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Un nuage de fer découvert au fond de l'Atlantique




Un nuage de fer découvert au fond de l'Atlantique
Un vaste nuage de fer se cache sous l'océan Atlantique. Long de plus de 1000 km, ce nuage est émis par les sources chaudes, le long des dorsales océaniques. Cette découverte chamboule les modèles des océanologues, qui ne pensaient pas de si abondantes sources possibles. La recherche est publiée dans la revue Nature Geoscience.
"Cette étude, et les autres qui suivront, vont forcer la communauté scientifique à réévaluer la quantité de fer réellement apportée par les sources hydrothermales, et a des implications non seulement sur la géochimie du fer mais aussi sur de nombreuses autres disciplines" explique Mak Saito, auteur de l'étude.
Lui et ses collègues du Woods Hole Oceanographic Institution ainsi que de l'université de Liverpool avaient organisé une expédition sur l'océan Atlantique en 2007, afin d'étudier la composition chimique et biologique des eaux entre le Brésil et la Namibie.
Lors de leur passage au dessus de la dorsale océanique, ils n'ont pas pris plus de mesures que nécessaire. Les dorsales océaniques sont de longues fissures dans la croûte terrestre qui séparent deux plaques tectoniques qui s'écartent l'une de l'autre. Celle de l'océan Atlantique est relativement peu active, écartant les plaques de 2.5 cm par an en moyenne. Tout autour des dorsales se trouvent des cheminées hydrothermales, ou fumeurs, par lesquels s'échappent des gaz et la chaleur interne de la Terre.
Dans leurs études, les scientifiques mesurent le taux d'hélium qui est relâché par ces fumeurs, et associaient la quantité d’hélium à celle de fer. Ainsi, ils pensaient que la dorsale atlantique produisait relativement peu de fer.
Une fois retournés sur la terre ferme, les chercheurs ont passé plusieurs années à étudier leurs échantillons. Et de trouver, contre toute attente, des taux de fer et de manganèse extrêmement hauts. Ces nutriments formaient un très distinct nuage, étalé sur plus de 1000 km, à une profondeur de 1500 à 3500 mètres.
"Nous assumions que peu d'hélium impliquait peu de fer, et notre étude démontre le contraire" décrit le professeur Saito."En fait, il y a énormément de fer dans ces régions calmes de l'Atlantique."
Une découverte avec de fortes conséquences, le fer étant un élément essentiel des écosystèmes marins. C'est un élément qui favorise la croissance du phytoplancton, lui même ayant un rôle majeur dans le cycle du carbone océanique, et en retour, le taux de CO2 atmosphérique. Etant donné que la moitié des dorsales du globe sont du même type peu actif que celle médio-atlantique, les scientifiques estiment qu'il leur faudrait revoir leurs estimations des taux de fer dans tous les océans, de même que leurs modèles des cycles de vie et de toute la chaîne alimentaire.
L'équipe espère que les futures études révéleront la forme exacte de ce nuage, la provenance du fer et la façon dont il remonte à la surface. Ils pourront ainsi mieux comprendre comment les cheminées hydrothermales affectent l'océan dans son ensemble.

Maxisciences
Jeudi 29 Août 2013

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