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Un livre en question

“Le Prince” … l’un des livres les plus lus de tous les temps




Un livre en question
On dit qu’il est le livre de chevet des politiques depuis le 16ème siècle. On dit également que, de tous temps, il est l’un des ouvrages les plus lus au monde. Ecrit en 1513, «Le Prince» qui a été offert à Laurent de Médicis, est un code de conduite, à même de parer aux dangers auxquels est confronté tout prince. Par ricochet, le livre sert aussi les princes d’autres contrées et d’autres temps. Une œuvre qui avait des buts pragmatiques, à savoir le retour de son auteur au-devant de la scène politique de sa cité : Florence. 
A 43 ans, Nicholas Machiavel voulait leur apprendre comment ils peuvent se maintenir le plus longtemps au pouvoir. A cet âge, Machiavel avait déjà acquis une longue expérience politique qu’il voulait partager et faire sienne à Laurent de Médicis. Ce Florentin avait, en effet, occupé avant le retour de Médicis, le poste de «secrétaire» de la république de Florence. Normal donc, pour l’écrivain, de recommander au prince de se faire aimer par le peuple qui le craint. Mais, dans tous les cas, il ne faut jamais craindre le reproche d’être cruel ! Il s’agit bien d’une qualité et non d’un défaut. 
La théorie de la conspiration traverse ce livre/conseil, constitué de vingt-six chapitres, tous introduits par un intitulé. D’où la crainte essentielle d’un prince  qu’en temps de paix et de calme, le peuple ne conspire contre lui. D’où la nécessité également de se montrer aimable et non détestable, de désarmer le peuple et d’entretenir ses divisions. Mais le conseil le plus édifiant à ce sujet est celui qui montre au prince comment éviter les flatteurs, dont les cours sont toujours pleines. Ceux qui font montre d’allégeance douteuse et de flagornerie. Ceux qui se montrent toujours plus royalistes que le roi lui-même. Et tout en s’évertuant de ne pas se laisser corrompre par «cette peste», il doit également faire attention au danger qu’il court s’il la fuit ! L’entourage du prince n’est pas toujours autorisé à lui dire la vérité. Certaines personnes, désignées pour cette tâche, peuvent le faire, mais sans que le prince ne soit acculé à agir en fonction de leurs recommandations. «Il doit, du reste, les consulter sur tout, écouter leurs avis, résoudre ensuite par lui-même…», lit-on dans le chapitre XXIII. Malheureusement pour Machiavel, sa peine fut vaine. 
L’histoire dit que De Médicis n’a jamais consulté son œuvre. Il passera les quatorze années qui suivront la parution de ce livre à Florence, mais sans le succès politique espéré.

Mustapha Elouizi
Lundi 28 Juillet 2014

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