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Un projet de loi en préparation : Le foyer conjugal, origine première des violences envers les femmes au Maroc




En ce treizième anniversaire de la Journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes, il ne serait pas vain de rappeler que les femmes du monde de toutes souches et de toutes tranches d’âges ne cessent, un peu plus malheureusement dans nos contrées qu’ailleurs, de subir quotidiennement des violences, sous toutes leurs formes, tous contextes confondus (violence domestique, violence sexuelle , physique, psychologique, atteinte à la liberté individuelle, viol, trafic de femmes et de filles, prostitution forcée, violence dans les conflits armés, grossesse forcée, meurtres d'honneur et autres violences liées, mutilations génitales féminines et autres pratiques et traditions néfastes pour les femmes, on peut y ajouter dans le panier, harcèlement, sexuel, moral psychologique au travail ou sur la voie publique, etc.). Notre pays, s’il en ignore quelques-unes, de celles précitées, n’en reste pas moins un assidu en la matière quant  à quelques autres d’entre elles et plus particulièrement celle dite domestique. Cette violence conjugale (femmes victimes d'abus commis par l'homme avec lequel elles vivent) quoique plus souvent psychologique (en  tête des cas recensés) que physique est de loin la variante la plus courante perpétrée contre la femme marocaine « ici-bled ». La violence psychologique, consistant en l'insulte et l'humiliation pour les femmes mariées, est en tête du hit-parade suivie par la violence physique (coups et blessures). Ces deux maltraitances constituant à elles seules 80% de tout le répertoire. La moyenne dans le monde est estimée aux alentours de 20%. Le  projet de loi visant à faire passer la violence à l’égard des femmes, à la juridiction criminelle restant toujours comme son nom l’indique sous forme de projet, on peut donc attendre les fameuses calendres pour espérer en améliorer les chiffres ou tout au moins, nous aligner sur la tolérance des autres.Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de la part des autorités, des ONG et autres organisations féminines qui, malgré la mise en place d’observatoire au niveau national et de centres d’écoute et de soutien, n’arrivent pas à enrayer le fléau constatant même,  chaque année et à leur grand désarroi, une recrudescence de ce phénomène à l’encontre de nos femmes et de nos filles. A cet égard, les plus jeunes femmes en sont les plus grandes victimes, la tranche d’âge entre 18 et 24 ans étant plus touchée que celle de 25 à 35 ans et ainsi de suite jusqu’aux autres catégories les plus âgées.
Selon un  Rapport sur le développement mondial publié il y a une vingtaine d’années par la Banque mondiale, le viol et la violence familiale avaient une incidence plus néfaste sur l’espérance de vie des femmes que le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le travail forcé, la guerre ou les accidents de circulation. Ce Rapport reste de nos jours et malheureusement tout à fait d’actualité car si la violence à l’égard des femmes de par le monde, s’est estompée quelque peu, elle n’en continue pas moins  de sévir çà et là, et même un peu plus, en cas de conflit armé ou pas.
La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, a été proclamée le 17 décembre 1999, par la résolution 54/134. Soutenue par l’Organisation des Nations unies, elle est célébrée chaque 25 novembre. Cette  célébration a pour source un événement particulier, le brutal assassinat des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines et ce, sur ordre du chef de l’État et dictateur de la République dominicaine, Rafael Trujillo (1930-1961) le 25 novembre 1960.
C’est dans ce sens que  le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon  rappelle aujourd’hui :
« La violence à l’égard des femmes et des filles, qui se manifeste sous de multiples formes, est très répandue dans le monde [...] En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, j’invite les gouvernements et les organismes partenaires dans le monde entier à mobiliser les énergies, les idées et l’esprit d’initiative des jeunes afin qu’ils nous aident à mettre un terme à la pandémie de violence. Alors seulement, nous pourrons vivre dans un monde plus juste, plus pacifique et plus équitable. »

Mohamed Jaouad Kanabi
Vendredi 25 Novembre 2011

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