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Un missile nord- coréen survole le Japon

Le Premier ministre japonais a qualifié le tir d’irresponsable




La Corée du Nord a effectué mardi matin un tir de missile qui a survolé le Japon, constituant "une menace grave et sans précédent" selon Tokyo qui a demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Un "projectile non identifié" a été tiré de Sunan, près de Pyongyang, à 05H57 locales (20H57 GMT lundi), a annoncé dans un communiqué l'état-major sud-coréen qui a précisé que le projectile avait été lancé en direction de l'est "et au-dessus" du Japon.
Selon les autorités nippones, le missile a survolé l'île de Hokkaido (nord) et est tombé ensuite dans les eaux de l'océan Pacifique, à 1.180 km à l'est des côtes japonaises, sans causer de dommage à des avions ou des navires dans la zone.
"Le tir inacceptable d'un missile au-dessus de notre pays représente une menace grave et sans précédent et nuit considérablement à la paix et la sécurité de la région", a réagi le Premier ministre Shinzo Abe, ajoutant qu'"au sein des Nations unies, le Japon va fortement appeler à accentuer la pression sur la Corée du Nord en coopération avec la communauté internationale".
Un porte-parole du ministère américain de la Défense a confirmé que le missile avait survolé le Japon. "Nous avons déterminé que la Corée du Nord a mené un tir de missile au cours des 90 dernières minutes. Nous pouvons confirmer que le missile lancé par la Corée du Nord a survolé le Japon", a indiqué le colonel Rob Manning.
Ce tir intervient après plusieurs semaines de tensions et d'escalade verbale entre Washington et Pyongyang.
Dans ce contexte, le Japon avait déployé le 12 août son système de défense antimissile Patriot Advanced Capability 3 (PAC-3) dans l'ouest de l'archipel. Mardi matin, au moment même où était réalisé le tir nord-coréen, les forces d'autodéfense (nom de l'armée japonaise) menaient une manoeuvre militaire similaire sur une base militaire américaine de Tokyo.
Tokyo craint une agression sur son sol depuis qu'en 1998 un missile balistique de moyenne portée avait survolé le nord du pays avant de sombrer dans le Pacifique ouest.
Une décennie plus tard, en 2009, un projectile nord-coréen était passé au-dessus du territoire japonais, sans incident, mais suscitant une vive réaction immédiate de Tokyo.
La Corée du Nord avait tiré samedi trois missiles de courte portée en mer du Japon, au moment où des dizaines de milliers de soldats américains et sud-coréens participaient à des manoeuvres dans la péninsule.
Dimanche, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait affirmé que ces nouveaux tirs étaient "une provocation" qui montre que Pyongyang "n'est pas encore prêt" à dialoguer.
"Le tir de missiles balistiques, de toute sorte, est une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, nous considérons qu'il s'agit d'une provocation, une provocation contre les Etats-Unis et nos alliés", avait affirmé le chef de la diplomatie américaine lors de l'émission télévisée Fox News Sunday.
La tension entre Pyongyang et Washington a connu dernièrement des sommets, avec notamment en juillet les tirs d'essai de deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) potentiellement capables d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis.
En réaction, le président américain Donald Trump a menacé de déchaîner "le feu et la colère" sur le Nord.
A quoi Pyongyang a répliqué en promettant de tirer une salve de missiles à proximité du territoire américain de Guam, dans le Pacifique, situé à quelque 3.500 km de la Corée du Nord. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a mis ce projet sur pause mi-août, mais prévenu que sa mise à exécution ne dépendait que du comportement de Washington.
Un tel tir survolerait dans tous les cas l'archipel japonais.
En riposte aux programmes balistique et nucléaire nord-coréens, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté début août à l'unanimité une résolution renforçant sensiblement les sanctions imposées à la Corée du Nord, qui si elle est respectée, devrait priver Pyongyang d'un milliard de dollars de recettes annuelles.
Cette nouvelle résolution a pour objectif de pousser Pyongyang à la négociation après son premier tir d'un missile intercontinental le 4 juillet --jour de la fête nationale américaine-- jugé par les grandes puissances menaçant pour la sécurité mondiale.
La Corée du Nord a procédé le 28 juillet au tir d'un second engin similaire.
Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, l'ONU a imposé six trains de sanctions à la Corée du Nord, dont deux nettement plus sévères que les précédents l'an dernier incluant des mesures touchant à l'économie nord-coréenne.

Mercredi 30 Août 2017

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