a été inséré dans le nombril du patient afin de réaliser la dissection et l'extraction du rein par la même incision.
"Cette nouvelle technique présente l'avantage de ne pratiquement pas laisser de cicatrice sur le donneur et de permettre une convalescence très rapide", a dit mardi le professeur Xavier Martin, qui a dirigé l'équipe lors de l'opération intervenue le 1er février dernier.
Ce type d'intervention pourrait selon lui amener davantage de personnes à recourir au don de rein apparenté en améliorant le confort du donneur, comme cela se passe aux Etats-Unis.
Les greffes de reins s'effectuent en France dans moins de 10% des cas à partir de dons de personnes vivantes alors qu'aux Etats-Unis elles représentent 50% de la pratique.
"Le fait qu'il n'y ait pas de cicatrice et seulement quatre jours de traitement antalgique au lieu de 26 pour une intervention standard rassure les patients", explique le docteur Sébastien Crouzet de Lyon, qui a passé huit mois à la Cleveland Clinic pour se former à cette nouvelle technique.
La France se caractérise par une véritable pénurie d'organes dans ce domaine.
"Seulement un tiers des patients en attente de rein réussissent à être greffés", déplore Xavier Martin, selon lequel 90% des greffes se font à partir de donneurs morts.
La patiente lyonnaise prénommée Tiana, une consultante de 45 ans qui a donné l'un de ses reins à son mari, confie être rentrée chez elle quatre jours après l'intervention.
"J'ai aussitôt repris une vie normale et les douleurs se sont estompées très rapidement", explique-t-elle.
Cette technique a également l'avantage de donner plus de chance de réussite à l'opération de transplantation qui suit.
"On obtient de meilleurs résultats avec un donneur vivant", assure Xavier Martin. "En cas de don cadavérique, la médiane de survie est de 15 ans, en cas de donneur vivant, de 22 ans".
Le rein ainsi prélevé est transplanté dans les vingt minutes sur le receveur.
L'équipe lyonnaise estime toutefois que cette nouvelle technique est longue et difficile à acquérir.
"Le travail avec les instruments en parallèle est délicat, il y a peu de facilité d'ergonomie, et de manipulation", reconnaît Xavier Martin.

Reuters
Vendredi 5 Mars 2010

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