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Un congrès très attendu et des ambitions déclarées : Deux candidats se disputeront la présidence du RNI




Mohamed Auajjar est très officiellement candidat à la présidence du Rassemblement national des indépendants. Selon nos informations, il l’a solennellement annoncé mercredi soir à plusieurs membres du bureau politique du parti : il sera le challenger de Salaheddine Mezouar, le président sortant qui remet son titre en jeu.
Le RNI prépare depuis plusieurs semaines déjà son congrès qui se réunira  les 27 et 28 avril prochain. La convocation de l’instance suprême intervient alors que cette formation politique est traversée d’un certain malaise, alimenté principalement par un petit groupe de «militants» qui ont toujours du mal à digérer le passage du Rassemblement national des indépendants à l’opposition.  Quelques voix se sont en effet élevées pour contester la décision prise par le bureau  exécutif –avant de la soumettre au comité central- de faire basculer le parti dans le camp de l’opposition.  Avec ses 52 sièges décrochés aux législatives du 25 novembre 2011, le Rassemblement national des indépendants est troisième sur le tableau des résultats définitifs de ce scrutin, après le PJD et l’Istiqlal. «Certains n’ont pas compris que le RNI ait choisi de passer à l’opposition avec un tel résultat. Le parti l’a fait pour des raisons de clarification du champ politique. Nous l’avions dit dès le départ : nous ne pouvons gouverner avec les islamistes du PJD», explique un cacique de cette formation politique  se proclamant désormais du libéralisme social après avoir abandonné la social-démocratie qui avait été la marque de fabrique choisie par les fondateurs de ce parti né en 1977.Les difficultés ont alors commencé pour S. Mezouar. Les ambitions déçues de l’ancien Argentier du Royaume qui commençait déjà à revêtir ses habits de chef de gouvernement. Les langues se sont déliées, quelques critiques ont fusé. En plus de la décision «non concertée» de passer à l’opposition, le rapprochement  avec le PAM a été très vivement reproché à Mezouar alors que la tristement célèbre coalition du G8 est venue s’ajouter aux griefs faits à la direction de cette formation politique. La décision de réunir le congrès du RNI  a été prise par le président Mezouar qui a fortement contribué à refaçonner l’image d’un parti de pouvoir.
C’est sur cette vague de contestation qu’a choisi de surfer Mohamed Auajjar, soutenu, dit-on, par le clan d’Oujda. Ce membre du bureau exécutif du Rassemblement national des indépendants et Sage de la HACA n’en est pas à sa première tentative de leadership. A la succession d’Ahmed Osman, il avait fait acte de  candidature, se mettant en concurrence avec Mostafa Mansouri et Mostafa Oukacha. Il négociera finement jusqu’au dernier moment avant de se retirer de la course.
Au coup d’Etat contre Mansouri, il ne rejoindra les réformateurs menés par un certain Salaheddine Mezouar qu’après une valse hésitation qui dégageait une forte odeur de marchandage… «Auajjar n’a jamais caché ses ambitions. Il a toujours voulu être leader. Mais il ne va jamais jusqu’au bout. Il est toujours rattrapé par les négociations en coulisses. Il avait même essayé de créer un nouveau parti avant qu’il n’en ait été dissuadé», rappelle ironique un Rniste de la première heure.
Depuis, Mohamed Auajjar se fera l’inlassable poil à gratter de Mezouar, guettant son heure de gloire. A-t-elle sonné avec  la tenue du congrès du parti de la colombe ? Pas si sûr même si le Sage de l’audiovisuel tente de profiter de l’affaiblissement de l’ancien ministre des Finances. «Il y a à peine 20 jours, il s’était engagé à soutenir Mezouar et voilà qu’il se fait candidat ! Auajjar est persuadé que le président sortant est peut-être vulnérable et que c’est l’occasion rêvée de se faire calife à la place du calife» commente un fidèle de Salaheddine Mezouar.
Dans les rangs du parti, les commentaires vont bon train.  La multiplicité des candidatures est, fait-on valoir, un signe de démocratie interne. «Le paysage politique a besoin d’émulation, de concurrence.  Mais à condition que ce ne soit pas des candidatures-chantage ou fantaisistes. Toute candidature doit avoir un projet. M. Auajjar a tout à fait le droit de se présenter à la présidence du RNI. Nous connaissons le projet de M. Mezouar. Nous n’avons pas encore vu celui de Mohamed Auajjar», conclut  ce militant de toutes les batailles internes du Rassemblement national des indépendants.

Narjis Rerhaye
Vendredi 23 Mars 2012

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