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Un livre... une question : Nizar Lefraoui examine la mondialisation et la crise de l’Etat-nation




Un livre... une question : Nizar Lefraoui examine la mondialisation et la crise de l’Etat-nation
L’Etat-nation n’est plus cet acteur monopolisant les rouages de l’économie nationale, ni d’ailleurs souverain en ses décisions. Bien qu’il ait mis à disposition les conditions favorables de l’évolution du système capitaliste, l’Etat-nation serait en perte de vitesse et ne dominerait plus, de la même façon ses espaces économiques vitaux. Le livre intitulé «La mondialisation et la crise de l’Etat-nation», de son auteur Nizar Lefraoui, entend mettre la lumière sur ce type de changement dans le comportement étatique et les nouvelles tendances de cette institution.
En effet, et comme le souligne l’ouvrage, des forces extra-étatiques sont nées et agissent sur la base du principe de l’efficacité, plutôt que celui de la légitimité. Milton Friedman, prix Nobel, à travers sa thèse néolibérale, exige la soumission de tous les champs d’intervention économique à la loi de l’offre, de la demande et la de raison du marché ! Bien que les Etats-nations aient eu visiblement une réaction hostile à l’égard des multinationales, ces dernières ont pu, durant la dernière décennie, entraîner les différents Etats du monde dans un «conflit des régimes fiscaux», avec tout ce que cela signifie comme perte de souveraineté fiscale et de sa fonction socioéconomique.
L’auteur le dit clairement : «Les gouvernements élus démocratiquement n’arrivent plus à décider du taux de fiscalité ; ce sont plutôt ceux qui détiennent les rênes des flux des capitaux et des biens qui déterminent désormais ce taux». La concurrence acharnée entre les Etats a favorisé les investissements, à travers les conditions préférentielles, ce qui explique ce chaos et ce laisser-aller total. A la faveur des NTIC, les flux de capitaux connaissent un rythme effréné face à une réduction de plus en plus significative des normes, procédures et modalités nationales.
Nizar Lefraoui ne peut, bien évidemment, omettre les conséquences économiques désastreuses de cette politique néolibérale.
Ce dysfonctionnement dans la relation entre l’Etat et l’acteur économique fait perdre tout son sens au principe d’une économie nationale et à celui de la souveraineté politique. Le paradoxe auquel tout Etat devrait faire face, selon l’auteur, serait : œuvrer pour drainer les flux capitalistiques et investissements internationaux d’une part, et de l’autre réguler la situation interne et accommoder la situation de telle manière à éviter l’effondrement social. Les classes populaires en payent un lourd tribut.
La perte de vitesse ne réside, cependant, pas uniquement à ce niveau. L’Etat-nation n’arrive plus à dominer ni à contrôler les différentes identités contestataires qui revendiquent leur autonomie. La diversité linguistique et culturelle au sein des Etats-nations commence à se faire prévaloir, un peu partout, et provoquent, ipso facto, des désastres au niveau de ces structures univoques. Nonobstant les thèses de Karl Deutsche, le monde vit au rythme des explosions identitaires, sinon des «identités meurtrières», comme le souligne Amin Maâlouf. Et au lieu de les voir s’estomper, les identités ne font que remonter à la surface, avec leurs propres aspirations. Il faut dire, dans ce sens, qu’en  l’absence d’une couverture idéologique, il a été possible pour les identités de s’exprimer et de se réclamer indépendamment des autres expressions politiques ou autres. Et puisqu’il n’existe pas de valeurs survolant les aspects culturels, l’on ne peut exporter les valeurs politiques et socioéconomiques. Le caractère univoque de la mondialisation a prouvé son échec.

Samedi 26 Juillet 2014

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