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Un ancien président allemand devant la justice

Vingt journées d’audience et 46 témoins




Un ancien président allemand devant la justice
L’ex-président allemand, Christian Wulff, devait comparaître jeudi à Hanovre (nord) pour trafic d’influence, une première pour un ancien chef de l’Etat dans ce pays très à cheval sur la moralité de son personnel politique.
M. Wulff, 54 ans, avait été contraint à la démission le 17 février 2012 après que son immunité a été levée par la justice, en raison de soupçons faisant état de plusieurs avantages indus dont il aurait bénéficié. Après une première information sur un prêt aux conditions favorables accordé pour l’achat d’un bien immobilier alors qu’il était président de l’Etat-région (Land) de Basse-Saxe de 2003 à 2010, la presse allemande avait fait état d’invitations, privilèges et autres largesses dont il aurait été le destinataire. De toutes ces accusations n’en subsiste finalement qu’une seule: M. Wulff, plus jeune président de l’histoire de la République fédérale, ne sera jugé jusqu’en avril 2014 car il est accusé de s’être vu offrir par un ami producteur de cinéma désireux d’avoir son soutien, David Groenewold (également prévenu), un séjour dans un hôtel bavarois et une visite à la fête de la bière. Coût total du «cadeau»: environ 700 euros.
Vingt journées d’audience sont prévues, 46 témoins doivent être entendus au cours de ce procès qui est soumis à une procédure d’accréditation et à d’importantes mesures de sécurité. L’ampleur des moyens déployés face au montant jugé dérisoire du forfait potentiel faisait débat en Allemagne. Mais généralement, les commentateurs se félicitaient de voir qu’un haut responsable politique pouvait être ainsi jugé, même pour un petit préjudice.
Pour le politologue Lothar Probst de l’Université de Brême (nord), «à l’Elysée ou en Italie, des hommes politiques n’auraient sûrement pas démissionné face à de semblables reproches».
«La culture politique allemande fait que l’on peut être contraint de démissionner même pour le plus petit des écarts», a-t-il expliqué à l’AFP.
Pour Uwe Hellmann, professeur de droit pénal à l’Université de Potsdam, il n’y a rien de dérisoire à voir un tel procès organisé. Certains pays latins vont sûrement estimer que «les Allemands se rendent encore ridicules en faisant démissionner leur président pour des broutilles». Mais, a-t-il expliqué à l’agence allemande DPA, «d’autres vont dire: «Oui, mais c’est à cela qu’on voit qu’en Allemagne, de telles procédures sont possibles, quel que soit le statut de la personne»».
La démocratie allemande s’honore par cette procédure, soutiennent ses défenseurs qui rappellent que l’ex-président s’est aussi placé sur ce terrain de l’honneur en choisissant un procès public. Il aurait pu mettre fin à la procédure en payant 20.000 euros d’amende, en avril. D’autres y voient un acharnement contre l’ancienne étoile montante du parti d’Angela Merkel (CDU) qui a tout perdu dans cette affaire, notamment sa carrière et son épouse, dont il s’est séparé en janvier.

AFP
Vendredi 15 Novembre 2013

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