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Un conservateur favori face à une gauche divisée à la présidentielle au Portugal

Le pouvoir de dissolution est l’enjeu du scrutin




Un conservateur favori face à une gauche divisée à la présidentielle au Portugal
Face au grand favori de la présidentielle de dimanche au Portugal, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, neuf autres candidats espèrent passer au second tour malgré la dispersion du camp socialiste, qui présente pas moins de cinq prétendants.
Les principaux adversaires de M. Rebelo de Sousa, qui pourrait être élu dès le premier tour avec 52 à 55% des voix d'après les derniers sondages, sont l'indépendant de gauche Antonio Sampaio da Novoa, crédité de 17 à 22% des intentions de vote, et l'ancienne ministre socialiste Maria de Belem Roseira, qui recueillerait 8 à 13% des suffrages.
 M. Sampaio da Novoa, ex-recteur de l'Université de Lisbonne âgé de 61 ans, souhaite fédérer l'ensemble de la gauche grâce à son discours anti-austérité, qui fait écho à celui du nouveau gouvernement socialiste et de ses alliés antilibéraux.
 Mais ce novice en politique, soutenu par les anciens présidents socialistes Mario Soares et Jorge Sampaio, n'a pas pu éviter l'entrée en lice de plusieurs rivaux issus du même camp.
 Maria de Belem Roseira, 66 ans, est une ancienne ministre de la Santé ayant fait toute sa carrière politique au Parti socialiste, dont elle représente la tendance centriste. Première femme à présider le PS (de 2011 à 2014), elle n'avait pas soutenu l'actuel Premier ministre Antonio Costa lors des élections internes au poste de secrétaire général.
 Aucun de ces deux candidats n'a obtenu le soutien officiel du PS, qui a appelé à voter pour l'un ou pour l'autre au premier tour, pour ensuite concentrer ses forces sur celui qui affronterait le candidat de la droite lors d'un éventuel second tour.
 Trois autres militants ou anciens responsables socialistes se présentent à cette élection, mais aucun d'entre eux ne devrait dépasser 2,5% des suffrages.
 C'est l'eurodéputée de 39 ans Marisa Matias, candidate du Bloc de gauche, parti de la gauche radicale proche de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne, qui apparaît dans les sondages en quatrième position avec 5 à 8% des voix.  Elle est talonnée par le candidat communiste Edgar Silva, un ancien prêtre catholique de 53 ans qui recueille 3 à 5% des intentions de vote.
 Parmi les dix candidats, un record en 40 ans de démocratie portugaise, le professeur universitaire et militant anti-corruption Paulo Morais, 52 ans, est le seul, avec M. Rebelo de Sousa, à avoir milité dans le passé dans un parti de droite. Le pouvoir de dissoudre le Parlement est l'enjeu principal de l'élection dimanche du futur président portugais, qui pourra choisir de rebattre les cartes après les turbulences qui ont suivi les législatives du mois d'octobre.
 Qualifiée de "bombe atomique" par les commentateurs, la dissolution est le pouvoir le plus important du chef de l'Etat portugais. Mais elle ne peut intervenir ni dans les six mois précédant la fin du mandat du président sortant, ni dans les six mois suivant l'entrée en fonction d'un nouveau Parlement.
 Le futur président, qui prêtera serment le 9 mars, pourrait ainsi l'utiliser à partir de fin avril pour tenter d'obtenir une majorité claire, ce que les élections législatives du 4 octobre n'avaient pas permis.
 La droite avait alors été reconduite au gouvernement mais sans majorité absolue et une alliance inédite de la gauche l'a fait chuter au Parlement. Un exécutif socialiste a pris sa place, soutenu par le Parti communiste et le Bloc de gauche, formation proche du Syriza grec et du Podemos espagnol.
 Selon les politologues, le candidat de droite Marcelo Rebelo de Sousa, donné ultra favori, n'aurait pas l'intention de dissoudre immédiatement le Parlement.
 Mais, d'après ces analystes, il pourrait le faire si le soutien de la gauche radicale au gouvernement venait à s'effriter, ouvrant une nouvelle crise politique.
 Figure très respectée au Portugal, le président de la République représente une autorité morale importante et dispose aussi du pouvoir de promulguer les lois ou de les soumettre au Tribunal constitutionnel.
 Garant du bon fonctionnement des institutions, c'est lui qui nomme le Premier ministre et démet le gouvernement. Il est aussi le chef des armées.
 Élu au suffrage universel direct lors d'un scrutin à deux tours pour un mandat de cinq ans, le président portugais ne peut enchaîner que deux mandats consécutifs.

Samedi 23 Janvier 2016

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