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Un lourd tribut...




Après l’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo, le colonel Mouammar Kadhafi est en train de faire la démonstration que la communauté internationale ressemble à s’y méprendre à ce « machin » tellement fustigé par le Général de Gaulle qu’est l’ONU.
Piégée par ses contradictions et ses prises de positions invariablement favorables à Israël, celle-ci regarde, impuissante, la contre-offensive sanglante du guide.
Impuissante et impassible, elle a laissé Kadhafi donner libre cours à son ire vengeresse suffisamment longtemps pour que ses morts se comptent en milliers de martyrs et que les dommages collatéraux de la guerre qu’il mène contre son peuple s’élèvent à des milliards de dollars.  
Réuni «d’urgence», comme bien entendu, le Conseil de sécurité n’a pas fait progresser la révolution libyenne ni écourté la souffrance de la population qui, certainement, ira en s’aggravant dans les prochains jours.
Les ONG font déjà ce qu’elles peuvent pour apaiser autant que faire se peut les souffrances des milliers de personnes obligées de quitter la Tripolitaine, mais l’agitation humanitaire compense mal le lourd tribut que le peuple libyen est en train de payer pour acquérir sa liberté et recouvrer ses droits bafoués et ses biens dilapidés par le clan Kadhafi.
Ce que les Etats-Unis et l’Europe  ne pouvaient faire en temps de paix, le feraient-ils en temps de guerre ? Quand la pression pour la démocratisation des pays arabes était possible, il n’y avait que des Etats suffisamment forts et intéressés pour parler à Kadhafi en jetant, comme il se doit, un œil avisé à leurs balances de paiement et à leur sécurité contre le terrorisme islamiste et l’immigration.
Maintenant que la guerre est là, ces Etats passent le témoin aux organisations internationales et régionales, se contentant de menaces et d’effets d’annonces sans consistance aucune ni impact réel sur cet homme qui a commencé par se prendre pour un révolutionnaire avant de finir en kleptocrate doublé d’un Néron de pacotille.
La Libye n’est certes ni la Tunisie, ni l’Egypte, comme l’ont dit Seif Al Islam Kadhafi et son père. Et pour cause : les Tunisiens et les Egyptiens ont eu l’intelligence - ou la chance -, de conduire leurs révolutions jusqu’à leur conclusion en comptant sur des armées nationales plus proches de leurs aspirations que de celles de leurs commandants suprêmes.
En Libye, de réelles complications ont remis  en cause l’harmonie de ce mouvement. Kadhafi qui ne pouvait se résoudre à faire confiance au corps dont il est issu, s’est donc entouré d’une garde prétorienne et de milices. Face au soulèvement de son peuple contre lui et à l’inefficacité de celles-ci pour le mâter, il s’est entouré de mercenaires qu’il a chargé de mettre la Libye à feu et à sang. Il risque donc peut-être de voir peser sur lui l’inculpation de crimes contre l’humanité, mais cela n’avancera pas la cause des insurgés et ne mettra pas fin à l’effusion de sang.
Chaque peuple est condamné à écrire sa propre histoire. Mais à chaque phase de celle-ci, il est condamné peu ou prou à  payer le prix du retard qu’il a préalablement accumulé. La Libye n’échappe pas à la règle. Elle est en train de régler la facture d’une troisième voie, la Jamahiriya, qui l’a mené droit dans le mur. Avec beaucoup plus de pertes que de profits.

L.M.
Mercredi 9 Mars 2011

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