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Un été meurtrier




Le Mondial au Brésil, le Ramadan, l’invasion de Gaza…   l’été 2014 résonne de joyeux et tristes événements. Les ventres malmenés par le jeûne s’abreuvent d’images de rues jonchées de cadavres et de débris, et de matches opposant les magiciens du ballon rond.
Dans cette ambiance, un juif est assassiné. Pour les responsables comme pour les profanes, le contexte moyen oriental n’est pas étranger au crime. Des cas similaires ont eu lieu par le passé, précisément lors de la guerre du Golfe. L’appareil sécuritaire marocain pourchasse des barbus et des jeunes déséquilibrés, avides de venger le martyre de Gaza.  Le contexte mondial s’y prête, partout il n’est question que d’attentats.
Seul le commissaire Hamidi croit à une autre piste. Son flair l’oriente vers une autre piste qui nous mène vers d’illustres peintres ayant visité le Maroc, en tête desquels trône Delacroix.  Le livre est un polar palpitant dans lequel l’auteur nous promène dans l’univers du peintre Delacroix, venu en 1832 explorer le Royaume et ses lumières. Le jeune homme intègre l’ambassade du comte de Mornay, en 1832, venu négocier la bienveillance du Maroc.
La France s’apprête à coloniser l’Algérie et veut s’assurer la neutralité d’un voisin turbulent. Nombreux sont les croquis exécutés par Delacroix de son séjour, notamment des juives tangéroises, les seules à avoir assouvi sa passion pour les portraits. Un mois de séjour à Tanger, précisément dans la Médina où habits, odeurs, couleurs et lumière font son bonheur. Sept carnets sont la moisson de ce singulier périple qui va susciter la curiosité d’autres illustres peintres et écrivains.
De retour à Paris, trois de ces carnets vont disparaître. Habib Mazini  exploite cette perte et s’y emploie, non sans plaisir car c’est un autre Casablanca qu’on découvre. Le Casablanca esthétique, des galeries et de l’Art déco. L’auteur évoque la  vitalité de la peinture, illustrée par les records de vente enregistrés ces dernières années. La preuve de cette envolée est l’émergence de faussaires imitant à la perfection les Gharbaoui, Saladi et autres Chaâbia.
Autre aspect du livre, l’évocation du juif marocain à travers des lieux de pèlerinage sans cesse fréquentés, dont certains sont communs aux enfants d’Abraham. Une richesse d’informations jalonne ce polar haletant dont les péripéties vont de Casablanca à Montréal en passant par Tanger.     

Par Nasser Saâdi
Vendredi 16 Décembre 2016

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