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Un nouveau naufrage en mer Egée

Ankara va délivrer des permis de travail aux réfugiés syriens




Un nouveau naufrage en mer Egée
Trois enfants se sont noyés dans la nuit de jeudi à vendredi en mer Egée, au large de l'île grecque d'Agathonissi, après le chavirage de leur embarcation en provenance des côtes turques, a annoncé la police portuaire dans un communiqué.
 "L'équipage d'un bateau privé d'une organisation non gouvernementale, qui participe avec les patrouilleurs des gardes-côtes grecs à des opérations de sauvetage de migrants, a repêché 20 migrants sains et saufs et trois corps d'enfants mineurs", a déclaré à l'AFP une responsable du bureau de presse de la police portuaire.
 Les rescapés sont actuellement à Agathonissi, près de l'île de Samos, où ils devraient être transférés plus tard dans la journée.
Les noyades en Egée se poursuivent depuis le début de l'année, malgré le ralentissement du flux des migrants pour des raisons météorologiques hivernales mais aussi des limites imposées par l'Union européenne pour endiguer ce flux.
 La première victime de 2016 avait été un enfant de deux ans, noyé le 2 janvier après le naufrage d'un bateau de passeurs également au large d'Agathonissi, 38 personnes ayant été alors secourues.
 Trois jours plus tard, la situation s'est particulièrement aggravée lors de plusieurs naufrages, les plus meurtriers survenus depuis le début de l'année au large des côtes turques: 36 migrants ont été retrouvés noyés, dont des femmes et des enfants.
 La Turquie, qui accueille à elle seule 2,2 millions de Syriens et 300.000 Irakiens qui ont fui leur pays en guerre, est devenue l'un des principaux points de départ des migrants qui tentent de rallier l'Europe au péril de leur vie.
 La Commission européenne a déploré lundi sans détour le peu de progrès accompli par Ankara depuis l'accord signé avec elle pour tenter d'endiguer le flux sans précédent des migrants qui traversent illégalement la mer Egée pour tenter de s'installer en Europe.
Par ailleurs, le gouvernement turc a décidé de délivrer, sous conditions, des permis de travail aux réfugiés syriens pour améliorer leurs conditions de vie en Turquie et tenter ainsi d'endiguer le flot de ceux qui migrent illégalement vers l'Union européenne (UE).
 Selon un décret paru vendredi au Journal officiel turc, les personnes "placées sous protection temporaire", l'appellation officielle utilisée pour les réfugiés, pourront bénéficier d'une autorisation de travail six mois après avoir été officiellement enregistrées par les services d'immigration.
 La Turquie accueille aujourd'hui plus de 2,2 millions de Syriens qui ont fui la guerre civile en cours depuis 2011 dans leur pays.
 Environ 250.000 d'entre eux sont hébergés dans des camps installés près de la frontière mais la très grande majorité d'entre eux se sont installés dans les grandes villes du pays. Ils y vivent dans des conditions très précaires de travail au noir ou de mendicité qui provoquent régulièrement des tensions avec la population locale.
 Le décret paru vendredi précise que la part des réfugiés titulaires d'un permis ne pourra pas dépasser 10% de la main-d'oeuvre de chaque entreprise turque.
 "Les permis de travail attribués aux Syriens ne pèseront pas sur l'emploi des citoyens turcs", avait assuré lundi le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus en présentant à la presse le projet de décret discuté en conseil des ministres.
 L'octroi de permis de travail aux réfugiés a été plusieurs fois évoqué par la Turquie mais ne s'était jusque-là jamais concrétisé.
 Il est ressorti des cartons à la faveur de l'accord signé en novembre dernier par Ankara et Bruxelles pour enrayer la vague migratoire sans précédent en cours vers l'Europe en retenant les migrants sur le sol turc.
 Ce "plan d'action" prévoit une aide européenne de 3 milliards d'euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs, ainsi qu'une relance du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE.
 Mais cet accord tarde à produire ses premiers effets. En visite lundi à Ankara, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans avait jugé encore "beaucoup trop élevé" le flux des migrants entre la Turquie et la Grèce.
 Selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), 850.000 migrants sont entrés dans l'UE en 2015 en traversant la mer Egée entre la Turquie et la Grèce.

Samedi 16 Janvier 2016

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