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Un magazine danois aide les toxicomanes à s'acheter leur dose




Un magazine danois aide les toxicomanes à s'acheter leur dose
Le magazine danois Illegal! emploie des toxicomanes pour les aider à s'acheter de la drogue, dans l'espoir de les éloigner de la prostitution ou du crime. Depuis son lancement à l'automne, ses ventes ont doublé. 
Illegal! a été lancé en septembre 2013 à Copenhague par Michael Lodberg Olsen, un travailleur social qui n'ignore pas que ses vendeurs utilisent leur paie probablement pour acheter leur dose.
Le magazine "a deux objectifs: nous voulons aider à décriminaliser les toxicomanes et nous voulons leur donner des opportunités de travail pour faire baisser le crime et la prostitution", confie à l'AFP M. Lodberg Olsen. 
Des journalistes professionnels rédigent le contenu du magazine, qui paraît six fois par an, et y abordent uniquement des questions tournant autour de la drogue, comme la dépénalisation de la consommation de drogue au Portugal.
A travers ses campagnes menées en faveur de la légalisation des drogues, M. Lodberg Olsen milite pour que la dépendance aux stupéfiants devienne une priorité pour les responsables de la santé plutôt que pour le système judiciaire.
Dans son numéro de lancement, Illegal! affirmait qu'un toxicomane qui se procure ses doses en ayant recours au vol coûte 500.000 couronnes (67.000 euros) par mois à la société.
"Un iphone vendu 5.000 couronnes dans le commerce se monnaye 500 couronnes dans la rue. Un toxicomane doit voler pour 10.000 couronnes (de marchandises) pour gagner 1.000 couronnes", explique-t-il.
"Beaucoup de ceux qui vivent de la vente d'Illégal! sont des héroïnomanes", explique M. Lodberg Olsen.
Selon lui, un héroïnomane dépense en moyenne entre 300 et 600 couronnes par jour pour se droguer. Il a besoin de vendre entre 15 et 30 numéros par jour pour financer ses doses. 
Le magazine est vendu 30 couronnes (4 euros), sur lesquelles 20 couronnes reviennent au vendeur. 
Les consommateurs de cocaïne eux dépensent plutôt entre 4.000 et 7.000 couronnes par jour, il n'est donc pas imaginable pour eux de s'acheter leurs doses en vendant le magazine.
Mais faire en sorte que des accros aux drogues dures persévèrent dans leur nouveau métier de vendeur du magazine... est plus facile à dire qu'à faire.
 Mikael a 44 ans. Il s'est mis à consommer de l'héroïne en prison, à l'âge de 19 ans avant de se tourner vers la méthadone, un puissant analgésique relativement bon marché. Il a essayé de vendre le magazine, mais en vain.
"J'ai abandonné. C'était difficile de vendre", dit-il à l'AFP à l'extérieur d'un café à but non lucratif destiné aux toxicomanes.
Par le passé, le quadragénaire a aussi essayé de vendre le magazine de rue de la ville de Copenhague, vendu par des sans domicile fixe, mais il a arrêté car il trouvait cela "dégradant". 
De nombreux vendeurs toxicomanes ont bien du mal à se tenir à une routine.

AFP
Mercredi 22 Janvier 2014

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