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Un projet conçu pour être réalisé en un an dépassera une décennie : Le calvaire des habitants d’Al Massira à Khouribga




Un projet conçu pour être réalisé en un an dépassera une décennie : Le calvaire des habitants d’Al Massira à Khouribga
Les résidents de la ville de Khouribga se réjouissent que le projet du pont « Assa » se construise sous la forme d’un pont reliant l’est à l’ouest du côté du quartier Al Massira. Quatorze millions de dirhams ont été débloqués au projet dès son lancement, mais la malédiction des retards et des atermoiements qui affligent de nombreux projets de développement dans la province frappe ce projet qui est devenu un cauchemar pour les habitants du quartier et surtout ceux des  rues Ahmed Erkaibi et Assa dans le sens du quatrième arrondissement.
Le rêve de posséder un logement se transforme en un véritable cauchemar pour les habitants. C’est au cours des années quatre-vingts qu’a commencé la construction au quartier Al Massira afin qu’il absorbe le plus grand nombre de résidents désirant acquérir un logement sur les éboulements de l’un des plus grands bidonvilles à Khouribga « Douar Allal ». En quelques années, ce quartier est devenu l’une des cités modernes de la ville. La plus grande partie de cette cité côtoie la voie ferrée qui divise la ville en deux  zones.
« Malgré le bruit assourdissant et incessant des voitures de train transportant le phosphate vers Casablanca, nous nous sommes habitués à cette pollution  sonore en la considérant comme faisant partie de notre vie», a déclaré un résident de la population touchée. En ajoutant : « Mais le conseil municipal, il y a plus de dix ans, avait décidé de construire un passage souterrain reliant les deux côtés  de la ville».
Concernant ce projet, les intéressés précisent : « La construction d’un pont sur une zone rocheuse non valide est à l’origine vouée à l’échec. On aurait dû construire le pont sur le boulevard Abderrahim Bouabid qui relierait la route principale de Casablanca à la région de tout le Tadla et en même temps pour  décongestionner la circulation du centre qui étouffe la ville. On pourrait simplement se contenter de la réfection du passage de chemin de fer qui traverse le  quartier Al Massira, installer des barrières avec un gardien au lieu de dépenser des millions pour un pont inutile qui reliera une partie de la ville surpeuplée qui connaît une grande affluence de circulation avec une autre inactive comme les villages miniers de Boulanoir et Hattane qui n’ont plus d’importance comme auparavant.»
Dès le lancement des travaux pour la construction du pont, les habitants ont exprimé leur refus du projet et surtout ceux des rues Ahmed Erkaibi et Assa et ont adressé plusieurs lettres aux responsables dans la province afin de les informer sur la mauvaise situation que connaissent maisons et rues. «Le premier inconvénient, c’est quand les travaux commencent à dévier le cours des eaux usées pour l’éloigner du cercle du pont», a souligné avec amertume l’un des habitants touchés. La plupart des maisons ne sont loin de la nouvelle conduite d’eaux usées que de quelques mètres. Pire encore, on a creusé la conduite tout près de la fondation de certaines habitations sans prendre en considération les dangers encourus. Le danger pressenti est apparu juste avec le commencement des creusements et l’utilisation des explosifs. Un habitant souligne : « On a eu peur, nous et nos enfants à cause des fortes explosions qui secouent nos chambres.» Un autre habitant renchérit : « Ils ne respectent pas les normes autorisées lors des explosions puisque la zone est formée d’un seul bloc rocheux nécessitant de fortes charges, on a l’impression que toutes les maisons du quartier vont s’écrouler. »
Les explosions ont provoqué des fissures à l’intérieur des maisons, ce qui a semé la panique et la colère parmi les résidents qui ont avisé les autorités des dommages causés. Une délégation a été dépêchée sur les lieux, mais sans résultat. Hors de lui, un habitant vocifère : «Les maisons  sont nouvellement construites, mais elles sont menacées d’éboulement à tout instant.» Toutefois son voisin affirme avec tristesse qu’il comptait vendre sa maison avant le début des travaux, on lui a proposé la somme de 120 millions, il espérait en tirer plus. Cependant aujourd’hui plus personne ne désire acheter une maison dans ce maudit quartier. La plupart des habitants expriment leur désir de vendre les leurs. Il est à rappeler que plusieurs propriétaires des maisons riveraines du pont ont accroché sur leur porte des pancartes de vente, mais aucun acheteur  ne s’est présenté.
Un autre danger est imminent avec le passage du pont par la rue Assa jusqu’au quatrième arrondissement puisque tous les intérêts des habitants seront en jeu. Ils sont conscients des dommages subis et la perte de nombreux avantages dont ils bénéficiaient avant. « La rue est très étroite et avec le pont, elle deviendra une ruelle ; ainsi tous les garages deviendront inutiles et ne serviront plus à rien, ni pour les voitures ni pour le commerce ou autre. La rue Erkaibi sera condamnée à la fermeture», confirme avec tristesse un habitant.
Les résidents sont également conscients du fait que la phase la plus dangereuse n’est pas encore arrivée, ce qui a été exprimé par l’un d’eux en disant : « L’éboulement du mur du passage souterrain « Assa » à Khouribga le soir du vendredi 21 septembre courant, une heure avant la prière du «Maghrib» après les pluies diluviennes qu’a connues la ville durant trois jours, nous a fait vivre une mauvaise journée ; on craignant que les murs s’écroulent sur nos têtes. Et sans doute nous serons obligés de sauver nos peaux avant que le pire n’arrive.»
Pour être sûr, la mise en place du pont séparera les résidents du quartier, une sorte de distance entre les voisins d’hier, qui n’étaient séparés par aucun obstacle. Au lieu d’être un symbole de rapprochement, le pont sera celui de séparation. Mais avant que le projet ne s’achève, les résidents de la rue Erkaibi et ceux des autres ruelles proches appréhendent l’avenir avec angoisse. Les autorités doivent prendre toutes les précautions avant que le projet ne se transforme en une catastrophe potentielle  pouvant faire des habitants des boucs émissaires.
Il est à noter que le projet du pont « Assa » est l’un des anciens projets jamais achevés, du fait que ses travaux avaient débuté, il y à une décennie et il était prévu, selon le cahier des charges, que sa réalisation ne dépasserait pas une année.

Chouaib Sahnoun
Lundi 21 Septembre 2009

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